Tous les articles par JMP

C’est pour combien ?

Je suis souvent surpris par les proportions des recettes, celles annoncées pour 6 mais qui ont 3 kg d’ingrédients ou celles un peu chiches qui font un dessert pour 8 dans un tout petit moule. Certes, il faut être raisonnable, limiter les aliments gras ou sucrés, et tout dépend du type de recette, mais il faut quand même pouvoir se servir, voire se resservir !

On va donc considérer que les ingrédients de la recette sont bien proportionnés mais il faut quand même vérifier si la taille du moule est adaptée au nombre de personnes qui dégusteront le dessert. En creusant un peu, j’ai trouvé des indications de parts en fonction des moules.

Moule ou cercle à tartes

  • Jusqu’à 9 cm : 1 part
  • 16 ou 18 cm : 4 parts
  • 20 cm : 4 à 6 parts (plutôt 4)
  • 22 cm : 6 parts
  • 24 cm : 6 à 8 parts (plutôt 8)
  • 26 cm : 8 parts
  • 28 cm : 8 à 10 parts

Mercotte nous donne un truc : toujours 20 g de moins de pâte que la taille utilisée, soit 200 g pour un moule de 22 cm ou 220 g pour 24 cm.
Felder
a aussi la bonne idée d’indiquer les quantités de pâte nécessaire en fonction du cercle à tarte :  120/140 g pour 16 cm ; 180/200 g pour 20 cm ; 240/260 g pour 24 cm et 280/320 g pour 28 cm.
Ferrandi est un peu plus généreux : 200 g pour 18 cm ; 20 g pour 22 cm ; 280 g pour 24 cm et 300 g pour 26 cm. C’est beaucoup plus confortable comme proportions.

Moule à cakes

  • Moule de 18 cm pour 6 parts
  • Moule de 26 cm pour 8 à 12 parts

Moule à manqué

  •  22 cm : 4 à 6 parts
  • 24 cm : 6 à 8 parts
  • 26 cm : 8 à 10 parts
  • 28 cm : 10 à 12 parts

Cercle à entremet

Hauteur du cercle 5 à 6 cm

  • 12 cm : 2 à 3 parts
  • 14 cm : 3 à 4 parts
  • 16 cm : 4 à 5 parts
  • 18 cm : 5 à 6 parts
  • 20 cm : 6 à 8 parts
  • 22 cm : 8 à 10 parts
  • 24 cm : 10 à 12 parts
  • 26 cm : 12 à 14 parts
  • 28 cm : 14 à 16 parts

Rectangles

Les gâteaux dans les cadres rectangles sont souvent plus hauts (6 à 8 cm), ce qui fait que l’on fait des parts plus petites. En revanche, si le cadre fait 4 cm, on considèrera 50 % de parts en moins.

  • Cadre 12 x 18 cm : 8 parts
  • Cadre 18 x 24 cm : 16 parts
  • Cadre 22 x 24 cm : 20 parts
  • Cadre 24 x 27 cm : 24 parts
  • Cadre 24 x 36 cm : 32 parts
Vous avez la bonne recette, mais pas le bon moule, le site C’est ma fournée nous rappelle les règles mathématiques pour adapter la recette : on utilise la fameux πr2 pour calculer l’aire des moules. Exemple : je multiplie par 1,6 fois les ingrédients de la recette  prévue pour un moule de 22 cm si j’utilise un moule de 28.
Original en vertical  / destination en horizontal
16 18 20 22 24 26 28
16 1,0 1,3 1,6 1,9 2,3 2,6 3,1
18 0,8 1,0 1,2 1,5 1,8 2,1 2,4
20 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,7 2,0
22 0,5 0,7 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6
24 0,4 0,6 0,7 0,8 1,0 1,2 1,4
26 0,4 0,5 0,6 0,7 0,9 1,0 1,2
28 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,9 1,0

Et ce type de calcul marche aussi pour aller d’un moule rond à un carré et vice-versa :

Rond (diamètre) Carré (côté)
16 14
18 16
20 18
22 19
24 21
26 23
28 25

Yotsuba & !

Cette série de mangas tourne autour du personnage de Yotsuba, petite fille de 5-6 ans pleine d’énergie. Dans le premier volume, Yotsuba et son père emmènagent dans une nouvelle maison, en ville, et la petite fille découvre des choses anodines (la sonnette, la balançoire, la climatiseur) qui prennent tout de suite une dimension extraodinaire.

Yotsuba n’est pas ordinaire et n’a pas de filtre, même son père la trouve étrange, et cela fait le charme de la série. Ses histoires avec Jumbo, un ami de son père, ou ses voisines, Ena, Fuka et Asagi, créent très souvent un comique de situation.

Voilà une série rigolote, j’ai lu les 2 premiers volumes, je vais rapidemen13t lire la suite.

Kiyohiko Azuma – Yotsuba &! – Kurokawa eds 2006

 

Gravesend

Ce roman très noir se déroule dans un quartier de Brooklyn peuplé de Russes et d’Italiens.

D’une part, Conway apprend que Ray Boy Calabrese, responsable de la mort de son frère Duncan, est sorti de prison et décide de se venger. Conway est un faible et se dégonfle mais Ray Boy rempli de remords, l’oblige à accomplir sa vengeance. Pendant ce temps, Eugene, le neveu de Ray Boy idéalise son oncle et se la joue au dur.

D’autre part, Alessandra revient chez son père après quelques années à Los Angeles. Le retour est difficile, le contraste avec son ancienne vie important ; elle va côtoyer Stephanie, une camarade d’école devenue vieille fille qui se décoince un peu au contact d’Alessandra et réalise le vide de sa vie.

A part Alessandra, les différents personnages n’ont pas quitté le quartier qui est leur monde, ils sont enfermés dans leurs habitudes et leurs routines, chacun reste dans sa misère relative. Le retour de Ray Boy est le déclencheur qui va dérégler cette vie bien monotone. Les motivations des personnages de ce roman, rédemption, vengeance, ambition, pourraient paraître nobles mais ne leur permettent pas de sortir de leur condition, voire les enferment un peu plus dans leur destin. Cette histoire très sombre ne donne aucune lueur d’espoir.

William Boyle – Gravesend, traduit par Simon Bary – Rivages noir 2016

Taba-Taba

Taba-Taba est un souvenir d’enfance, c’est le nom donné à un aliéné accueilli au Lazaret, établissement psychiatrique dirigé par le père de l’auteur. Ce souvenir est le point de départ d’un roman familial autour du petit Deville et surtout des trois générations précédentes.

L’évocation de cette famille permet de raconter la vie de ses aïeux, l’exode de la seconde guerre mondiale et les périples du grand-père et la jeunesse de son père. Le roman raconte aussi le périple de l’auteur qui traverse la France pour découvrir les lieux qui ont marqué sa famille.

Ce double niveau de récit est encore complexifié par les nombreux voyages de Deville, en Asie ou en Amérique Latine ; je n’ai pas bien compris le but de ses périples. Ils semblent en partie expliqués par ses travaux mais sont aussi l’occasion de réflexions sur l’actualité ou de réminiscences de son histoire familiale. Toujours est-il que le bilan carbone de ce récit est très mauvais et la propension à donner les noms des diplomates rencontrés est vite lassante.

J’ai plutôt apprécié l’histoire, du moins la partie « roman familial », mais je reste mitigé sur ce livre un peu brouillon.

Patrick Deville – Taba-Taba – Seuil 2017

Si tous les dieux nous abandonnent

Ce roman m’a fait penser à l’univers de Goodis et de Thompson, pas mal comme référence !

Le roman se déroule au fin fond de la cambrousse, sans doute belge, mais qui pourrait aussi bien être française ou américaine. L’histoire est racontée par 3 personnages en alternance, chacun a son style, qui peut être assez brut. Céline s’est enfuie après avoir tué son violeur ; le vieux Léopold croise sa route, l’héberge et l’emmène sur les traces de ses souvenirs ; quant à Josselin, un voisin de Léopold, il fantasme sur Céline et rêve de grandeur.

Ces personnages en croisent bien d’autres, pas beaucoup plus reluisants ; ces différentes histoires donnent parfois l’impression de saynètes décousues mais construisent un roman noir, très noir et très rural.

Patrick Delperdange –Si tous les dieux nous abandonnent – Série noire 2016

La voleuse de livres

Je n’ai pas accroché au parti pris stylistique du l’auteur, avec ses annonces du contenu des chapitres, mais ce livre est puissant. Un autre astuce stylistique est de faire raconter l’histoire par la Mort, cela permet de prendre du recul et ça passe plutôt pas mal.

Ce roman  se déroule à partir de 1939 à Molching, dans la banlieue de Munich, et nous raconte la vie de Liesel, adoptée par Rosa et Hans Huberman, une famille d’allemands modestes. Une partie du livre est un récit d’enfance, la tendresse de Hans, l’amour bourru de Rosa, les voisins, les copains, les larcins, mais le contexte particulier apporte un coté tragique. L’environnement est totalement nazifié, avec l’omniprésence du Führer, la participation obligatoire aux jeunesse hitlériennes… L’histoire centrée  sur des civils permet d’évoquer cette période sans prendre parti et montre que les Allemands n’ont pas tous été des embrigadés décervelés ou des monstres, que certains, à leur faible niveau, ont su s’opposer au système, quitte à le payer.

L’histoire de Liesel est ponctuée de moments forts, la mort du frère, l’amitié avec Max, la relation trouble avec la femme du maire, et je pense que ce livre restera une lecture marquante.

Markus Zusak – La voleuse de livres, traduit par Marie-France Girod – Pocket jeunesse 2017