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La voleuse de livres

Je n’ai pas accroché au parti pris stylistique du l’auteur, avec ses annonces du contenu des chapitres, mais ce livre est puissant. Un autre astuce stylistique est de faire raconter l’histoire par la Mort, cela permet de prendre du recul et ça passe plutôt pas mal.

Ce roman  se déroule à partir de 1939 à Molching, dans la banlieue de Munich, et nous raconte la vie de Liesel, adoptée par Rosa et Hans Huberman, une famille d’allemands modestes. Une partie du livre est un récit d’enfance, la tendresse de Hans, l’amour bourru de Rosa, les voisins, les copains, les larcins, mais le contexte particulier apporte un coté tragique. L’environnement est totalement nazifié, avec l’omniprésence du Führer, la participation obligatoire aux jeunesse hitlériennes… L’histoire centrée  sur des civils permet d’évoquer cette période sans prendre parti et montre que les Allemands n’ont pas tous été des embrigadés décervelés ou des monstres, que certains, à leur faible niveau, ont su s’opposer au système, quitte à le payer.

L’histoire de Liesel est ponctuée de moments forts, la mort du frère, l’amitié avec Max, la relation trouble avec la femme du maire, et je pense que ce livre restera une lecture marquante.

Markus Zusak – La voleuse de livres, traduit par Marie-France Girod – Pocket jeunesse 2017

Roulé à pois

Un autre essai de recette du livre Zebra Cakes ! Cette fois, on attaque un gâteau simple que j’aime beaucoup, le biscuit roulé. Eh oui, un simple roulé à la confiture peut faire un goûter ou un dessert de fête, c’est d’ailleurs la base des bûches de Noël.

Pâte à décor

  • 30g de beurre
  • 30 g de sucre glace
  • 1 blancs d’œuf
  • 35 g de farine
  • colorant

Je diminue de moitié les proportions données dans la recette.

Faire fondre le beurre dans une petite casserole et laisser tiédir. Ajouter le sucre glace puis le blanc d’œuf et la farine. Mélanger bien et ajouter le colorant petit à petit pour obtenir la couleur désirée (la recette dit en poudre, j’ai mis du colorant gélifié c’est peut être pour cela que le rose est devenu violet). Mettre dans un flacon souple ou une poche.

Beurrez la plaque à pâtisserie et recouvrir de papier sulfurisé sans faire de plis. Réaliser des pois de différentes tailles et mettre au réfrigérateur 1 h pour faire durcir le décor.

On réalise de la même façon des zébrures, des taches de girafe ou tout autre décor.

Le biscuit

  • 4 œufs à température ambiante
  • 130 g de sucre en poudre
  • 50 g de farine
  • 50 g de fécule (de pomme de terre dit le livre, maïzena pour moi)
  • 1 pincée de sel
  • 200 g de confiture de framboises ou de fraises

Préchauffer le four à 190°C.

Casser les œufs en séparant les blancs des jaunes.
Fouetter les jaunes avec le suce jusqu’à ce que le mélange blanchisse, ajouter la farine et la fécule tamisées et mélanger.
Battre les blancs en neige très ferme avec le sel, incorporer à la préparation avec une spatule en silicone.

Çà, c’est que dit la recette qui présente improprement cette préparation comme une génoise. J’ai fait comme d’habitude :
Battre les œufs en neige avec le sel, incorporer le sucre en 3 fois.
Ajouter les jaunes et battre 10 secondes, puis incorporer délicatement la farine et la maïzena tamisées avec une maryse.
Il paraît que ça marche aussi bien avec une écumoire

Verser la pâte à génoise sur la plaque par-dessus le décor en étalant régulièrement sur 1 cm à l’aide d’une spatule. Enfourner pour 14 minutes (adapter en fonction du four).

Dès la sortie du four, retourner la plaque sur une autre plaque ou un torchon, enlever le papier sulfurisé et retourner une seconde fois sur le torchon humide, le motif contre le torchon.
Rouler délicatement sans trop serrer.

Laisser refroidir le roulé au moins 30 minutes puis dérouler délicatement et garnir de confiture.
Enrouler de nouveau, couper les extrémités pour égaliser et servir.

et miam !

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Le lecteur de cadavres

Ce gros roman historique nous emmène dans la Chine du XIIIe siècle, sous le règne de l’empereur Ningzong. Cet empereur appartient à la dynastie Song, établie au Sud de la Chine alors que les Jin se sont établis au Nord.

L’histoire est centrée sur le jeune Ci Song (on présente le nom à l’européenne, le prénom est Ci), qui a commencé ses études à Li’an (actuelle Hangzhou) tout en devenant assistant du juge Feng. A la mort du grand-père, le père a dû abandonner son poste de fonctionnaire pour respecter les règles du deuil et la famille se retrouve à la campagne, hébergé par Lu, le frère de Ci. Lu est un gros rustre mais c’est le frère aîné et Ci lui doit obéissance. La situation évolue quand Ci trouve un cadavre dans un champ. Alors que tout accuse Lu qui se trouve vite condamné ; la maison brûle, les parents sont tués et Ci se retrouve seul avec sa jeune sœur malade. Croyant faire une affaire, il se retrouve accusé de malversation et s’enfuit.

Après des péripéties, il arrive à Li’An. Embauché comme fossoyeur, il est pris en charge par un devin qui exploite son savoir et son habileté à découvrir les causes de décès. Repéré par le professeur Ming, il est accueilli à l’Académie Ming qui forme les jeunes de famille à la préparation des concours et se trouve en butte à la jalousie d’Astuce Grise qui sera nommé juge grâce au travail de Ci.

L’histoire prend un tournant avec la convocation de Ci au palais, où il assiste le redoutable Khan, pour aider à la résolution de meurtres. Ces premiers meurtres vont être suivis d’autres, Khan encourage Ci à suivre une piste qui mène vers les Jin. Au cours de l’enquête, il a la surprise de retrouver l’ami de son père le juge Feng mais se retrouve en bien fâcheuse posture quand Khan est retrouvé pendu et qu’il devient l’accusé.

Voilà un bon gros roman plein de rebondissements mais avec un fond historique passionnant, superbement documenté, qui nous plonge et nous explique la Chine médiévale.

Antonio Garrido – Le lecteur de cadavres, traduit par Nelly et Alex Lhermillier – Livre de poche 2015

Christian Dior, couturier du rêve

Le titre de cette expo extraordinaire n’est pas usurpé, c’est bien du rêve que créent Dior et ses successeurs ; et ça marche même pour un mec pas fan de chiffons. En fait Christian Dior a tout inventé et depuis 70 ans, les créateurs s’approprient sa vision de la femme et de la couture.

Fils de famille bourgeoise très aisée, Dior a commencé comme galeriste mais doit s’arrêter quand son père est ruiné par la crise de 29. Il devient illustrateur de mode et modéliste et s’allie à Boussac au lendemain de la guerre pour lancer une maison de couture.

Il connait le succès le succès dès la première kcollection qui crée le New look, avec une taille cintrée, des jupes plus courtes.

Tailleur Bar (1ère collection – 1947)

Dior crée très vite ses lignes de parfum et les accessoires mais il meurt brutalement en 52. Yves Saint Laurent prend la succession de la direction artistique, il sera suivi de Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chiuri.

Nous sommes accueillis par des modèles inspirés de Schérazade. L’expo présente les thèmes créatifs que Dior a mis en place (le XVIIIe, les jardins, le romantisme, l’exotisme…) et qui ont été repris par ses successeurs, on voit la continuité de la maison.

La circulation dans l’expo n’est pas aisée, surtout les premières salles, tant il y a de visiteurs ; mais on arrive quand même à en profiter. Les modèles exposés permettent de rêver devant de belles robes mais surtout d’admirer les coupes, le travail de broderie ou celui des couturières qui façonnent.

Une série de salles est consacrée à chaque créateur, ce qui permet de se rendre compte de l’originalité de chacun. A la folie Galliano, succède le sage Simons qui retrouve la simplicité du créateur puis Maria Grazia Chiuri qui apporte une vision un peu plus moderne tout en restant dans le style ; j’aime bien ces deux derniers.

L’expo termine en fanfare avec une salle consacrée aux robes de bal et de festival. C’est une débauche de broderies, de plissés et c’est juste magnifique, féérique.



 

Sapiens

Ce gros livre est passionnant, pas étonnant que le bouche à oreille en ait fait un long seller, encore sur les listes de meilleures ventes 2 ans après sa parution. Sapiens retrace l’histoire de l’humanité avec une approche originale, sans s’appuyer sur telle ou telle civilisation mais en racontant, avec un talent certain, une suite de révolutions qui ont abouti à la civilisation actuelle.

Cet ouvrage foisonnant commence par la présentation de la famille Homo dont Sapiens est la seule espèce à avoir survécu. Cette première évolution est due à la Révolution cognitive qui a permis à Sapiens de comprendre et de s’adapter à son environnement. L’auteur utilise le terme de « fourrageur » pour désigner ces Sapiens qui se sont organisés en communautés, qui ont organisé un ordre social et il compare les théories avec ce que l’on sait des peuples de chasseurs-cueilleurs.

La révolution suivante est la Révolution agricole qui a apporté un changement fondamental dans les modes de vie : une croissance démographique entrainant le développement des villes, le développement des affaires nécessitant l’écriture, la création de mythes religieux, de normes et de lois justifiées par les différences de hiérarchie sociale et la peur de l’autre.

Le monde de Sapiens aurait pu continuer de façon immuable sans la Révolution scientifique, due à la découverte -et à la reconnaissance- de l’ignorance, qui a entrainé la Révolution industrielle puis la Révolution capitaliste et se termine avec une Révolution permanente. La démonstration des mécanismes qui amènent à notre système mondialisé est basée sur le décryptage des ordres universels : économie avec l’ordre monétaire ; politique, l’ordre impérial, et religieux, en s’appuyant sur les religions universelles.

Cet ouvrage foisonnant s’appuie sur un art consommé de la narration, les démonstrations sont parfois un peu rapides et on cherche les sources mais c’est un très bon ouvrage de vulgarisation. Les comparaisons du Code d’Hammurabi et de la Constitution américaine ou le rapprochement entre le système des castes et l’esclavage aux Etats-Unis permettent une démonstration claire des propos ; j’ai juste été moins à l’aise avec le chapitre sur la philosophie, mais c’est sans doute le sujet qui me rebute, ou sa vision idyllique des fourrageurs qui auraient perdu en qualité de vie avec la révolution agricole.

Yuval Noah Harari – Sapiens, une brève histoire de l’humanité, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat – Albin Michel 2015

Sauve qui peut la vie

Nicole Lapierre part d’un récit familial qu’elle complète d’une analyse anthropo-sociologique ; livre étrange qui me laisse un peu sur ma faim.

Fille d’émigrés juifs polonais, Nicole Lapierre nous livre des bribes du roman familial, la famille polonaise, les nombreux suicides, la résilience qui se cache dans les histoires de cousinages… Elle trace un portrait sensible de son père, né à Lodz, venu en France pour faire ses études de médecine, qui a traversé la guerre de planque en planque avec sa jeune famille et qui a un amour démesuré de sa patrie française. Elle parle aussi un peu d’elle, de son parcours professionnel et militant.

Ces éléments, parfois décousus mais très personnels, servent de prétexte à évoquer le suicide, la mémoire, l’émigration en s’appuyant sur les grand auteurs de sciences humaines. Pour moi, le mélange n’a pas pris, j’ai trouvé ces analyses trop démonstratives et sèches.

Nicole Lapierre – Sauve qui peut la vie – Seuil 2015