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La place

En recherchant ce que j’avais publié sur Annie Ernaux dans ce blog, je m’aperçois que j’ai déjà dû lire ce livre. Pourtant, je n’en ai aucun souvenir et sa lecture ne m’a rien évoqué.

La Place raconte la vie de son père mais avec une telle distance que ce roman n’a aucune émotion, aucune tendresse envers le personnage. Fils de paysan, son père est devenu ouvrier puis a pris un petit commerce. C’est un homme simple et discret raconté par des petits riens. Sa fille fait des études, devient bourgeoise et, comme son nouveau monde, dédaigne son père.

Le récit est tellement distancié qu’on dirait qu’elle a honte de ces souvenirs, de cette ascendance. Il me semble que ses autres livres faisaient montre d’un peu plus de sensibilité, à défaut d’empathie.

Annie Ernaux – La place – Gallimard 1983

Encore des sablés aux épices

La période de fin d’année se prête bien à ce genre de douceurs, j’ai déjà proposé ici des Sablés aux épices, voici une autre recette trouvée dans un vieux Fou de pâtisserie (FDP #20, 2016) avec un sablé plus aéré et un peu plus croustillant.

Sablés aux épices

  • 150 g de beurre mou
  • 135 g de sucre
  • 1 œuf (50g)
  • QS arôme de vanille
  • 285 g de farine
  • 1 pincée de sel
  • 1 grosse cc mélange pain d’épices
  • 5 g de levure chimique

Battre le beurre et le sucre pour obtenir un mélange crémeux, ajouter l’œuf et continuer à battre.
Tamiser la farine avec la levure, les épices et le sel. Verser en une seule fois et pétrir à vitesse moyenne pour obtenir une pâte bien homogène qui se détache des parois.

Filmer et laisser reposer au frais au moins 2 h (1 nuit, ça va bien).

Étaler la pâte bien froide et ferme sur 4 mm.
Détailler avec des emporte-pièces et poser sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Ne pas serrer car les sablés vont gonfler.

Faire cuire 10° à 170° dans le four préchauffé.
Laisser refroidir sur une grille avant de déguster ou décorer.

et miam !

Glace royale

Habituellement, je fais un glaçage assez simple, juste pour donner du brillant : soit eau et sucre glace pour recouvrir le biscuit, soit blanc d’œuf et sucre glace pour une couverture plus opaque ou des motifs. On se lance aujourd’hui dans un glaçage plus sophistiqué qui donne un résultat intéressant pour avoir du relief.

La recette est faite avec 50 g de blancs d’œufs, 250 g de sucre glace et 1 cc de jus de citron ; c’est beaucoup trop pour le nombre de biscuits réalisés.

Fouetter les blancs ; quand ils sont mousseux, ajouter le sucre en 3 fois, mélanger et ajouter le jus de citron.
Battre 5 mn à grande vitesse, on obtient une texture assez ferme, comme une meringue.

Pocher avec une douille fine (ou un cornet de papier, mais je n’y arrive pas) et réaliser des décors.
C’est beaucoup plus facile de décorer des sablés de bonne taille, au moins 5-6 cm.

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Les filles au lion

J’ai bien aimé et beaucoup fait lire Miniaturiste, roman historique assez original ; ce nouveau roman de Jessie Burton confirme son savoir-faire.

Une partie du roman se déroule dans les années 60. Odelle Bastien, originaire des Antilles anglaises, vit à Londres depuis quelques années, confrontée au racisme des Anglais ; elle se rêve écrivain mais végète en vendant des chaussures. Son destin va basculer avec son embauche comme dactylo à la galerie Skelton où Marjorie Quick la pousse à écrire. Lorsque son ami Lawrie présente le tableau qu’il a hérité de sa mère, les recherches sur le peintre font évoluer la relation avec Quick.

En alternance et en écho avec la période londonienne, le roman raconte la genèse de ce tableau, dans l’Andalousie de 1936 où les Schloss, le père est marchand d’art, louent une villa. Isaac Roblès et sa sœur Teresa vont s’immiscer dans cette famille et devenir intimes avec Olive Schloss, jeune fille de 19 ans, sur fond de prémisses de guerre civile et de peinture.

Ce roman mêle un fond historique, des histoires d’amour et de peinture. On reste un peu sur sa faim dans certains développements mais les descriptions de tableaux ou de paysages sont très réussies, les personnages et leurs péripéties crédibles, de quoi faire un bon roman détente qui se lâche difficilement car on envie de connaître la fin.

Jessie Burton – Les filles au lion, traduit par Jean Esch – Gallimard 2017

La vie des 12 Césars

SuetoneJ’ai enfin terminé ce livre commencé il y a plus de 2 ans mais j’ai parfois de drôles de lectures ! j’ai été long mais il faut avouer que la traduction est vieillotte, les récits sont très répétitifs et que cette bande de cinglés pervers n’a rien pour plaire. Obélix l’a bien dit : « Ils sont fous ces Romains ! »

Suétone nous retrace dans cet ouvrage la vie des premiers empereurs en adoptant pour chacun une approche plus thématique que chronologique : il retrace l’origine et les hauts faits des ancêtres, il détaille la carrière et l’action politique avant de dresser un portrait plus personnel centré sur les mœurs, l’apparence, les superstitions (ils ont tous peur des orages) et de terminer par les présages et circonstances de la mort (moins de la moitié des empereurs meurt dans son lit). Cet historien est aussi l’auteur du De viris qui fait les beaux jours des version latines.
Ce livre a eu le mérite de me faire faire des recherches sur la civilisation (par ici) et l’histoire de Rome car Suétone fait référence à des faits ou des événements qui lui semblent évidents, comme les guerres civiles de Sylla.

Les 12 Césars sont :

  1. César :  Caius Julius Caesar, au pouvoir de 49 à 44 av JC
  2. Auguste : Caius Julius Caesar Octavianus, 31 à 14 av JC
  3. Tibère : Tiberius Claudius Nero, puis Tibierius Julius Caesar après son adoption, 14 av JC à 37 ap JC
  4. Caligula : Caius Julius Caesar, 37-41
  5. Claude : Tiberius Claudius Nero Drusus Germanicus, 41-54
  6. Néron : Lucius Domitius Athenobarbus, puis Tiberius Claudius Drusus Germanicus Caesar, 54-68
  7. Galba : Servius Sulplicius Galba, 68-69
  8. Othon :  Marcus Salvius Otho, 69
  9. Vitellius : Aulus Vitellius, 69
  10. Vespasien : Titus Flavius Vespasianus, 69-79
  11. Titus : Titus Flavius Sabinus Vespasianus, associé à Vespasien à partir de 71, seul 79-81
  12. Domitien : Titus Flavius Domitianus, 81-96
    qui seront suivis par Nerva,Trajan, Hadrien, Antonin le pieux, Marc Aurèle, Lucius Aurelius Verus, Commode, Septime Sévère, Caracalla, Macrin,Héliogabale, Sévère Alexandre, Aurélien, Dioclétien et Constantin.

Le découpage des chapitres n’a rien d’évident et le récit de Suétone n’aide pas à la lecture : ses portraits sont outrés, il magnifie les qualités, aggrave les défauts et se complait à décrire les vices, tant et si bien que j’ai saturé avec Néron et fait un longue pause avant de reprendre ce livre.

Le style n’est pas facile et mal servi par une traduction qui a gardé un style ampoulé, sans moderniser le récit ; les noms de lieux  sont souvent traduits (Capri devient l’île de Caprée) ; les prénoms sont réduits aux initiales (L pour Lucius, Ti pour Tiberius, M pour Marcus…) et, pour nous perdre un peu plus, les dates font référence aux consuls en titre et pas à un ordre numérique.

J’ai pris quelques notes et je reviendrai sans doute sur ces despotes issus de familles tuyau de poêle où l’endogamie et l’adoption des neveux sont la règle. A côté des filiations romaines, nos familles recomposées sont simples.

En résumé : César et Auguste sont magnifiques ; Tibère et Caligula ont un beau début mais tournent vite à la catastrophe ; Claude redresse la barre et Néron détruit tout l’édifice ;  après une période de troubles, Vespasien, malgré ses défauts, rend son lustre à l’empire ; son fils Titus suit sa voie mais meurt très vite et son second fils, Domitien, se transforme en tyran détesté avant d’être assassiné.

Suétone – La vie des douze Césars, traduit par Henri Ailloud (Belles Lettres 1931) – Folio 1975

Astérix et la transitalique

Un bon Astérix nous fait rire des travers de notre société, et celui-ci remplit tout à fait son rôle en s’attaquant au sport de compétition sponsorisé.

Accusé de détourner à son usage les fonds destinées à l’entretien des voies romaines, le sénateur Bifidus donne le change en organisant une course de chars qui traverse la péninsule italienne. Et comme Obélix vient d’acheter un char de course, il va participer avec son compère à la course transitalique.

Cette course est ouverte à toutes les nationalités. Astérix et Obélix vont se confronter à des Sarmates, Normands, Cimbres, Goths, Lusitaniens… tous dominés par le concurrent romain, Coronavirus. Il y a sans doute trop de monde, le scénario peine à mettre en valeur les différents concurrents et certains gags tombent à plat, comme la présence des pirates.

L’album est parsemé de bons mots et les noms des personnages nous font bien rire, on retrouve ici l’adn de la série. En revanche l’histoire se disperse un peu malgré de bonnes idées.

Ferri et Conrad – Astérix et la transitalique – Albert René 2017

Atlas des empires

Cet Atlas coproduit par Le Monde et La Vie aborde le sujet de façon plus traditionnelle, chronologique, que les précédents, consacrés aux civilisations, minoritésvilles

C’est une excellente ressource pour avoir une bonne compréhension de la succession des empires antiques et de leurs interactions. La seconde partie est consacrée aux empires islamiques et m’a éclairé sur les différences entre empires abbassides, fatimides, seldjoukides, mamelouks…

Patrice Gueniffey nous dit dans un des entretiens que « la nostalgie de l’empire n’a pas quitté l’Europe » et les différents chapitres sur les empires européens ou coloniaux retracent utilement leurs développements.

La dernière partie tente de définir où est le pouvoir aujourd’hui alors que se côtoient le softpower indien, les ambitions d’un califat, un désir russe et que les multinationales imposent un mode de vie qu’elles contrôlent.

La question de l’Europe est posée à plusieurs reprises. Ce n’est pas un empire, car il n’y a pas d’hégémonie d’un pays, mais une alliance fondée sur le droit et la raison avec un intérêt communautaire ; le risque étant qu’elle ne devienne qu’une AG de copropriétaires.

Atlas des empires – HS Le Monde La Vie 2016