Tous les articles par JMP

Alfama

Nous avons commencé le séjour à Lisbonne avec une visite de 3 heures qui nous a permis de découvrir la diversité de la ville. Le week-end était consacré à la promenade et la flânerie, sans musées, et la position centrale de notre hôtel nous a permis d’arpenter les rues des différents quartiers. Celui qui a eu notre préférence et où nous nous sommes le plus promené est l’Alfama.

Alfama

L’Alfama, colline qui descend vers le Tage et dominée par une place forte, est le site historique de Lisbonne déjà occupé par les Carthaginois puis par les Romains qui ont laissé des vestiges. La ville a ensuite été occupée par les Suèves et les Wisigoths, puis par les Maures à partir de de 714. Enfin, Dom Afonso Henriques, roi du jeune royaume du Portugal reconquiert la ville en 1147. Les vestiges médiévaux sont présents mais le passé maure de la ville semble occulté. En pourtant, la structure de ce quartier, et même son nom, sont bien d’origine arabes.

Cas dos bicos

En partant du Tage, on admire la façade d’une maison du XVIe siècle au décor en pointes de diamants qui évoque les richesses apportées des colonies. Ensuite, on enfile des ruelles et des escaliers qui grimpent la colline.

Rue de l’Alfama
Alfama

C’est dans ce quartier de l’Alfama que l’on trouve aussi de nombreux restaurants à fado où le repas est accompagné par la musique. Le soir, des éclats de chansons s’échappent des gargotes, nous n’avons peut-être pas eu le récital du siècle, mais c’était bien agréable.

Rue de l’Alfama

Au milieu du quartier, se dresse la cathédrale médiévale -la Sé-, bâtie à la place d’une mosquée. Juste à côté d’elle, se trouve l’église saint Antoine, édifiée sur l’emplacement de la maison natale de St Antoine de Lisbonne, connu partout ailleurs comme St Antoine de Padoue ; Lisbonne est sous le double patronage de St Vincent et de St Antoine.

La Sé, cathédrale de Lisbonne

Encore une petite grimpette pour arriver au belvédère de Portas do Sol dominant l’Alfama et le Tage et qui offre une belle vue sur Sao Vicente da Fora et le dôme de Santa Engracia, un des panthéons de Lisbonne.

Alfama, vue du Miradouro Portas do Sol

A côté, l’église Santa Luzia, aux flancs ornés d’azuléjos, offre aussi une esplanade avec une belle vue sur le Tage et la ville basse.

Alfama, Eglise Santa Luzia
Azulejos au Miradouro de Santa Luzia

Enfin, tout en haut, on arrive au château, Castelo São Jorge. Une première porte donne accès au quartier Santa Cruz, avant d’accéder à la forteresse enfermée dans les remparts. On voit bien la structure de défense du château avec plusieurs enceintes qui entourent le donjon. Là aussi, le château médiéval a succédé aux constructions romaines et maures dont les archélogues ont retrouvé la trace ; l’ensemble a été abandonné aux militaires avant d’être restauré sous Salazar. Le cadre est très agréable, avec de belles vues sur la ville, des arbres qui ombragent les cours, des paons qui mettent de l’animation.

Baixa et le Tage vus du château
Castelo São Jorge, le donjon

En quittant le château, nous avons rejoint le couvent São Vicente da Fora en passant par quelques ruelles moins touristiques. La visite de ce monastère vaut le détour car il offre la vision onirique d’un monde bleu et blanc : les murs blancs sont tous rehaussés d’une base d’azuléjos, dans les cloîtres, les couloirs, les escaliers, les différentes pièces.

Le tram de Lisbonne
São Vicente da Fora, le cloître
São Vicente da Fora, azulejos du cloître
São Vicente da Fora, azulejos

44 Scotland Street

L’auteur de ce livre avoue s’être inspiré des Chroniques de San  Francisco d’Aristead Maupin, il en produit un piteux pastiche. Publié en feuilleton dans The Scottsman, ces Chroniques d’Edimbourg ont pourtant connu le succès : 10-18 rassemble les 3 premiers tomes dans un gros volume et d’autres ont suivi car le 7e est déjà publié.

Pat, étudiante en année sabbatique (la 2e !), recherche une colocation et emménage dans l’appartement de Bruce, un beau mec très narcissique. On découvre peu à peu d’autres occupants de l’immeuble et surtout Bertie, le jeune prodige affublé d’une mère très envahissante et névrosée. Pat trouve un travail dans une galerie d’art dirigée (si peu !) par Matthew, jeune fils à papa mollasson et pas très doué. Ce volume est axé autour des émois de Pat, d’une improbable histoire autour de l’attribution d’un tableau et de l’analyse de Bertie.

J’ai pu croire l’espace d’un très court instant que ces chroniques tiendraient de la Vie mode d’emploi mais c’est juste une illusion, ce roman est plutôt à classer en chicklitt. Des personnages falots, une histoire qui tire à la ligne et qui se traine, un style (ou la traduction ?) assez plat… pas grand chose pour me plaire. Les personnages de Maupin incarnaient un style de vie, une époque et n’étaient pas tristement ordinaires ; ici, il n’y a que des bourgeois, à peine bobos. J’aurais sans doute dû m’esclaffer lorsque Bruce se questionne sur l’importance du slip avec le kilt, mais je ne suis pas sensible à ce genre d’humour. J’arrête à la fin de ce volume, et j’ai eu du courage d’aller au bout.

Alexander Mc Call Smith – 44 Scotland Street, traduit par Elisabeth Kern – 10-18 2007

Belem

Belem se trouve à quelques kilomètres du cœur de Lisbonne et fait partie de son agglomération, on la rejoint en prenant le tram depuis la Praça do Commerco. Ancienne résidence royale après le tremblement de terre de 1755, son palais est maintenant la résidence du président de la République portugaise.

Belem est située à l’embouchure du Tage et abrite deux merveilles de l’art manuélin, variante du gothique flamboyant avec une surabondance de décors qui font parfois penser à des motifs Renaissance. Le style manuélin, du nom de Manuel 1er roi du Portugal de 1495 à 1521, se reconnait aussi par les cordages et motifs marins et les symboles royaux, sphère armillaire et croix de l’ordre du Christ.

Le monastère des Hiéronymites commencé en 1502 est assez impressionnant de l’extérieur, le portail latéral de l’église est très richement sculpté. L’église est d’époque, le bâtiment à gauche a été ajouté ultérieurement mais s’accorde bien à l’ensemble et abrite différents musées.

Belem, Monastère des Hiéronymites
Belem, Monastère des Hiéronymites

Dans l’enceinte, on arrive très vite dans le cloître qui m’a littéralement subjugué. Un grand carré bordé de 2 galeries superposées où chaque arcade est divisée en deux par une colonnette, différente de la précédente et magnifiquement sculptée.

Belem, Monastère des Hiéronymites – Le cloître
Belem, Monastère des Hiéronymites – Le cloître

La fontaine centrale à disparu, les moines avaient un bel espace à disposition. Une série de portes ouvre sur des confessionnaux : à l’embouchure du Tage, le monastère était la dernière possibilité de se confesser avant de longues expéditions ou, au contraire, la première occasion au retour…

Belem, Monastère des Hiéronymites – Le cloître
Belem, Monastère des Hiéronymites – Le cloître
Belem, Monastère des Hiéronymites – Le cloître
Belem, Monastère des Hiéronymites – le cloître
Belem, Monastère des Hiéronymites – le cloître

La salle capitulaire et le réfectoire sont ouverts sur le cloître. Le réfectoire est orné d’azulejos avec des motifs religieux.

Belem, Monastère des Hiéronymites – Le réfectoire
Belem, Monastère des Hiéronymites – Azulejos du réfectoire

Le cloître donne accès à une tribune qui offre une belle vue sur l’église Sainte-Marie. L’église abrite les tombeaux de Vasco de Gama et Camoes ainsi que quelques rois, dont Manuel 1er, et princes. La voute est impressionnante ; le chœur, refait dans un style classique est inintéressant.

Belem, Monastère des Hiéronymites – L’église
Belem, Monastère des Hiéronymites – L’église

A quelques pas du monastère, le long du Tage on trouve le Monument des découvertes. Évocation des grands navigateurs et explorateurs, ce monument qui évoque les voiles et la proue d’un navire est un peu pompier. On peut monter au sommet, je ne l’ai pas fait.

Belem, monument des Découvertes
Belem, monument des Découvertes

Un tout petit peu plus loin, la Tour de Belem veille sur l’embouchure du Tage. Forterese militaire, symbole fort du Portugal, la tour est assez élégante. La montée au sommet n’apporte pas grand chose, sinon une belle vue sur le Tage.

Tour de Belem
Tour de Belem

Et bien entendu, nous avons terminé la promenade avec des Pasteis de Belem !

Petite pause gourmande

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Lisbonne

Une petite virée de 3 jours à Lisbonne permet de découvrir tranquillement la ville. Nous avons beaucoup marché, et grimpé, mais sous un beau soleil printanier.

La ville est au bord du Tage et entourée de collines. Sur l’une d’elles, le château domine les quartiers de l’Alfama et de Mouraria ; sur une autre, courent les rues commerçantes de Chiado et les ruelles du Bairo Alto et entre les deux, le quartier de Baixa qui a été reconstruit après le tremblement de terre de 1755.

Baixa commence par une superbe place bordée de ministères, Praça do comercio, qui longe le Tage. Tous les immeubles de Baixa se ressemblent, même structure, même fenêtres. Malgré l’uniformité du style « pombalien » (c’est le marquis de Pombal qui a lancé la construction de ce quartier), les rues ont une extraordinaire variété car certains bâtiments sont recouverts de crépis de couleur et d’autres recouverts de carreaux de faïence, les fameux azulejos. Beaucoup d’immeubles sont en réfection ou ont été rénovés mais il reste beaucoup à faire pour que cette ville soit resplendissante.

Praça do comercio
Praça do comercio, l’arc de triomphe de la Rue Augusta
Baixa
Lampadaire avec le symbole de Lisbonne : les 2 corbeaux qui ont accompagné le corps de St Vincent.
Immeuble typique de Baixa

A l’autre bout de Baixa, 3 places donnent de l’espace à la ville où je ne me suis jamais senti enfermé. La gare de style néo-manuélin sur la place Rossio a beaucoup de charme.

Gare de Rossio

Pour aller vers le Chiado, les rues grimpent et sont concurrencées par l’elevator San Justa érigé par un élève de Eiffel il y a un siècle. La quartier a survécu à un grand incendie en 1988 et abrite de nombreux commerces. Il reste de belles boutiques, dans leur jus début XXe, même si les marques sont plutôt internationales. Lisbonne abrite la plus vieille libraire en activité, ouverte par un français en 1753, bien entendu nous sommes allé la voir !

Elevator de San Justa
Chiado, maison avec allégories franc-maçonnes en azulejos
Chiado

La Bairro Alto est l’ancien quartier résidentiel de Lisbonne, avant la reconstruction du XVIIIe. Les rues sont bordées de maisons anciennes crépies ou recouvertes d’azulejos, c’est maintenant le quartier de la vie nocturne. Deux églises remarquables dans cette zone : les vestiges du couvent des Carmes dont  les arches épargnées par le tremblement de terre dominent la ville et St Roch.

Bairro alto
Couvent des Carmes vu depuis Baixa

La promenade se termine au belvédère d’Alcantara, avec un belle vue sur Lisbonne et son château.

Vue du Miradouro Sao Pedro d’Alcantara

Nous avons bien marché, il fallait reprendre des forces et nous nous sommes arrêtés pour tester la spécialité locale, les pasteis de nata. Ces petits flans sont excellents, je ne me lancerai pas à les faire car tout réside dans la pâte feuilletée (voir la recette sur le site La cuisine de Bernard) et pour moi les meilleurs sont ceux de Manteigaria place Camoes.

Enregistrer

Enregistrer

Le Felder

Felder patisserie-ultimeChristophe Felder est un chef sans doute un peu moins médiatique que Michalak ou Conticini mais il est largement plus pédagogue. Au fil de mes pérégrinations numériques, j’ai pu constater que ses recettes étaient toujours précises, exactes, faciles à suivre… et bonnes. C’est aussi un des rares pâtissiers à avoir la délicatesse d’offrir des recettes sur son site.

Son livre phare est le pavé Patisserie, l’ultime référence. Cette bible rose se repère bien, c’est un des best-sellers du domaine et c’est justifié. Ce gros volume de 800 pages rassemble plus de 300 recettes en 9 thèmes qui satisfont largement la gourmandise : pâtes et tartes, crèmes, décoration, gâteaux classiques, chocolat et petites bouchées, gâteaux de l’Avent, macarons, brioches et viennoiseries et mignardises.

Chaque recette est illustrée par un pas à pas en photos qui complète très utilement les explications et les recettes de fondamentaux ont toujours une ou plusieurs recettes en application.

J’ai adopté sa recette de crème chocolat, sa crème au beurre légère (vraiment légère en bouche même si c’est une bombe calorique), les roulés au figues… je compare toujours sa recette et son coup de main lorsque je fait une recette et j’ai encore pas mal de choses à tester.

Un seul bémol, le livre est tellement gros et lourd qu’il ne se manipule pas si facilement, j’ai toujours peur que la reliure me reste dans les mains mais cela ne m’empêche pas de le consulter.

Christophe Felder – Pâtisserie ! l’ultime référence – La Martinière 2010

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Dans les forêts de Sibérie

Je n’ai entendu que du bien de ce livre mais je ne partage pas cette unanimité, j’ai trouvé ce récit verbeux et nombriliste.

Tesson part en plein hiver pour passer 6 mois dans une cabane dans les bois, dans une réserve naturelle qui borde le lac Baïkal. Il fait -30°C quand il débarque et il se protège en engloutissant de grands quantités d’antigel ; la vie est peut être simple au fin fond de la Sibérie mais il avale des litres de vodka, dès le lever, pour la supporter…

Donc vodka, lectures, randonnées au menu ; et les visites des potes car on a beau être à 5 heures de marche du premier voisin, la solitude ne vaut que pour être rompue. Tesson a emporté un stock de livres, nous sert quelques citations et pensées sur les auteurs mais l’intello-ermite ne produit que des aphorismes de comptoir. En fait, je ne supporte pas les alcoolos et Tesson me semble un sacré sale con prétentieux même quand il se fait larguer par texto (reçu par téléphone satellite) et ne devient sympathique que lorsqu’il recueille 2 chiens.

Ce récit très égocentrique évoque trop rapidement les rencontres, la vie des Russes qui ne l’intéressent que comme compagnons de saoulerie. Tesson a toutefois du style et du vocabulaire, il fait quelques brèves mais jolies descriptions de la nature qui l’environne, devient élégiaque quand le printemps arrive et nous fait partager le bouleversement de la nature. Il est dommage que ces descriptions soient trop brèves et décousues.

En fait, je trouve ce mec assez antipathique, plein de suffisance et pathétique. Il joue en permanence au petit marquis méprisant déguisé en homme des bois, sa façon d’étaler sa culture est  désagréable, et je ne l’ai presque jamais trouvé sincère.

Si on veut du récit de voyage, autant lire Twain et si on s’intéresse aux Russes, reprendre Les nouvelles du bourbier.

Sylvain Tesson – Dans les forêts de Sibérie – Gallimard 2011

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer