En cas de malheur

Ténor du Barreau, Lucien Gobillot mène une vie de grand bourgeois bien installé. Il habite sur l’Ile St Louis, fréquente des coteries du Faubourg Saint Germain mais son ascension sociale est principalement due à sa femme Viviane.

Après avoir fait un braquage, Yvette Maudet vient le voir pour la défendre et Gobillot la fait acquitter. Yvette gagne sa vie par des combines et la prostitution, Gobillot en fait sa maîtresse et l’entretient. Yvette est présentée comme une « femelle », soumise aux hommes, mais elle prend de plus en plus d’importance dans la vie de l’avocat, surtout quand un jeune amant s’immisce dans la relation.

Gobillot est de plus plus obnubilé par Yvette, la fait rompre et l’installe à 2 pas de chez lui. Pendant ce temps, Viviane perd son ascendant sur son mari qui s’éloigne d’elle et devient de plus en plus investi dans sa relation avec Yvette. Mais celle-ci se retrouve enceinte et finit poignardée par son ancien amant.

Ce livre prend la forme  d’un dossier de plaidoirie, Gobillot raconte son histoire avec beaucoup de détachement. Au début on prend ce recul pour de la distance ; petit à petit, on réalise qu’il raconte sa chute et que sa relation avec Yvette est beaucoup plus qu’une passade.

Le style de Simenon, tout en ellipses, s’accorde bien avec ce récit, lui donne une force incroyable. Il n’est pas étonnant que ce roman ait été adapté au cinéma, par Claude Autant-Lara (Gabin et Bardot) et par Pierre Jolivet sous le nom de En plein cœur.

Simenon – En cas de malheur – 1955