Tous les articles par JMP

Les cahiers d’Esther

Les histoires d’enfance peuvent être adorables, touchantes ou drôles. Ici, c’est juste une insupportable gamine qui est au centre de ce récit.

Le scénario s’attarde sur des saynètes de la vie quotidienne d’Esther, 10 ans, à l’école, à la maison, avec les copines… c’est assez banal et horripilant.

Le dessin de Sattouf est toujours agréable mais ne sauve pas cet album. Il paraît qu’il veut prolonger l’expérience, ce sera sans moi.

Riad Sattouf – Les cahiers d’Esther, Histoires de mes 10 ans – Allary 2016

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Journal d’une bipolaire

Cette BD s’appuie sur la véritable expérience de Camille, jeune femme bipolaire. Cette plongée dans l’univers de la dépression aide à mieux comprendre les malades et leurs difficultés.

Après un séjour au Canada où elle laisse un fiancé, Camille reprend la fac. Le harcèlement de son copain qui ne supporte pas la séparation, la pression des examens font que Camille pète un plomb et fait une tentative de suicide.

Hospitalisée, puis accueillie dans des foyers pas toujours adaptés, la jeune femme passe de périodes euphoriques, avec boulimie d’achats, à des rechutes. Cette errance hospitalière s’accompagne d’une incompréhension de la famille. La situation s’améliore quand un diagnostic précis est posé, que la famille accepte la maladie et accompagne Camille. Cette histoire, servie par un dessin agréable, montre bien la difficulté à se réinsérer, à reprendre les études, assurer un travail et l’importance d’un accompagnement personnalisé.

Emilie et Patrice Guillon  Journal d’une bipolaire – La boîte à bulles 2010

Tokyo vice

Recommandé dans les listes polar, ce livre m’a étonné car c’est ce n’est pas un roman mais extraordinaire témoignage sur l’envers de la médaille japonaise et devrait être lu par tous ceux qui rêvent de ce pays.

Après des études au Japon, Adelstein se fait embaucher comme journaliste au Yomiuri Shinbun, le plus grand quotidien japonais. La première partie est surtout un témoignage sur son expérience de journaliste qui traite les faits divers et traque le scoop. Tout est surprenant : les articles sont anonymes, les journalistes font la tournée des domiciles des flics pour copiner…

Après un peu d’expérience et avoir baroudé en banlieue, Adelstein couvre les quartiers chauds de Tokyo : Kabukicho et Roppongi. « L’intimité est une denrée rare au Japon et la plupart du temps elle s’achète » ; la description des bars à hôtesses, salons de massages et autres clubs de rencontre nous révèle un autre aspect des mœurs japonaises et nous plonge dans un monde glauque et interlope souvent en lien avec les yakusas. Cette mafia, qui pratique l’extorsion et l’intimidation, a pignon sur rue et la plupart de ses activités sont connues.

Tu es un meilleur journaliste que ce que je pensais. Tu es stupide, borné, têtu et inconscient, mais j’imagine que c’est ce qui fait un bon journaliste.

Devenu expert des yakusas, Adelstein va se confronter à eux lors d’une enquête sur le trafic d’être humains, car ces travailleurs sexuels ne sont pas tous si volontaires que cela. Après avoir approché de trop près un secret concernant un chef yakusa, Adelstein quitte son journal et le Japon mais poursuit tout de même son enquête et réussit à confondre le terrible Goto.

Ce témoignage est passionnant tout en étant construit comme un thriller. Pour ne rien gâcher, le livre est superbement réalisé, belle illustration de couverture, notes dans les marges et pages de titres façon manga.

Jake Adelstein – Tokyo Vice, traduit par Cyril Gay – Marchialy 2016

 

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David Hockney

Le Centre Pompidou propose une rétrospective sur David Hockney pour les 80 ans de l’artiste. Cette exposition complète et riche m’a permis de découvrir et d’apprécier un peintre que je ne connaissais que de réputation.

Le début de carrière se déroule sous le signe de l’abstraction puis Hockney, impressionné par l’éclectisme de Picasso, décide de ne pas s’enfermer dans un style ou une école. Il adopte l’acrylique lors de son premier séjour en Californie pour mieux rendre la lumière, c’est à cette période qu’il commence les piscines qui ont fait sa réputation. J’ai bien aimé les différentes peintures présentées où il joue avec les lignes, où le figuratif n’est pas loin du cubisme. C’est gai, coloré, la présence humaine ou le végétal est plus évoquée que soulignée.

A Bigger Splash 1967

Le portrait est un autre aspect de son œuvre qui est largement présenté dans cette expo : des dessins et une série de portraits doubles où il rend différentes ambiances.

Mr and Mrs Clark and Percy 1970-1

American Collectors (Fred and Marcia Weisman) 1968
Le parc des sources, Vichy 1970

La suite de la rétrospective présente encore quelques œuvres intéressantes comme ses peintures de bâtiments, où il joue avec la géométrie, ou les paysages à la perspective déformée ou inversée.

Savings and Loan Building 1967

Même si le résultat est convaincant, on frise le gadget avec ses papiers collés, encore des piscines, et les collages de polaroïds.

Gregory Swimming, Los Angeles 1982

Hockney aime bien cette idée de plusieurs images qui en fait une, il décline ce concept en photos mais aussi en vidéo avec un jolie installation sur les 4 saisons ou des assemblages de tableaux dont la pièce maitresse de 12x 5 mètres qui clôt l’expo.

Bigger Trees Near Warter 2007

Rétrospective David Hockney, Centre Pompidou Paris jusqu’au 23 octobre 2017

Quand sort la recluse

Je vais me répéter mais c’est toujours un grand plaisir de lecteur de se plonger dans les romans de Fred Vargas. C’est superbement écrit, les intrigues sont originales et et ses personnages sortent de l’ordinaire.
Oubliez le polar écrit à la chaine, là vous avez du premier choix !

Notre Adamsberg revient péniblement d’Islande (voir Temps glaciaires) et, toujours dans ses brumes,  nous bluffe en résolvant aisément une enquête où sa brigade piétine. Alerté par Voisenet sur des morts dues à la morsure d’une araignée, il décide de se pencher de plus près sur cette histoire malgré Danglard qui s’oppose à lui sur cette piste qui lui parait trop fumeuse. Adamsberg va mener cette enquête malgré l’opposition farouche de son adjoint, mais avec l’appui de Veyrenc, et réussit à embarquer sa brigade grâce à une comparaison avec Magellan.

Beaucoup de fausses pistes et d’échecs dans cette enquête où Adamsberg paraît encore plus fragile et perturbé par ses souvenirs. Elle nous emmène sur la trace de la « bande des recluses », soudée par ses méfaits dès sa jeunesse dans un orphelinat et qui n’a cessé ses violences. Ses membres sont qualifiés de « blaps immondes », en référence au scarabée puant mais Adamsberg va tout de même essayer de stopper leur massacre. Cette histoire qui joue sur les différentes acceptions de recluse, araignée ou emmurée, perturbe pas mal le commissaire, plus solitaire que jamais, guidé par les « bulles gazeuses » qui se forment dans son esprit et se transforment en « proto-pensées ».

Notre commissaire fétiche, moins rationnel que jamais, va bien évidemment comprendre les motivations du tueur et le démasquer mais l’essentiel de l’histoire réside dans une approche terriblement sensible et inhabituelle du sujet. Une fois de plus, Fred Vargas nous surprend par sa maîtrise et son grand art.

Fred Vargas – Quand sort la recluse – Flammarion 2017

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Zagar & gazar

L’expo Balenciaga qui s’est terminée il y a peu au musée Bourdelle permettait de voir quelques belles réalisations de ce couturier.

Les pièces exposées étaient toutes noires, ce qui met en valeur les matières plus ou moins mates ou brillantes, leur transparence ou le travail de décoration. Quelques dessins et patrons avec des coutures blanches et des bâtis de couleur permettaient d’approcher le processus créatif.

Les cartouches nous ont fait rêver avec les noms des étoffes : tarlatane, sergé, velours, crêpe ou organza. Balenciaga a aussi utilisé deux tissus de soie créés pour lui : le gazar et le zagar, à retenir pour le scrabble !

Aux gazars indociles et au zagar plus rétif encore, Balenciaga suggère des plis tout en rondeur sur lesquels la lumière diffuse des reflets nacrés

 

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