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Scones

Deux recettes de cette spécialité britannique dans ce billet. La première a été proposée par Elvira Masson dans l’émission On va déguster (dimanche matin 11h sur France Inter) et la seconde est une recette testée il y a un moment, extraite du livre Cookies, Muffins and co de Pascale Weeks.

Je ne suis pas accro au scones mais je dois avouer que c’est idéal pour un goûter ou un petit déjeuner, et moins gras que des viennoiseries.

Scones (Elvira Masson)

Type de plat Dessert
Cuisine Pâtisserie
Préparation 15 minutes
Cuisson 20 minutes
Temps total 35 minutes
Portions 12 scones

Ingrédients

  • 500 g de farine
  • 50 g de sucre
  • 125 g de beurre demi-sel
  • 30 cl de lait demi-écrémé
  • 2 CS grosses cuillères à soupe de levure chimique 3 sachets
  • Dorure: 1 œuf battu + 1 cuillère à soupe de lait + 1 pincée de sel

Instructions

  1. Préchauffer le four à 200°.
  2. Dans un saladier, tamiser la farine et la levure puis versez le sucre. Ajouter le beurre en petits morceaux et travailler le mélange entre les doigts jusqu’à ce qu'il soit sableux). Verser le lait et mélanger à l’aide d’une fourchette pour obtenir une pâte souple.
  3. Déposer la pâte sur une planche farinée et abaisser sur 3 cm d’épaisseur. Découper des ronds avec un emporte-pièces de 5 à 7cm de diamètre, idéalement cannelé afin d’obtenir la forme du scone traditionnel.  Disposer les scones sur une feuille de papier cuisson sur la plaque du four et badigeonner le dessus des scones de dorure.

  4. Enfourner 15 à 20 mn à 200° (chaleur statique jusqu’à ce que les scones soient gonflés et dorés).

  5. Déguster tièdes accompagnés de Clotted cream et de confiture de fraises

Scones (Pascale Weeks)

Type de plat Dessert, Petits gâteaux
Cuisine Pâtisserie
Préparation 15 minutes
Cuisson 12 minutes
Portions 12 scones

Ingrédients

  • 225 g de farine à levure incorporée
  • 1 CC levure chimique
  • 25 g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 5 g de beurre mou
  • 5 cl de lait
  • 1 oeuf battu avec 1 cc de lait pour dorer

Instructions

  1. Préchauffer four à 200°
  2. Dans un saladier, mélanger la farine, la levure, le sel, le sucre

  3. Ajouter le beurre mou et mélanger du bout des doigts pour l'incorporer, la pâte doit ressembler à une chapelure grossière
  4. Ajouter l’œuf battu et la moitié du lait, remuer jusqu’à obtention d'une boule, la pâte doit être souple sans être collante. Si elle est trop sèche, ajouter progressivement le restant du lait

  5. Etaler cette pâte sur une surface farinée, abaisser à 1,5 cm
  6. A l'aide d'un emporte-pièces, découper des cercles de 5cm de diamètre

  7. Reformer un boule avec le reste et recommencer jusqu’à épuisement de la pâte
  8. Retourner les cercles et mettre sur une plaque de cuisson
  9. Dorer avec l’œuf battu
  10. Enfourner et laisser cuire 12 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient gonflés et blonds
  11. Les scones se dégustent tièdes, coupés en 2 dans l'épaisseur, avec de la confiture de fraises et de la crème fraiche

My absolute darling

Gabriel Tallent – My absolute darling, traduit par Laura Derajinski – Gallmeister 2018.

Attention, ce livre ne vous laissera pas indifférent ! Pour moi, cela a été un choc, du genre coup de poing à l’estomac, mais c’est un livre que je recommande.

L’histoire est terrible, la vie d’une adolescente sous la coupe de Martin, père envahissant, pervers narcissique et incestueux. Ce Martin, vaguement écolo qui se prépare à la fin du monde, dresse sa fille Julia à la survie et au maniement des armes. Ce roman est aussi un roman dans la grande tradition américaine du « nature writtting » et nous offre des descriptions époustouflantes, avec des noms de végétaux qui m’étaient inconnus.

Le portrait de Julia, surnommée Croquette par son père et qui veut qu’on l’appelle Turtle, est impressionnant. Toujours avec une ou plusieurs armes, elle est élevée dans une nature qui ne lui pas hostile, évite ses congénères et ne cherche pas à s’intégrer dans le système scolaire.

Deux événements bouleversent le déroulement des choses : la mort du grand-père qui perturbe tant Martin qu’il abandonne Turtle, et la rencontre avec Jacob, lycéen ouvert, joyeux et d’un monde tellement différent de celui de Turtle.
Le retour de Martin accompagné de Cayenne, une gamine recueillie (?) sur la route va pousser Turtle a se rebeller et à sortir de l’emprise de ce père abusif, ce qui est l’occasion d’une scène d’une grande violence mais menée de main de maître.

1984

George Orwell – 1984, traduit par  Amélie Audiberti (en 1950) – Folio 1981.

Back to classic ! J’ai eu envie de relire 1984 en écoutant Le masque et la plume consacré à sa nouvelle traduction. La nouvelle traduction de Josée Kamoun semble encore plus terrifiante mais n’a pas fait l’unanimité, j’ai repris ma vieille édition Folio.

J’ai bien sûr lu ce livre adolescent et je m’aperçois que mes souvenirs l’agrègent au Meilleur des mondes, cette relecture est donc opportune.

Le narrateur, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité où il réécrit l’histoire pour faire disparaître des traces des personnages en disgrâce ou pour faire coller les prévisions du Big Brother à la réalité. Et je lis ce roman au moment du 30e anniversaire des manifestations de la Place Tien An Men, alors que la presse raconte en détail que le pouvoir chinois a fait disparaître toute mention de ces évènements et de ses protagonistes.

La guerre c’est la paix
La liberté c’est l’esclavage
L’ignorance c’est la force

Dans une société sous surveillance constante, Smith est un cadre du pari intérieur qui se rebelle. Il commence par douter de la propagande officielle de l’Angsoc, a une liaison interdite puis se joint à un groupe de résistants avant d’être piégé et rééduqué.

Une société hiérarchisée n’est possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.

L’histoire écrite après la 2e guerre mondiale ressemble diablement à ce que l’on sait des dictatures communistes, russes ou chinoises. Smith découvre le livre, interdit par le régime, qui explique les mécanismes de cette dictature; malheureusement ce qu’il découvre nous semble évident tellement nous l’avons vu et entendu dans les actualités des dernières décennies.

Mais au-delà de la critique de régimes dictatoriaux, ce livre parle aussi de notre société actuelle. L’omniprésence des « télécrans » qui permettent de surveiller les faits et gestes de chacun ne fait que décrire notre assujettissement volontaire aux Gafam.

Avec le développement de la télévision et le perfectionnement technique qui rendit possible, sur le même instrument, la réception et la transmission simultanée, ce fut la fin de la vie privée.

Le livre est un peu daté dans le style, la partie « théorique » est carrément indigeste, mais ce livre est à lire et à relire, il parle vraiment de notre monde actuel.

Moumine le troll

Tove Jansson – Moumime le Troll, traduit par Kersti et Pierre Chaplet – Fernand Nathan 1968.

A Stockholm, toutes les boutiques de souvenirs sont remplies de goodies et de t-shirts à l’effigie des Pippi Langstrom (Fifi Brindacier) et des Moumine car ces histoires ont été écrites en suédois par une finlandaise. Curieusement, il n’y a aucune référence à Nils Olgerson, je n’ai pas les bonnes références….

Ne connaissant pas les Moumine, j’ai découvert cet univers charmant avec ce Moumine le Troll. Les Moumines sont de gentils trolls qui vivent dans la vallée des Moumines, au bord du golfe de Finlande. La maisonnée comprend papa Moumine, Maman Moumine et leur rejeton mais aussi tout un tas d’hôtes : Renaclérican, Snorque et Mademoiselle Snorque (qui plait bien à Moumine), Snif…

Le livre est un recueil de petites histoires où Moumine et ses amis partent à l’aventure ; Moumine a trouvé un chapeau de magicien qui leur donne bien des surprises. C’est mignon et féérique.

Berlin, 1933

Daniel Schneidermann – Berlin, 1933 – La presse internationale face à Hitler – Seuil 2018.

L’origine de ce livre est liée à l’élection de Trump et à aveuglement des médias qui n’ont pas cru aux chances d’un rigolo inculte. Le parallèle avec 1933 est vite fait, même s’il est tendancieux.

Ce livre s’appuie sur de  nombreux témoignages et récits mais garde un côté très personnel car Schneidermann nous raconte aussi le déroulé de son enquête et de ses interrogations.

Bien sûr, ce qui est arrivé est incompréhensible. En fait les journalistes un peu agressifs ont été virés d’Allemagne très tôt, et les autres ont fait profil bas, voire ont dédramatisé,  pour rester en place. Certains ont envoyé des récits qu’il fallait décrypter entre les lignes, pas toujours évident quand on ne sait pas quoi chercher.

Mais comme pour Trump, la presse internationale est en état de sidération devant l’avancée du nazisme et elle est persuadée que le programme ne pourra pas être appliqué. D’autre part, l’anticommunisme fait voir d’un bon œil tout ce qui s’y oppose ; dans un climat fort d’antisémitisme, les patrons de presse juifs craignent d’être accusés de « faire la guerre des juifs » ce qui les encourage à la modération et les évènements en Allemagne sont souvent masqués par une actualité internationale tout aussi riche (par ex. Nuremberg est éclipsé par l’Erythrée).

Et pourtant, le livre montre bien que l’on savait tout de ce régime criminel depuis le début: dès 33, les premiers internés en camp de concentration étaient renvoyés à leur famille dans des petites urnes sans explication ; la déportation de masse est connue dès l’Anschluss et les exterminations de masse dès 1942.

Je n’ai pas dit qu’il mentait. J’ai dit que je le croyais pas. Mon cœur et mon esprit sont faits de telle manière que je ne peux accepter cela. Frankfurter, futur juge à la Cour suprême cité par Karski dans Shoah

Malgré tout, quelques voix se sont élevées, Dorothy Thompson, la presse communiste ou Georges Duhamel qui publie dans le Figaro un texte intitulé « Que voulez-vous faire des juifs. »

Le sang des Mirabelles

Camille de Peretti – Le sang des Mirabelles – Calmann Levy 2019.

Ce roman historique prend rapidement la forme d’un conte, ce qui le rend d’autant plus intéressant  lire.

Eléonore, fille du Lion, se marie au Seigneur Ours et sa sœur Adélaïde va rester avec elle alors que le père part en croisade. La jeune épousée tombe amoureuse du troubadour mais restera avec son seigneur pendant que sa sœur s’ennuie sous la férule de Cathaud, la sœur de l’Ours. Adélaïde va découvrir et se passionner pour la médecine avec l’aide d’un vieil apothicaire juif. Le destin des deux sœurs évolue rapidement quand le chapelain, amoureux éconduit, accuse Adélaïde de sorcellerie et qu’après la mort subite de l’Ours, Éléonore est spoliée de ses droits par le fils de Cathaud.

La forme de ce roman est très originale. L’utilisation de noms d’animaux (Salamandre, Abeille, Dragon, Loup, Rossignol…) comme nom des personnages sort le roman d’un cadre purement médiéval pour en faire une histoire universelle.

 

Vanillekipferl

Voici une alternative aux Kipferl de Christophe Felder, cette recette avec de l’œuf donne une texture un peu différente, les deux sont top !

Cette recette est parue l’an dernier dans Fou de pâtisserie (#32 Nov-dec 2018). Recette autrichienne à l’origine, elle est devenue new-yorkaise.

VanilleKipferl

FDP#32

Type de plat Petits gâteaux
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Bredele
Préparation 15 minutes
Cuisson 10 minutes
Repos 30 minutes
Temps total 25 minutes
Portions 50 pièces

Ingrédients

  • 250 g farine
  • 200 g beurre froid
  • 70 g sucre glace
  • 100 g poudre d'amandes
  • 2 jaunes d'oeufs gros
  • 1 CS lait froid
  • 1 sachet sucre vanillé 8 g
  • 1 pincée sel petite

Enrobage

  • 60 g sucre glace
  • 2 sachet sucre vanillé 16 g

Instructions

  1. Commencer par mélanger le sucre de l'enrobage pour que la vanille imprègne bien le sucre glace.

  2. Tamiser la farine dans un saladier. Couper le beurre froid en cubes et le mélanger à la main avec la farine (ou tout doucement au batteur).
  3. Ajouter le sucre glace, le sel, le lait, la poudre d'amandes et les jaunes.
  4. Mélanger l'ensemble jusqu'à obtenir une pâte homogène.
  5. Laisser reposer 30 minutes.
  6. Façonner la pâte en boudins de 5 cm et couper des tranches de 0,5 cm d'épaisseur.
  7. Déposer les tranches sur une plaque recouverte de papier cuisson et former des croissants.
  8. Laisser cuire 8 à 10 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés.
  9. Sortir la plaque du four, saupoudrer les biscuits encore chauds (laisser refroidir 1 minute) avec le mélange sucre glace-sucre vanillé tamisé.
  10. Bien enrober les kipferle, les rouler dans le sucre.

Notes

A tester à la noisette

Stockholm

Quelques souvenirs de cette ville très agréable, idéale pour un grand week-end.

Gamla Stan, la vieille ville
Une ville au bord de l’eau
Gamla Stan
Gamla stan
Gamla stan, place centrale
Rue de Gamla stan, avec vue sur Södermalm
Gamla stan
Gamla stan
Le Palais Royal, XVIIIe
La chapelle du palais, style baroque mais luthérienne
Stockholm s’ouvre sur un archipel de 30 000 iles,
Petite ile tranquille
et jolis propriétés à moins d’une heure en bateau de la ville
Le suédois facile
Très facile
Mobilier urbain orignal, plus joli qu’un simple plot de béton
Le musée nordique
Des oies partout
Le Vasa, qui a coulé lors de son inauguration
Soleil de 23h

L’Amérique indienne

America #9 – L’Amérique indienne – 2019.

Un numéro de America sur les indiens ne pouvait que intéresser et le dossier est à la hauteur de mes attentes.
David Treuer évoque l’héritage de Wounded Knee, point final à une longue phase de souffrances et de dépossessions, […] considéré comme la fin du mode de vie indien, mais aussi comme la fin d’un certain mode de vie américain ;  Jim Fergus nous livre sa rencontre avec Grand-Mère Margaret qui illustre la difficulté d’intégration des indiens et la rivalité encore présente entre peuples et Joseph Boyden pose la question de qui a le droit de se définir comme autochtone au travers d’un beau plaidoyer pour la tolérance.

Les indiens ont survécu et sont davantage que des fantômes, davantage que les vestiges d’un peuple qui fut autrefois un peuple heureux. Nous avons survécu, de plus en plus investis dans le substrat américain et de plus en plus influencés par lui-de même que, de notre côté, nous faisons de notre mieux pour l’influencer. David Treuer

Ce numéro offre une interview de Bret Easton Ellis et je n’aime pas plus le bonhomme que son œuvre (j’ai détesté American Psycho). J’ai beaucoup apprécie l’article sur la chute de marque Trump : « Les consommateurs n’associent plus son nom au luxe et à l’élégance, ni à l’esprit de l’entrepreneur conquérant qui a su dompter le Far-West. Aujourd’hui, on associe son nom au racisme, au sectarisme et à la haine. »

Plaidoyer pour le vin naturel

Eric Morin – Plaidoyer pour le vin naturel –  Nouriturfu 2019

Avocat, Eric Morin a beaucoup plaidé pour la défense de viticulteurs  « naturels » confrontés aux réglementations tatillonnes, notamment celles des appellations.

Avec pas mal d’humour et de dérision, cet opuscule offre une belle plaidoirie et relate 5 affaires qui mettent aussi en valeur l’étroitesse d’esprit de l’INAO.

Quelques rappels juridiques sur le vin et son étiquetage pointent aussi les lacunes de ce domaine ; par exemple un vin naturel n’est pas défini légalement et donc n’existe pas. En tant que consommateur, j’aimerais bien qu’il y ait un pourcentage de sulfites plutôt qu’une simple mention de leur présence. Ce pourcentage en dit beaucoup sur la culture de la vigne et l’élevage du vin, ce serait un premier pas en attendant d’identifier les différents intrants d’un vin « chimique. »

Ce petit livre est une initiation agréable aux problématiques du vin naturel, il ne rentre pas du tout dans la technique du bio, de la biodynamie, etc. mais rend sympathiques ces viticulteurs qui osent une approche différente.

 

L’été des quatre rois

Camille Pascal – L’été des quatre rois – Plon 2018.

Ce gros roman historique nous plonge dans les détails de la chute de Charles X et de son remplacement par Louis-Philippe. Le roman dépasse le cadre des Trois Glorieuses (27, 28 et 19 juillet 1830) et se poursuit jusqu’à l’exil de Charles X.

Tout commence par la publication d’ordonnances de Charles X, poussé par son ministre Polignac, qui rétablissent une monarchie absolue. Le but est affaiblir l’opposition libérale mais la bourgeoisie et le peuple ne se laissent pas faire.

L’opposition est menée par différents protagonistes, libéraux, révolutionnaires, ou simplement monarchistes favorables à un changement. Il y le banquier Lafitte qui défend les intérêts de la finance, Thiers qui s’agite avec son journal, La Fayette qui se rêve en Washington…. En quelques jours, on va passer d’une révolte populaire à une tentative de Révolution et de rétablissement de la République soutenu par la Commune de Paris ; mais les forces financières et conservatrices vont reprendre les rênes et promouvoir un régime « libéral » mais royaliste.

Alors que la Cour est à Saint Cloud, Paris s’enflamme. Le maréchal Marmont est chargé de défendre Paris mais cet ancien bonapartiste se fait déborder par l’insurrection. L’entourage de Charles X est pitoyable, à commencer par son benêt de fils, le duc d’Angoulême. Charles X et son entourage s’enfuient à Rambouillet ; le roi finit par abdiquer en faveur de son petit-fils, duc de Bordeaux, alors même que le duc d’Orléans est sollicité pour être Lieutenant général du Royaume puis roi.

Le style est un peu « ancien régime » mais ce livre est passionnant. Les évènements sont relatés dans le détail au travers des actions des différents personnages, ce qui donne un rendu très vivant et agréable à lire. Le souvenir de la Révolution ou de l’Empire sont encore très présents, les différents protagonistes ont vécu ces périodes et se positionnent en fonction de leur passé.  Les portraits sont loin d’être flatteurs et Thiers, La Fayette ou la famille royale en prennent pour leur grade.

 

Pannacotta

La pannacotta, c’est simplissime! je comprends pourquoi la plupart des restaurants en proposent, il n’y a quasiment rien à faire, si ce n’est trouver la bonne proportion…
Car la pannacota peut être soyeuse et excellente ou une espèce  de colle proche du mastic.

J’ai trouvé une celle qui me donne satisfaction dans le Fou de pâtisserie  de l’été 2018, avec une recette de Laura Zavan. Elle est excellente toute simple à la vanille, un zeste infusé lui donne du caractère et elle harmonise très bien avec des coulis, de compotes ou des fruits frais. On trouve plein de variantes : Felder met 150 g de sucre au lieu de 100, Mercotte moins de gélatine, testez et adaptez !

pannacotta
Pannacotta

Pannacotta

D’après Laura Zavan, Fou de pâtisserie #30, juillet-août 2018

Ingrédients

  • 1l crème fleurette
  • 100 g sucre blond
  • 1 gousse vanille
  • 8 g feuilles de gélatine (4)
  •  zeste 1 citron

Instructions

  1. Faire tremper la gélatine 10 minutes dans l’eau très froide
  2. Faire chauffer la crème avec le sucre, la gousse de vanille fendue et le zeste de citron
  3. Mélanger jusqu’aux premiers signes d’ébullition
  4. Retirer du feu, ôter la vanille et le zeste de citron
  5. Faire dissoudre la gélatine au fouet, laisser tiédir 5 min en mélangeant de temps en temps ou  éviter la formation de peau
  6. Verser dans des petits pots
  7. Laisser refroidir à température ambiante, couvrir d’un film alimentaire et laisser prendre au frais au moins 3 h
  8. Décorer avec la garniture de votre choix, fruits frais, coulis de fruits rouge, gelée d’agrume, amarena…

Variante

Remplacer la crème par un mélange lait (entier de préférence) et crème. On trouve pas mal de recette avec 1/3 lait, j’ai été jusqu’à 1/2 lait, 1/2 crème.

Dans cette variante, il faut 10g de gélatine par litre.

Notes

  • 8 g de gélatine par litre va très bien pour un service en pots, on peut mettre 10 g par litre si on veut démouler les pannacottas
  • aromatiser 4 CS marsala, rhum, fleur d’oranger

Panacotta sans gélatine

Pour les allergiques à la gélatine, on trouve aussi des recettes à l’agar-agar : 2 CS rases par litre de crème, il est recommander d’ajouter 1 CS de maïzena pour apporter onctuosité que ne donne pas ces algues et surtout de bien faire bouillir pour les activer.

J’ai préféré tester une recette plus traditionnelle repérée par Mercotte sur le blog Du miel et du sel. Le résultat est agréable, les proportions simples et faciles à adapter.

Ingrédients

  • 30 cl crème fleurette
  • 3 blancs d’œufs
  • 30 g de sucre
  • 1 gousse de vanille

Instructions

  1. Préchauffez le four à 110° chaleur tournante.
  2. Portez juste à ébullition la crème, ajoutez les graines de vanille et laissez infuser 10min.
  3. Dans un cul de poule, fouettez légèrement sans les monter les blancs d’œufs avec le sucre et versez-y progressivement la crème à la vanille.
  4. Versez ensuite ce mélange dans les verrines ou les ramequins choisis en les remplissant au 3/4
  5. Faites cuire au bain-marie environ 40min, les crèmes doivent rester tremblotantes.
  6. Laissez refroidir à température puis réservez au réfrigérateur.

 

City on fire

Garth Rish Hallberg – City on fire, traduit par Elisabeth Pellaert – Plon 2016.

Ce titre m’a été chaudement recommandé par des amis, il est donc remonté en position prioritaire dans ma liste « à lire » et je me suis tapé ses presque 1000 pages.

Ce livre est un phénomène car son auteur a touché 2 millions de dollars d’à-valoir. Phénomène financier et non littéraire car il a les défauts d’une certaine littérature qui ne sait pas couper les passages inutiles, littérature commise au kilomètre par des romanciers nombrilistes qui se regardent écrire et qui se complaisent dans le vide.

Ce roman commence le 31 décembre 1976 et se poursuit jusqu’en juillet 1979 avec le grand black out de New York. On y croise un bande de punks avec un simili gourou qui attire des ados un peu paumés sous prétexte de post humanisme ; une famille de bourgeois qui explose ; un peintre qui se drogue ; un journaliste revenu de tout ; un flic handicapé qui doit prendre sa retraite… rien que du réjouissant. Et le tout se déroule dans un New York sordide, ruiné, envahi par les drogués et les laissés pour compte.

Je n’ai pas du tout accroché, il y a pourtant une histoire de complot et un « Frère Démon » qui auraient pu sauver ce livre : les rockers et punks sont effrayants et leur verbiage rébarbatif ; les fanzines évoqués sont d’un ennui mortel ; les affres du golden boy ne sont que larmes de crocodile…. Il faut atteindre les pages évoquant la panne de courant pour que ce roman soit crédible, la cinquantaine pourrait faire une excellente nouvelle  autour de l’évocation du bordel ambiant et la description de la violence.

Zadig #1

L‘équipe du 1 et de America lance une nouvelle revue dédiée à la France. Cette nouvelle publication, moins littéraire que sa grande sœur, cherche à comprendre la France et ce premier numéro est tout à fait intéressant.

Fottorino nous explique le titre : « Zadig pour dire non au renoncement. Parce que le héros voyageur de Voltaire, malgré les épreuves qu’il traverse, trace son chemin avec obstination, sans abandonner sa quête de bonheur, sans jamais baisser les bras. […] Cette résilience, il la puise dans sa curiosité pour l’autre, dans son besoin d’écoute pour mieux comprendre. »

Ce premier volume remplit bien sa mission et alimente notre curiosité pour l’autre au travers de récits et de témoignages : la pêche au Guilvinec, une déambulation à Vierzon ou Le Creusot, Boyd qui raconte sa vie en Dordogne ou Kérangal qui évoque Le Havre.

Le volume offre aussi des interviews, celle de Rosanvalon est intéressante mais il faut absolument lire celle de Mona Ozouf que j’ai trouvé passionnante. Cette grande historienne a un parcours personnel très riche et ses propos sont tout à fait éclairants.

La France est d’abord une nation « idée ». Ce n’est pas un hasard si sa devise est Liberté, Egalité, Fraternité. Des concepts pas une figure.

L’égalité est une fiction. Mais c’est une fiction féconde qui a fait bouger le monde, l’ingrédient nécessaire du progrès.

La formidable dissemblance de notre temps avec 1789, c’est l’espérance. Les Gilets jaunes, c’est une révolte sans rêves. Une révolte sans récit, tout au moins sans récit de l’avenir…

Profil perdu

Hugues Pagan – Profil Perdu -Rivages 2017.

Ce roman commence comme un policier bien classique des années 60, avec un style émaillé d’argot pour faire bien polar. Mais une fois rentré dedans, j’ai apprécié les personnages, l’intrigue et surtout l’évolution du personnage central.

Meunier, inspecteur des stups, est tué le soir du réveillon  de 1979. L’enquête va être menée par Schneider, un ancien militaire encore hanté par ses souvenirs d’Algérie. L’équipe de Schneider est solide, lui-même fait la part des choses dans ses relations avec Monsieur Tom, puissance locale et ancienne relation d’Algérie. Ils arrêtent un suspect qui avoue bien vite, on ajoute une rivalité policière, un vol d’or et des trafics pour une histoire rondement menée et pleine de rebondissements.

Ce roman serait intéressant mais assez banal s’il n’y avait la rencontre entre Schneider et Cherokee. Le vieux briscard tombe follement amoureux de la jeune femme mais sans la mièvrerie des romances ; le polar devient un décor pour une histoire d’amour inconditionnelle et magnifique.