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Krantz

Cette recette a fait tilt lors d’une diffusion de l’émission On va déguster consacrée au chef israélien Yotam Ottolenghi. Depuis, je n’arrête pas d’entendre parler ou de voir des recettes de krantz ou de babka, l’autre nom de cette brioche fourrée au chocolat.

La recette d’Ottololenghi est pour 2 brioches, j’ai modifié en m’inspirant aussi de celle de Mercotte. Toujours est-il que cette recette donne une brioche pas trop grasse bien mise en valeur avec sa garniture au chocolat.

Krantz ou Babka

D'après les recettes de Yottam Ottolenghi et Mercotte

Type de plat Boulange, Dessert
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Brioche, Chocolat
Préparation 20 minutes
Cuisson 25 minutes
Repos 12 heures
Temps total 12 heures 45 minutes

Ingrédients

Brioche

  • 265 g de farine
  • 50 g de sucre
  • 5 g de levure de boulanger déshydratée
  • 2 oeufs
  • 6 cl d’eau
  • ½ cc de sel
  • 75 g de beurre doux mou coupé en morceaux

Fourrage chocolat

  • 25 g de sucre glace
  • 15 g de caccao en pudre
  • 65 g de chocolat noir patissier
  • 60 g de beurre doux
  • 50 g noix de pécan ou noisettes (en poudre)
  • 1 CS sucre

Sirop

  • 8 cl d’eau 16cl
  • 130 g de suce 260g

Instructions

Pâte

  1. Dans la cuve du robot équipé du crochet, mélanger la farine, le sucre, la levure émiettée. Ajouter les œufs un à un puis l’eau. Laisser tourner à vitesse lente pour avoir un appareil homogène. Ajouter le sel et le beurre petit à petit toujours à vitesse lente jusqu’à complète incorporation.

  2. Pétrir ensuite à vitesse moyenne une dizaine de minutes, la pâte doit devenir lisse et brillante. Racler de temps en temps les bords de la cuve pour faciliter le pétrissage et aider la pâte à se détacher. Fariner un cul de poule, y déposer le pâton et le laisser pousser dans le four chauffé à 30° pendant une vingtaine de minutes, la pâte doit doubler de volume. Dégazer puis mettre le pâton quelques minutes au congélateur pour le refroidir ou si vous n’êtes pas pressés une nuit au réfrigérateur (Ottologenhi laisse pousser 1 nuit au frigo).

Garniture

  1. Faire fondre le chocolat au bain-marie, ajouter le beurre et mélanger pour avoir un appareil bien lisse. Incorporer ensuite le sucre et la poudre de cacao. L’appareil doit avoir la consistance d’une pâte à tartiner.

Sirop

  1. Porter lentement l’eau et le sucre à ébullition puis laisser refroidir.

Mise en forme

  1. Graisser le moule et recouvrir le fond d’un rectangle de papier cuisson.

  2. Fleurer le plan de travail et étaler la pâte en un rectangle de 40 cm x 30 cm.

  3. Étaler la garniture chocolat sur la pâte en laissant un bord de 3 cm tout autour de la pâte. A l’aide d’un pinceau humidifier à l’eau le bord du rectangle le plus éloigné.

    Rouler la pâte en un long boudin bien serré, le coller avec le côté mouillé.

  4. Couper en deux le boudin dans la longueur et poser les deux demis-cylindres obtenus côte à côte, cotés coupés vers le haut.

    Tresser les deux branches en essayant de garder le côté coupé vers le haut.

  5. Poser délicatement la tresse dans le moule et laisser à nouveau pousser au four à 30°pendant 25 à 30 min.

Cuisson

  1. La cuisson : préchauffer le four à 170/180° et cuire 25 à 30 minutes. On doit obtenir une belle couleur brune et dorée.

  2. Badigeonner de sirop à la sortie du four, laisser refroidir et démouler.

Notes

Option : ajouter 5g de zestes d’orange, remplacer les noix de pécan par de la noisette (en poudre c’est bien )
Une autre garniture est possible pour cette brioche (d'après Ottolenghi) : Badigeonnez la pâte avec 80g de beurre fondu, puis saupoudrez-la avec un mélange de 120 g de sucre muscovado, et 1,5 tablespoon de cannelle. Ajoutez également les 50 g de noix de pécan.

Tracts de crise

TractsLa peste, le choléra, la pandémie coronavirus fait référence aux grands fléaux de l’Histoire. Beaucoup évoquent Camus et La Peste ; d’autres plus rares, évoquent Le hussard sur le toit de Giono ou Malevil de Robert Merle. Je n’ai entendu personne parler du Juif errant et encore moins de Huis clos et de son fameux « l’enfer, c’est les autres ».
Personnellement, je n’ai pas envie de me plonger dans des récits apocalyptiques ; cependant, cette crise sanitaire et économique montre les limites et les absurdités de notre système et il n’est pas inutile d’y réfléchir.

C’est là que la collection Tracts publiée par Gallimard, une collection de petits textes, trouve son utilité. Pour la durée du confinement, les nouveaux textes sont gratuits. On peut télécharger ceux qui sont déjà parus et c’est tout simple de s’inscrire pour recevoir un courriel quotidien qui donne accès aux fichiers des nouvelles parutions, en format ePub ou PDF. Du coup, je découvre aussi que la lecture sur tablette est agréable !

Certains Tracts sont assez politiques, d’autres plus  littéraires; ces textes sont beaucoup plus intéressants que les journaux de confinement qui fleurissent un peu partout. J’ai particulièrement apprécié :

  • Johann Chapoutot, Pathologies sociales ;
  • Annie Ernaux, Monsieur le Président ;
  • Didier Daeninckx, On a cru te perdre ;
  • Philippe Videlier, Lettre d’Italie ;
  • François-Henri Désérable, Tout est déjà dans les livres ;
  • Alexandre Postel, Un texte nécessaire 
    et la liste n’est malheureusement pas terminée…

L’aveuglement odieux de ceux qui détruisent l’Etat, qui méprisent ses fonctionnaires, tous ceux qui dénonçaient la « gestion » et le « management » du « nouveau monde », tous ceux qui, comme les infirmières et les médecins gazés en manifestation disaient « Vous comptez les sous, on comptera les morts », se paye au prix fort. Cette pandémie est le crash-test du néolibéralisme qui atomise les individus, érige l’argent en seule valeur, raisonne en masses […] et en statistiques, et n’a su opposer aux lanceurs d’alerte, aux militants et aux syndicalistes que la violence d’un État dépouillé en amont et réduit, en aval, à la seule répression policière.
Johann Chapoutot

Kannelbullar, roulés à la cannelle

Je me suis régalé à Stockholm de ces petits pains à la cannelle que l’on trouve partout. Une petite recherche sur Qwant* m’a orienté vers des recettes diverses et variées, la plupart choisissant un façonnage en escargot,simple roulés à la cannelle.

Encore une fois, le blog Un déjeuner de soleil m’a fourni une recette qui me convient, je l’ai à peine modifiée.

J’ai même trouvé un tuto pour rouler joliment ces petit pains mais les simples roulés sont bien aussi !

*Je préfère ce moteur de recherche français sans trackers à celui de la société américaine, le G de gafam, qui ne paye pas d’impôts.

Kanelbullar - Roulés à la cannelle

D'après recette Un déjeuner de soleil

Type de plat Boulange, Dessert
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Cannelle
Préparation 30 minutes
Cuisson 12 minutes
Repos 3 heures
Temps total 3 heures 42 minutes
Portions 12 pièces

Ingrédients

  • 260 g de farine pour pain ou brioche
  • 10 cl de lait frais entier
  • 2 oeufs entiers , 100-120 g sans la coquille – 70g pour la brioche, le reste pour la dorure
  • 40 g de sucre semoule ou de canne blond
  • 40 g de beurre mou
  • 4 g de levure de boulanger sèche ou 10-12 fraîches
  • 2 CS cannelle en poudre et de cardamome en poudre + un peu pour la pâte
  • une pincée de sel

Garniture

  • 40 g de beurre mou
  • 40 g de sucre

Instructions

  1. Fouetter les oeufs, peser 70 g environ et garder le reste à part pour badigeonner (couvrir de film alimentaire et garder au frais)
  2. Dans la cuve d’un robot, mélanger la farine avec la levure et 40 g de sucre. Ajouter le lait, le sel, une belle pincée de cannelle et une pincée de cardamome. Ajouter 70 g d’oeuf et commencer à travailler la pâte jusqu’à ce qu’elle devienne souple, homogène et se détache des parois (elle sera un peu molle c’est normal). Il faudra 5 à 10 minutes.
  3. Toujours en travaillant (avec le crochet si on a un robot) ajouter 40 g de beurre en deux fois en ayant soin de n’ajouter la deuxième dose que lorsque la première est bien absorbée,
  4. Former une boule, couvrir le récipient de film alimentaire et laisser lever une heure environ dans un endroit tiède-chaud (dans l’idéal autour de 25°C) jusqu’à ce que la pâte double de volume.
  5. L’écraser ensuite sur un plan de travail et la mettre une dizaine de minutes au frais (cela facilitera la façonnage c’est à dire la mise en forme).
  6. Étaler la pâte en rectangle sur 1/2 cm d’épaisseur sur un plan de travail légèrement fariné. Étaler le beurre mou (sans trop appuyer) sur toute la surface en laissant un bord de 1 cm (ce ne sera pas complètement couvert). Parsemer du reste de sucre et des épices.
  7. Replier la pâte en trois en portefeuille, c’est à dire en pliant d’abord d’un côté à 1/3 de la surface puis en repliant l’autre côté dessus. Étaler légèrement à nouveau au rouleau puis couper dans le sens de la largeur en tranches fines de 1 cm environ. Les enrouler ensuite autour de deux doigts de la main (index et majeur) ou réaliser des escargots ou des noeuds.
  8. Poser les brioches sur une plaque recouverte de papier cuisson. Mettre dans le four éteint pendant une heure environ, elles doivent gonfler, augmenter de volume sans pour autant doubler.
  9. Sortir du four et badigeonner la surface du reste de l’oeuf passé dans une passoire (ce petit truc va donner une belle homogénéité). Préchauffer le four à 180°C.
  10. Enfourner pendant 12 à 15 minutes. Les brioches doivent dorer, cuire en dessous mais pas trop colorer. Déguster chaud ou tiède

Contre Amazon

Jorge Carriòn – Contre Amazon, 1 manifeste, 7 raisons, traduit par Mikaël Gómez Guthart – Le nouvel Attila 2019.

En ces temps de confinement, on a un peu plus de temps pour  lire, et j’applaudis l’initiative du site e-Dantès (que je découvre) relevée par ActuaLitté : un pack gratuit de livre numériques ou audio grâce à l’opération confinementlecture.com.

Il suffit de s’inscrire pour recevoir une série de packs de livres numériques. Le fichier est à dézipper sur un ordi et ensuite les livres numériques (format epub ou mobi) peuvent être lus sur la liseuse ou la tablette de votre choix. Le choix est assez varié, policier, fantasy, romance ou développement personnel. J’ai surtout repéré ce petit manifeste qui conforte ce que je pense.

Amazon se gave en ce moment au détriment de la santé et des règles de protection de ses salariés (on ne peut pas se refaire). Après avoir fait très peur aux libraires fermés par obligation,  Amazon a relégué le livre en produit non-prioritaire et annonce maintenant des délais de livraison de 6 semaines. N’allez pas croire que cette société sans foi ni loi soit devenue altruiste, elle privilégie simplement des produits à forte marge, ce que n’est pas le livre, comme les libraires le savent à leur dépens. Aussi ce petit livre fait vraiment plaisir.

Ce texte de 24 pages a été diffusé en avant-première aux Rencontres nationales de la Librairie, en partenariat avec le SLF, le 1er juillet 2019 à Marseille. Il rappelle intelligemment les critères qui ont structuré la société devenue un géant du net, loin du libraire qu’il se vante parfois d’être.

Amazon n’est pas d’une librairie mais un supermarché

Amazon n’expose que les 5 000 titres les plus vendus et demandés par leurs clients, on est bien loin des quantités et du risque caractéristiques des véritables librairies.

Chez Amazon, il n’y a pas de libraires. La prescription humaine a été éliminée parce que inefficace. Elle sabotait la rapidité, seule valeur de l’entreprise.

J’avais déjà mis un lien vers un documentaire sur Amazon dans un précédent billet.

Tim Willocks

Tout a commencé avec une chronique de Juliette Arnaud dans l’émission Par Jupiter qui m’a donné envie de lire La mort selon Turner de Tim Willocks.

Tim Willocks – La mort selon Turner, traduit par Benjamin Legrand – Sonatine 2018
Un excellent thriller avec un héros, policier noir seul contre tous et qui ne lâche rien. Sa motivation est de faire respecter la loi, quitte à se battre contre des puissants pour une anonyme.

Ce roman m’a énormément plu, j’ai regardé ce que cet auteur avait fait d’autre et j’ai découvert qu’il avait publié un best-seller, noté par ailleurs dans ma liste « A lire. »
Tim Willocks – La religion, traduit par Benjamin Legrand – Pocket (Sonatine) 2006
Ce gros pavé nous fait vivre le Grand siège de Malte en 1565, « La religion » étant le nom que se donne l’ordre de Malte. Le personnage principal de ce roman est Mattias Tannhauser, ancien janissaire, commerçant-trafiquant, entraîné dans cette histoire par la belle Carla. Il va rapidement devenir un élément essentiel de la défense de l’île pendant que l’Inquisition joue un drôle de jeu.
Les scènes de bataille sont proprement hallucinantes et le récit est parfaitement maîtrisé, alternant l’aventure, le guerre, le romantisme et la fourberie. J’ai dévoré ce livre, incapable de le lâcher.

Il n’existait rien de plus irrésistible que l’héroïsme -pas même la débauche-

Tim Willocks – Douze enfants de Paris, traduit par Benjamin Legrand  – Sonatine 2014.
Ce deuxième volet des aventures de Tannhauser se déroule quelques années plus tard à Paris. Mattias doit rejoindre Carla, à la veille d’accoucher, qui a été appelée à la Cour pour jouer de la viole lors du mariage d’Henri de Navarre et de Marguerite de Valois.
Arrivant la veille de la Saint Barthélémy, sans savoir où est Carla, Tannhauser ne va pas se laisser marcher sur les pieds…. Au bout de quelques pages, on arrête de compter les morts, certaines scènes sont du Grand Guignol, mais l’histoire est bien menée, quoique plus caricaturale que La Religion. Des complots, des méchants bien veules, des âmes simples à sauver et bien sûr la quête de la personne aimée, tout y est pour faire un bon gros « page-turner » qui se laisse lire.

Crackers aux graines

Recette piquée sur le net et adoptée, jusque là vous ne les trouviez que sur la page dédiée (clic) mais je vais désormais vous informer de mes nouveaux essais.

Crackers aux graines
Crackers aux graines @un déjeuner de soleil

[edit] comme je suis gentil, je partage la recette ici

Crackers aux graines

https://www.undejeunerdesoleil.com/2017/09/crackers-graines.html

Type de plat Appetizer
Cuisine Pâtisserie
Préparation 10 minutes
Cuisson 20 minutes
Temps total 30 minutes
Portions 40 pièces (pour 6)

Ingrédients

  • 160 g de farine d’épeautre grand épeautre en magasin bio
  • 130 g de mélange de graines tournesol, sésame, lin, chia, pavot…
  • 12 cl d’eau
  • 8 cl d’huile d’olive vierge extra
  • 1 pincée d’herbes de Provence une belle
  • fleur de sel

Instructions

  1. Préchauffer le four à 180°C (chaleur tournante). Dans un saladier, mélanger la farine avec les graines, les herbes et une bonne pincée de sel.
  2. Ajouter l’huile puis l’eau et mélanger jusqu’à obtenir une pâte un peu molle mais qui ait une forme (si vraiment trop collante ajouter un soupçon de farine).

  3. Étaler la pâte entre deux feuilles de papier cuisson à 3 mm environ (plus c’est fin plus ça cuit vite et mieux). Retirer la feuille du dessus, à l’aide d’un couteau, pré-découper des crackers. Saupoudrer de sel en appuyant légèrement.
  4. Poser le tout (avec le feuille du dessous toujours pour éviter que ça n’attache) sur un plaque et enfourner au milieu du four pendant une vingtaine de minutes. Si besoin, retourner la plaque à mi-cuisson.
  5. Les crackers doivent devenir dorés. Les sortir, finir de les couper et les laisser tiédir avant de déguster.

Notes

– Conservation : ces crackers se conservent bien une à deux semaine dans un boîte en fer ou même un bocal en verre, les deux fermés et dans un endroit sec.
– La pâte crue se conserve une nuit au frais
– Mélange de graines : j’ai trouvé un super mélange (appelé pour salade même si ce n’est pas vraiment la première destination que j’aurais attribuée) chez Bio C’est Bon mais vous pouvez très bien réaliser le vôtre avec les graines que vous trouvez et vous aimez. Évitez juste celles un peu grandes comme de courges pour des raisons pratiques de découpage. Déjà avec juste du sésame et des graines de tournesol c’est très bon
– Variantes : vous pouvez utiliser de la farine ordinaire ou un mélange de T65 et T80 par exemple, vous pouvez ajouter des épices, d’autres herbes comme du fenouil par exemple comme dans ces crackers au parmesan et au fenouil
– Vegan : ici la version est vegan mais rien ne vous empêche d’ajouter un peu de fromage râpé.

Le libraire de Cologne

Catherine Ganz-Muller. Le libraire de Cologne. Scrineo 2020.

Ce livre pour jeunes ados se lit facilement. Le cadre de l’Allemagne nazie est suffisamment édulcoré pour ne pas faire peur ; on ajoute un héros positif comme dans les vieux « Signes de piste », fidèle, tenace, courageux, pour en faire une belle histoire morale.
Cologne 1934, le libraire Mendel quitte l’Allemagne et laisse les clés de sa boutique au jeune Hans Schreiber qu’il a formé. Hans va tout faire pour maintenir la librairie à flots tant par fidélité à son mentor que par amour de la littérature. Bien sûr, la Gestapo va surveiller ce commerce juif, la guerre et les bombardements vont rendre l’activité compliquée mais Hans s’en sort toujours grâce aux pirouettes du destin.
Le fanatisme, la déportation, la résistance, le manque de tout sont évoqués pour donner une toile de fond pittoresque qui peut permettre de sensibiliser les jeunes lecteurs mais je suis gêné par cette banalisation du nazisme.

Livre reçu dans la cadre d’une Masse critique  de Babelio

 

Vous n’aurez pas ma haine

La télévision a parfois du bon : Arte a diffusé la pièce tirée du récit d’Antoine Leiris qui a perdu sa femme en 2015, lors de l’attaque du Bataclan, et avait diffusé un très beau texte. Cette pièce, incarnée par Raphaël Personnaz, est touchante et émouvante ; elle raconte la difficulté de la perte, de l’absence et les situations parfois burlesques auxquelles le jeune père est confronté.

L’adresse d’Antoine Leiris est toujours aussi forte et bouleversante quelques années après :

« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »
Antoine Leiris

Quelques livres lus en 2019

Je n’ai plus le temps/l’envie de mettre à jour ce blog de façon régulière. Il n’y aura plus de chroniques hebdomadaires de mes lectures.

Mais je continue à lire, je vais juste lister de temps à autre les livres qui sont passés dans mes mains. En gras, ceux qui m’ont marqués.

Jim Thompson – Le criminel, traduit Jean-Paul Gratias – Rivages noir 1993
Récit encore très actuel d’une machination journalistique et policière autour du coupable idéal.

Jean-Paul Dubois – Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon – L’Olivier 2019 – Prix Goncourt 2019
Lu dès sa sortie car j’apprécie beaucoup Jean-Paul Dubois. Petites histoires de destins mal foutus. On retrouve pas mal de thèmes chers à Dubois, un très bon livre plein d’humanité.
Sur ce blog La sucession ou écouter L’Amérique m’inquiète

Emma Beck – Propriété privée – Minuit 2019
bof !

Simenon – Maigret s’amuse –  1957
Après avoir lu les « Romans durs », j’attaque doucement les « Maigret » et je prends plaisir à retrouver ce monde des années 40-50.

Gilles Negrel, lui, avait une fiancée qui était probablement déjà sa maîtresse, puisqu’elle venait le voir dans son logement de garçon.

(Maigret) attendit patiemment qu’elle eût fait la vaisselle et fut même sur le point de l’aider.

De l’eau nature ou de l’eau à ressort?

Bérengère Cournut – De pierre et d’os – Tripode 2019
Récit qui mêle poésie et anthropologie. Histoire se déroulant dans la banquise et faisant intervenir aventures, spiritualité et chamanisme. Une vraie historie écologique

Zadig#2 – La nature et nous – 2019

Vivant Denon / Abdel rahman El-Gabarti – Sur l’expédition de Bonaparte en Égypte, témoignages croisés et commentés par Mahmoud Hussein – Actes Sud 1998

Gaston Leroux – Le fauteuil hanté, in Les assassins fantômes – Bouquins 1993

Patrick Modiano – Encre sympathique – Gallimard 2019
Modiano en très petite forme s’autoplagie.

Zadig#3 – e travail pour quoi faire – 2019

Graeme Macrae Burnet – L’accusé du Ross-Shire, traduit par Julie Sibony – 10-18 2018

Patrick Boucheron – Histoire mondiale de la France, version augmentée et illustrée Seuil 2018

Joshua Ferris – Se lever à nouveau de bonne heure, traduit par Dominique Defert – JC Lattès 2015
Arrêt après 50 pages

Simenon – Les scrupules de Maigret – 1958

Ferri et Conrad – La fille de Vercingetorix  – Albert et René 2019

Anatole France – L’ile des pingouins – 1907

Griffo -Van Hamme – SOS Bonheur  – Aire libre Dupuis 2005

Thomas Bronnec – En pays conquis – Gallimard Série Noire 2007

Marc Dugain – La malédiction d’Edgar – Gallimard 2005

Il aimait le pouvoir mais en détestait les aléas.

Eshkol Nevo – Quatre maisons et un exil, traduit par Raïa del Vecchio – Gallimard 2008
Pas facile à lire mais intéressant. Une vision peu idyllique de la vie en Israël.

(Tel Aviv) et ici on pourrait mourir d’uniformisation. Tout le monde se veut original, mais ça les rend tous pareils en quelque sorte. Comme s’il y avait un code caché.

Jo Nesbø – Le bonhomme de neige,  traduit par Alex Fouillet –  Gallimard Folio policier 2008

Un chef d’État a rarement fait aussi peu durant une guerre. Et il a aussi dit que le large soutien à la monarchie et la preuve définitive que la plupart des gens croient aux trolls et aux elfes.

Et au théâtre : Rouge, de Logan avec Niels Arestrup et Alexis Moncorgé.
Confrontation de Rothko, vieil artiste misanthrope, avec son assistant, passionnant et magnifiquement joué.

Les furtifs

Alain Damasio – Les furtifs – La Volte 2019.

J’ai lu quelques bons livres cette année, celui-ci restera sans doute dans le top. J’ai beaucoup aimé les précédents Damasio, La horde du contrevent et La zone du dehors, celui-ci les surpasse et méritera plusieurs lectures tant il est foisonnant.

Le fil conducteur est l’histoire de Sara et Lorca Varèse dont la fille Tishka a disparu. La mère a tenté de faire son deuil alors que le père veut garder un espoir, cette différence les a amené à se séparer et Lorac a rejoint l’armée pour devenir un chasseur de « furtifs », créatures quasi-invisibles et qui se transforment en céramique si elles sont capturées.

Lorca intègre une meute conduite par Hernan Agüero sous la direction de l’amiral Arshawin. Il y rejoint Saskia qui lui enseigne une autre perception et une autre approche de la chasse et qui convaincra les autorités à modifier leurs conceptions.

L’histoire se déroule en 2040 dans des villes privatisées où les citoyens sont catégorisés selon leur forfait qui leur donne accès à des prestations, des rues ou des quartiers, selon leur niveau. Le forfait est lié au port d’une bague qui transmet toutes les données personnelles et sert d’interface à une intelligente artificielle envahissante. Il y a quelques rétifs à ce nouveau monde pire que celui de 1984, Sarah en fait partie en étant « proferrante » qui dispense un enseignement gratuit, hors des systèmes d’éducation privatisés et se trouvera partie prennante des tentatives de libération d’immeubles ou de territoire.

Je pourrai donner d’autres pistes de lecture pour ce livre qui est tout à la fois une formidable histoire d’amour, un livre d’aventure, un thriller  avec des courses poursuites extraordinaires, un livre fiction-fantastique, un livre (très) politique, avec parfois un exposé de théories un peu ardu… Tout au long des 700 pages, il a différentes façon de prendre ce livre qui renouvelle sans cesse son intérêt et qui se combinent de façon très astucieuse.

Et en plus d’être très bien conçu et de faire réfléchir, ce livre est très bien écrit, magnifiquement écrit. Damasio joue sur la typographie, avec les mots, crée par moment son propre langage qui ouvre encore une autre dimension dans cette aventure.

 

Un livre en papier – ce truc à interface manuelle qui ne plante pas, ne te parle pas,n’a pas besoin d’énergie pour fonctionner et ne te demande pas si tu veux le mettre à jour.

Désorientale

Négar Djavani – Désorientale – Liana Levi Piccolo 2018.

Je suis sous le charme de ce livre. Il a un style tout à fait original, le récit est tout sauf linéaire et l’histoire est formidable.

Kimiâ Sadr raconte son enfance en Iran, fille intellectuels opposants au Shah et aux mollahs avec de nombreux détails pittoresques qui nous plongent dans son récit et ont le mérite de nous rappeler que l’Iran n’est pas qu’un pays de terroristes obscurantistes.

Si la « face A » consacrée à l’Iran est passionnante, la « Face B » est tout autant intéressante et plus personnelle. Elle raconte le parcours de Kimiâ, les difficultés de l’exil, du déracinement avec beaucoup de sensibilité.

La ferme des animaux

George Orwell – La ferme des animaux, traduit par Jean Quéval – Folio 2002.

Après 1984, je découvre La ferme de animaux que je n’avais jamais lu.

Cette fable est beaucoup plus accessible mais tout aussi effrayante. Elle décortique la mise en place d’une dictature et la confiscation d’une belle idée révolutionnaire par un petit groupe.

L’histoire se passe dans une ferme et les cochons mènent la danse, redéfinissant les règles à leur avantage, accusant de trahison les opposants… C’est une transposition de l’évolution des différentes révolutions populaires, notamment communistes, du XXe siècle. La description d’Orwell est effrayante en ce que cette évolution vers la dictature semble être universelle.

Les amazones ont disparu

enfin c’est ce qu’on croit, et le président brésilien serait bien content que son Amazone disparaisse aussi, laissant la place à des champs de monoculture glycophosatés pour le plus grand profit des multinationales de la chimie et du transgénique.

Il y a une autre amazone que je verrais disparaître sans regrets, cette grosse multinationale qui ne respecte pas ses salariés, et à peine ses clients, et participe à un gaspillage phénoménal (comme tout le commerce sur internet).

Je dois avouer que le marketing d’Amazon est bien fait, quoique un peu anxiogène et tripatouillant l’algorithme de conseil et qui oblige à passer par son site en proposant des exclusivité d’autoédition ou en cannibalisant les revendeurs associés (otages).
Je ne mets plus en favori les blogs (de cuisine notamment) qui mettent systématiquement un lien vers amazon alors que des alternatives locales existent. Et bien sûr ces sites n’acceptent pas les commentaires renvoyant vers un autre service (j’ai essayé à plusieurs reprises) !
Outre les grosses chaines locales (Decitre, le Furet), on peut aussi acheter par internet chez un libraire indépendant à proximité de chez soi : les libraires.fr ou place des libraires.fr

Un reportage instructif pour ceux qui trouvent toujours Amazon formidable :

Number cake aux fruits rouges

Les number cakes sont à la mode et je comprends car cela fait de superbes gâteaux d’anniversaire. On peut faire un découpe dans une plaque de biscuit, j’ai choisi l’option moule avec différentes formes qui créent des lettres ou des chiffres.

C’est un grand moule, pour une douzaine de parts, il faut doubler les proportions habituelles si vous partez sur une génoise. Pour ajuster, il ne faut pas hésiter à calculer à partir de votre recette habituelle en jouant avec la surface et et volume nécessaires.

Mon premier essai était un gâteau chocolat inspiré par l’entremet ganache. La principale différence tient à une seule découpe dans l’épaisseur car la forme est plus difficilement manipulable qu’un simple rond. Le glaçage a été décoré avec des motifs (feuilles et cœurs) découpés dans de la pâte d’amandes colorée, ainsi qu’avec le prénom (petits emporte-pièces en forme de lettres).

La seconde réalisation était une surprise, j’avais juste la commande d’un gâteau pour pas mal de monde avec mon fraisier comme idée. Je peux faire un fraisier pour une 20e de personnes sans problème grâce à mon cadre extensible mais j’ai décidé de faire plus fun.

Je savais qu’il fallait des fruits rouges, j’avais envie de faire un number cake pour marquer l’évènement. Il y avait 2 chiffres à réaliser du coup je ne pouvais pas immobiliser le moule pour faire prendre une crème façon fraisier. De nombreux number cakes sont à étages mais la découpe n’est pas évidente, je décide de faire simple et un seul étage, mais bien garni, je pars donc sur un biscuit avec un peu de crème et garni de fruits comme une tartelette.

J’ai hésité entre une pâte sablée ou un biscuit, j’ai d’abord pensé à une ganache montée pour m’arrêter sur deux recettes du Ferrandi, le biscuit Joconde et la crème diplomate.

Le biscuit Joconde était donné pour une plaque de pâtisserie, j’en ai fait un par gâteau, en revanche j’ai doublé la crème pour avoir suffisamment de moelleux.

J’ai commencé la crème pâtissière 2 jours avant, elles se gardent au frigo pour le jour J.

Crème diplomate

Source Ferrandi.

Crème pâtissière allégée de crème montée, l'autre variante de la crème pâtissière est la crème mousseline, avec ajout de beurre.

Type de plat Dessert
Cuisine Française
Mots-clés Crème
Préparation 20 minutes
Cuisson 2 minutes
Temps total 22 minutes
Portions 500 g

Ingrédients

Crème pâtissière

  • 250 g lait entier
  • 50 g sucre
  • 50 g oeuf (1 moyen)
  • 15 g poudre à crème (Maïzena)
  • 10 g farine
  • 1 gousse vanille
  • 25 g beurre

Crème fouettée

  • 125 g crème liquide 35% MG

Instructions

Crème pâtissière

  1. Dans une casserole, faire chauffer le lait avec la moitié du sucre et la vanille fendue

  2. Dans une jatte, blanchir les oeufs avec le reste du sucre

  3. Ajouter la maïzena et la farine

  4. A ébullition, mémnger une partie du lait aux oeufs, pour détendre le mélange et le faire monter en température

  5. Reverser le tout dans la casserole, mélanger énergiquement et faire chauffer en remuant. Faire bouillir 2 à 3 minutes en fouettant.

  6. Hors du feu, incorporer le beurre en morceaux en fin de cuisson

  7. Verser dans un plat et fikmer au contact pour que la crème refroidisse sans faire de peau.

Crème diplomate

  1. Détendre à la spatule la crème refroidie

  2. Monter la crème liquide bien froide

  3. Incorporer la crème montée à la pâtissière en 3 fois à l'aide d'un fouet, mélanger délicatement pour l'homogénéiser

Notes

Il est possible d'ajouter 3 g de gélatine /250 g de lait

Une dose de crème par biscuit

La veille je prépare les biscuits Joconde

Biscuit Joconde

Source Ferrandi

Type de plat Dessert
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Biscuit
Préparation 30 minutes
Cuisson 10 minutes
Portions 350 g

Ingrédients

  • 75 g poudre d'amandes
  • 75 g sucre glace
  • 20 g farine
  • 100 g oeufs 2 moyens
  • 15 g beurre fondu
  • 70 g blancs d'oeufs
  • 10 g sucre semoule

Instructions

  1. Mélanger dans le bol du robot le sucre glace, la poudre d'amandes et la farine

  2. Incorporer les oeufs (battus) en 3 fois, faire tourner à vitesse moyen 5 minutes pour obtenir un mélange homogène et onctueux

  3. Débarrasser la préparation dans un récipient, ajouter le beurre fondu et mélanger

  4. Dans la cuve propre du robot, monter les blancs en neige, avec le sucre pour les serrer

  5. Incorporer délicatement les 2 préparations avec une maryse

  6. Verser sur une plaque silicone et étaler avec un spatule coudée

  7. Enfourner 8 à 10 minutes à 230°C

  8. A la sortie du four, retourner et décoller le biscuit de la plaque de silicone

Notes

Se garde bien filmé au réfrigérateur (48h) ou au congélateur (2 semaines)

Le matin, je finalise la crème diplomate, je poche et je réserve au froid pour qu’elle prenne bien (l’été il fait chaud, j’ai mis la gélatine).

et au dernier moment, je dresse les fruits : fraises, myrtilles, mures et framboises. Le biscuit est parfait car il a de la mâche, mais j’ai ajouté un peu de croquant et de couleur avec des pistaches concassées et des meringues, je termine par des feuilles en pâte d’amandes (emporte-pièces pour pâte à sucre).

Bon anniversaire !

Le résultat était flatteur, et bon !

 

L’évangile selon Yong Sheng

Dai Sijie – L’évangile selon Yong Sheng – Gallimard 2019.

Ce roman a fait l’unanimité du Masque et la Plume, c’est suffisamment rare pour donner envie de le lire. Le récit, fortement inspiré de la vie du grand-père de l’auteur, nous entraine en Chine méridionale, dans la province de Putian.

Le père de Yong Sheng réalise des sifflets de colombe ; notre héros s’initiera avec lui à cet art traditionnel chinois et y gagne un titre de fils de charpentier, clin d’œil un peu appuyé qui se prolonge tout au long du roman.

Le roman fourmille d’anecdotes et de magnifiques descriptions. Plusieurs épisodes de la vie de Yong Shen scandent le roman. Il y a d’abord dans l’enfance la fascination pour les rites chrétiens de Mary, la fille du pasteur Gu, qui l’héberge pour qu’il puisse aller à l’école. Adulte, il travaille pour le pasteur et s’occupe de ses colombes, puis veut devenir pasteur à son tour et part étudier. Alors qu’il apprend que sa femme l’a trompé avec le pasteur, il entreprend une recherche vengeresse qui va croiser le parcours de la Longue Marche pour retrouver Mary.

Il rentre chez lui et transforme sa maison en temple, devient pasteur, s’occupe de sa fille et crée un orphelinat ; mais son parcours est interrompu par la Révolution. Devenu ennemi du peuple, il est condamné à des travaux pénibles et sera dénoncé par sa fille lors de la révolution culturelle. L’épilogue nous apprend que Yong Shen a retrouvé un statut après la mort de Mao, qu’il a repris la fabrication de sifflets et s’est occupé de son petit-fils.

Ce roman est beau et terrible, la vie sous la Révolution culturelle fait penser au Dit de Tianyi. J’ai trouvé la comparaison christique un peu lourde et je ne suis pas persuadé par la fin mais l’histoire de l’aguilaire, les colombes, la vie traditionnelle ou plus moderne sont magnifiquement racontées et je recommande ce livre, qui m’a enchanté par son style, son rythme et ses descriptions.