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Cent ans

Herbjørg Wasmo – Cent ans, traduit par Luce Hinsch – Gaïa 2011.

Comme Le livre de Dina, ce roman nous emmène dans le Nordland norvégien. Il évoque les femmes de la famille de la narratrice sur quatre générations au travers d’histoires se déroulant principalement du milieu du XIXe au milieu du XXe. Le roman n’est pas linéaire, le mélange des récits ne facilite pas toujours la compréhension, mais nous sommes captivés par ces destins.

Sara Suzanne, l’aïeule née en 1842, épouse Johannes Krog. Ils s’installent à Havnnes où ils gèrent un comptoir qui tient tout autant de la ferme que du port de pêche et du lieu d’échanges. Sara Suzanne sert de modèle à un peintre pasteur, aventure qui donne une incise moyennement convaincante. Elida, sa cadette, est mariée à Fredrik et le couple doit abandonner son domaine de Rosenhaug pour que le mari puisse de faire soigner à Oslo. Enfin, Hjørdis, cadette d’Elida, rencontre Hans avant la 2nde Guerre mondiale ; ils s’installeront à Øksnes après guerre et auront une fille nommée Herbjørg. Le rapport de la narratrice à son père est assez lourd, on suspecte des violences mais elle ne s’attarde pas dessus.

Le roman se déroule dans différentes îles et les Lofoten, dans une Norvège qui reste très traditionnelle. Les familles ont une flopée d’enfants, la pêche reste l’activité principale, et la modernité arrive petit à petit. Des portraits de femmes intéressants mais le roman reste un peu confus.

 

Une colonne de feu

Ken Follett – Une colonne de feu, traduit par Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas – Robert Laffont 2017.

Après Les piliers de la Terre, qui racontait l’édification de l’abbaye de Kingsbridge au XIIe siècle, et Un monde sans fin, centré sur l’abbaye au XIVe, ce roman se déroule à la fin du XVIe et n’est plus centré sur Kingsbridge. Les personnages principaux viennent de la ville et de ses environs mais l’histoire se déroule dans toute l’Europe, sur fond de guerre de religion.

L’histoire commence en 1558 sous le règne de Marie Tudor et se termine en 1620 sous le règne de Jacques Ier après avoir couvert celui d’Elisabeth. Une des intrigues est bien entendu liée à un amour contrarié, mais la lutte des Catholiques et des Protestants offre largement de quoi alimenter le suspens, avec la lutte perpétuelle entre la tyrannie et la tolérance.

Le personnage principal est Ned Willard, fils de commerçants de Kingsbrigde ruinés par une décision inique en faveur de l’abbaye et la prise de Calais par les Français. Il se met au service d’Elisabeth, pas encore reine, et deviendra l’un de ses espions.

La période est politiquement compliquée : Phillipe II d’Espagne est marié à Marie Tudor ; Marie Stuart, reine d’Ecosse est mariée au roi de France et nièce des Guise ; les Espagnols se battent en Flandre et aux Pays-Bas, terres du roi d’Espagne,  contre la poussée de la Réforme…
La période française est bien développée avec la recherche d’influence de Guise, les mouvements de balancier entre tolérance et intolérance envers le culte protestant, avec la Saint Barthélémy en point d’orgue.

J’avais beaucoup aimé les précédents, celui-ci m’a semblé encore plus passionnant, Ken Follett a su se renouveler et a une approche pédagogique de l’Histoire qui rend le roman encore plus intéressant.

Shortbreads à la noisette

Le shortbread est la quintessence du sablé, tout simple et diablement bon, plein de beurre et pas trop sucré. La recette de Bergamotte (Sucrissime) est excellente et super facile.

J’ai trouvé un moyen de rendre cette recette encore plus savoureuse en utilisant du muscovado qui parfume mais surtout en y intégrant de la farine de noisettes. Le muscovado, sucre de canne non raffiné, se trouve aisément dans les épiceries bio mais la farine de noisettes est beaucoup plus rare. Cette farine est obtenue avec les fruits qui ont été pressés pour extraire l’huile de noisettes, et ensuite broyés. Donc, il faut un moulin qui fasse huilerie, j’ai un dealer qui m’en ramène de Charentes !

La farine de noisettes est très goûtue, il suffit de remplacer 10% de la farine par cette poudre magique, je pousse facilement à 15%. Ça marche pour les sablés, les cakes, toute la pâtisserie !

Shortbreads noisettes

D’après la recette Sucrissime

Pour une 40e de sablés (selon taille)

Ingrédients

  • 100 g sucre
  • 200 g beurre
  • 270 g farine
  • 30 g farine de noisettes

Instructions

  1. Pétrir les ingrédients jusqu’à ce que la pâte s’amalgame.
  2. Étaler sur une épaisseur de 0,5 à 0,7 cm. Ces sablés supportent un peu d’épaisseur, le shortbread fait 1 bon cm
  3. Découper à l’emporte-pièce et déposer sur une feuille de papier sulfurisé ou un Silpat. Je choisis des emporte-pièces de 4 ou 5 cm car j’aime les petits sablés (on eut en reprendre puisqu’ils sont petits !)
  4. Cuire 30 minutes à 150°C dans le four préchauffé
  5. Manipuler avec précaution à la sortie du four, comme tous les sablés

Ces sablés seront plus colorés que les shortbreads traditionnels.
Régalez vous !

 

 

Homo Deus

Yuval Noah Harrari – Homo deus, une brève histoire de l’avenir, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat – Albin Michel 2017.

Après Sapiens qui traitait de l’histoire de l’humanité, et que j’ai bien aimé, Harari nous inflige une resucée avec Homo deus. Ce livre m’a barbé, vous l’aurez sans doute compris, et j’ai mis un temps fou à le finir. Autant j’avais apprécié le récit du développement de Sapiens, la partie plus liée à la philosophie ne m’avait pas enthousiasmée, et ce livre insiste beaucoup dessus….

Plus de la moitié du livre reprend et résume Sapiens ; la suite met en valeur la domination du libéralisme, menacé par le techno-humanisme et les algorithmes. Ces arguments développés dans les 50 dernières pages du livre sont le seul intérêt de ce gros ouvrage. Toutefois, et c’était déjà valable pour Sapiens, on aimerait bien que le récit soit plus étayé par des sources ; il y a certes un peu de biblio, mais c’est léger et semble partial. Le livre est-il une vison personnelle ou une synthèse de l’état des sciences ? Je penche pour la première hypothèse, avec un doute sur la légitimité de son auteur.

L’aube sera grandiose

Anne-Laure Bondoux – L’aube sera grandiose – Gallimard 2017.

Nine est emmenée par sa mère dans un chalet qu’elle ne connait pas. L’adolescente se rebelle d’abord contre sa mère qui lui fait manquer un fête, l’éloigne de ses copines et de son amoureux secret ; mais sa mère va passer la nuit à raconter sa vraie vie, celle qu’elle avait toujours cachée, et lui faire découvrir l’histoire de sa famille, celle de Rose-Aimée et de ses enfants, Titania et les jumeaux Orion et Octo.

Le récit alterne entre la nuit et le récit de l’enfance de Titania. La relation mère-fille est parfois tendue mais l’ado n’est pas si grognon ni rebelle et se plie aisément aux volontés de sa mère. Il faut avouer que ce n’est pas banal de se découvrir une famille, et que celle-ci n’est pas la plus ordinaire. De plus, le secret peut être levé car les risques ont disparu, cela ajoute un peu de suspens à l’histoire.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui s’appuie sur des personnalités intéressantes et un argument tout à fait plausible. Je ne vois pas la différence entre littérature « jeunesse », pour ados, et les romans pour adultes ; ce roman se situe dans la catégorie des bons livres, ça suffit comme classification.

America #8

America N°8, De la race en Amérique – Hiver 2019.

François Busnel (La Grande librairie) et Eric Fottorino (Le 1) ont créé la revue America, l’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue pour pouvoir décrypter les USA après l’accès au pouvoir de Trump. Chaque numéro développe une thématique, je découvre la revue avec ce numéro 8 et je suis sous le charme.

America est une revue qui donne la parole aux écrivains. Ce gros volume de près de 200 pages (on peut dire mook pour frimer) publie une très longue interview de Russel Banks et me donne envie de lire Pourfendeur de nuages ; il propose un texte de Richard Ford sur l’Amérique proTrump et de Léonor de Récondo sur son expérience bostonienne. Le dossier consacré au racisme publie un inédit de James Baldwin et interroge de nombreux écrivains noirs ou immigrés aux US sur leur rapport au racisme. J’ai été très intéressé par la plupart d’entre eux, surtout Jesmyn Ward, et j’ai ajouté quelques ouvrages dans ma liste des envies de lecture.
En plus de l’actualité, la revue intéresse à un ouvrage et en donne un extrait (bilingue) ; j’ai ainsi redécouvert Le Cœur est un chasseur solitaire de Carson MC Cullers.

J’ai bien aimé ce numéro, la même équipe va sortir un équivalent consacré à la France, Zadig, je vais suivre de près.

 

 

La disparition de Stephanie Mailer

Joël Dicker – La disparition de Stephanie Mailer – de Falois 2018.

Ce roman est un polar grand public avec un suspense maîtrisé mais pas haletant. J’avais aimé les arcanes de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, ce roman est beaucoup moins surprenant.

L’histoire est basée sur la réanalyse d’une enquête policière. Alors qu’il s’apprête à partir en retraite, Jesse est interpellé par une jeune femme, Stephanie Mailer, qui lui annonce qu’il a foiré l’enquête pour quadruple meurtre menée 20 ans plus tôt. Sur les entrefaites, Stephanie disparait.

Jesse enquête sur la disparition avec la police locale, représentée par Anna, et découvre que Stephanie a bel et bien disparue, enlevée puis tuée et que son meurtre a peut être un lien avec l’enquête qu’elle menait sur le quadruple assassinat. Nos enquêteurs rouvrent leurs dossiers et découvrent de nouveaux indices.

Tous les éléments de la recette du polar sont dans ce livre, avec un zeste de page-turner : cela sent un peu trop le roman formaté. Bien sûr, il y a des fausses pistes, sinon ce ne serait pas drôle ; il y a une galerie de personnages, dont certains sont assez intéressants, et l’incontournable secret qui hante les flics mais  j’ai  trouvé que le livre était un peu longuet et s’essoufflait par moment, il y a bien une centaine de pages de trop.

Moelleux à la châtaigne

J’aime le goût de la châtaigne et ce goût peut se retrouver dans les gâteaux en utilisant de la farine de châtaignes. On en trouve facilement, toutefois cette farine donne des préparations assez denses, et je suis toujours à la recherche du sablé châtaignes goûtu mais friable.

J’ai testé plusieurs recettes de moelleux, la plupart propose de mettre 1 cuillerée de crème de marrons pour obtenir le moelleux, 1 cuillère sur un pot de 500g… Celui de Lignac est beaucoup plus simple et  m’a bien plu, mais je le propose un peu moins sucré.

Ingrédients

  • 60 g farine de châtaignes
  • 55 g chocolat au lait
  • 75 g sucre
  • 2 œufs
  • 110 g beurre pommade

Instructions

  1. Préchauffer le four sur 190°C
  2. Couper le chocolat en morceaux et le faire fondre (bain-marie ou micro-ondes)
  3. Battre les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse
  4. Ajouter le chocolat fondu avec le beurre pommade et remuer
  5. Incorporer la farine de châtaignes,
    Bien mélanger jusqu’à obtenir une pâte lisse et sans grumeaux,
  6. Remplir des moules individuels aux 2/3, enfourner et laisse cuire 9-10 minutes
  7. Laisser refroidir un peu avant de démouler

Suggestion de présentation

On peut faire 4-5 gros, le goût de chocolat ressort, ou une 10e de petits (ma préférence)

Peut se servir tiède avec une boule de glace vanille

 

Avenue des mystères

John Irving – Avenue des mystères, traduit par Josée Kamoun et Olivier Grenot- Seuil 2016.

Ce roman reprend pas mal des thèmes chers à Irving, la tolérance, la liberté sexuelle, l’écriture… mais il est un peu brouillon et je le catégorise dans les romans mineurs de cet auteur.

Le voyage aux Philippines de Juan Diego Guerrero, un écrivain américain d’origine mexicaine, sert de prétexte à cette histoire un peu décousue. Irving nous fait des des clins d’œil avec les romans de son héros qui rappellent étrangement les siens,  j’ai retrouvé des évocations de L’épopée du buveur d’eau ou de L’œuvre du Dieu… Le personnage parait un peu passif et se fait facilement prendre en charge par Miriam et Dorothy, compagnes de voyages étranges et envahissantes. Les interruptions et reprises du traitement par bêtabloquants (conjugué à du Viagra)  plongent Juan Diego dans une torpeur favorable à des rêves qui lui font revivre sa jeunesse.

C’est d’ailleurs cette partie la plus intéressante, le reste fait un peu remplissage. Fils d’une prostituée, Juan Diego a vécu sur une décharge à Oaxaca ; enfant prodige, il apprend à lire tout seul en espagnol et en anglais et se fait remarquer par le frère Pepe, jésuite qui l’encourage dans cette voie. Juan Diego est le seul à comprendre sa sœur Lupe qui a aussi la particularité d’être télépathe. Juan Diego et Lupe sont pris en charge par les Jésuites, vont dans un cirque, se lient avec l’improbable Flor et Edward qui vont assurer l’avenir du garçon.

C’est foisonnant, un peu foutraque, les délires sur la Vierge de Guadalupe sont assez drôles mais ce livre part dans tous les sens et Irving nous a habitué à mieux maitriser ses récits.

Les cigognes sont immortelles

Laurent Mabanckou – Les cigognes sont immortelles – Seuil 2018.

Mabanckou nous fait partager un épisode de son enfance à Pointe Noire, capitale économique du Congo. Avec une multitude d’anecdotes, il nous raconte la vie de collégien de Michel (son double romanesque) et celle du quartier Voungou où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger.

La routine est rompue avec l’assassinat du président Marien Ngouabi en mars 1977, ce qui donne l’occasion de retracer l’histoire des décolonisations et des espoirs des différentes révolutions « démocratiques » qui se sont transformées en dictatures. Le roman s’insère dans cette trame historique car le Capitaine Kimbouala-Nkaya, collaborateur du Président tué lui aussi lors du coup d’État, est un « frère » de Maman Pauline. La rivalité politique s’accompagne d’une lutte tribale où l’opposition Nordistes-Sudistes prime sur tout et Pauline devient un héros de tragédie grecque.

J’aime la langue riche et colorée de Mabanckou mais le style de ce roman est presque trop sage. Le thème historique, très embrouillé, finit par prendre le pas et gâcher le romanesque de ce livre.

Un monde à portée de main

Maylis de Kérangal – Un monde à portée de main  – Verticales 2018.

Au début du roman, Paula Karst retrouve ses amis Jonas et Kate qu’elle a rencontré à l’école de la rue du Métal à Bruxelles ; la première partie du livre retrace leur apprentissage et les premières expériences professionnelles de Paula, intermittente qui va de chantier en chantier pour décorer des villas en Italie, travailler pour le théâtre ou le cinéma.
Elle saisit l’occasion de travailler pour Lascaux IV et le roman se focalise sur l’histoire de la découverte et de l’évolution du site au détriment de la ligne romanesque et de son personnage.

J’aime bien cet auteur qui a un vrai style, qui produit des textes très agréables à lire mais ce livre me laisse un peu sur ma faim. C’est un très beau documentaire romancé sur les peintres de décors ; elle nous régale avec le vocabulaire des couleurs et ses descriptions très riches mais la dernière partie ne s’intègre pas si bien que cela dans l’histoire et fait un peu publirédactionnel sur Lascaux.

Leurs enfants après eux

Nicolas Mathieu – Leurs enfants après eux – Actes Sud 2018.

Et voilà le Goncourt 2018 ! J’avoue que j’aurais préféré que Frère d’âme soit couronné, mais ce livre n’est pas mauvais ; il ne fera pas date pour son style mais il est à l’image de l’époque, désespérant…
Si j’avais du lui trouver un titre, je l’aurais appelé « Vies de merde, le roman. »

Le roman se déroule sur quatre étés, de 1992 à 1998 et l’histoire se situe à Heillange, ville fictive de la Lorraine désindustrialisée où le FN commence à prendre des voix. L’histoire tourne autour d’Anthony, fils d’ouvrier ; de sa rivalité avec Hacine, le petit caïd local et son espoir de sortir avec Steph, fille de bourgeois, donc d’une autre classe sociale.

On a parlé de roman noir pour ce livre, je dirais plutôt que c’est un roman social, roman d’une société en décomposition. Je l’ai lu pendant la crise des « gilets jaunes » et il résonnait étrangement avec l’actualité.

 

Biscuits aux flocons d’avoine

Quand tu as un paquet de flocons d’avoine entamé et que tu ne veux pas faire de porridge ou les utiliser dans ton muesli matinal, tu cherches des recettes. C’est ainsi que j’ai découvert ce qui faisait l’originalité des digestive biscuits.

L’ajout de flocons d’avoine donne du croustillant et de légèreté. Je partage ici des recettes trouvées sur le Journal des femmes, où l’on peut utiliser des flocons tels quels (petite taille) ou broyés en farine.

Biscuits croustillants

Ingrédients

  • 170 g farine complète
  • 100 g beurre ferme coupé en dés
  • 50 g flocons d’avoine
  • 40 g cassonade
  • 1 pincée de sel
  • 1 cuillère à café de levure

Instructions

  1. Mettre tous les ingrédients dans un robot et malaxer jusqu’à ce que la pâte se décolle des parois. Terminer d’amalgamer à la main si besoin
  2. Préchauffer le four à 190°C (thermostat 6).
  3. Sur un plan de travail, abaisser la pâte à 5 mm d’épaisseur et détailler des disques à l’emporte-pièce (4 ou 5 cm c’est parfait).
  4. Répartir les biscuits sur une plaque recouverte de papier de cuisson et enfourner 15 minutes.

Il existe une recette de Biscuits aux raisins qui intègre un oeuf dans la recette, les biscuits sont moins croustillants, je préfère ajouter des raisins dans le sablé.

Digestive biscuits

Ingrédients

  • 100 g farine de blé (blanche ou moitié de complète)
  • 120 g flocons d’avoine
  • 130 g beurre demi-sel en dés mou
  • 50 g sucre roux
  • 30 g vergeoise blonde (ou muscovado)
  • 1 cc levure chimique
  • 1/2 cc de bicarbonate de soude

Instructions

  1. Mixer grossièrement les flocons d’avoine et les mettre dans le bol du robot
  2. Les mélanger avec la farine, les sucres, la levure chimique et le bicarbonate.
  3. Ajouter les dés de beurre demi-sel bien mous (pas fondu).
  4. Sabler à petite vitesse, jusqu’à consistance de sable grossier très humide. Malaxer ensuite jusqu’à pouvoir former une boule de pâte.
  5. Emballer la boule dans du film étirable et réfrigérer 20 minutes.
  6. Préchauffer le four à 180°C.
  7. Etaler la boule de pâte entre deux feuilles de papier sulfurisé sur 4 mm d’épaisseur environ. (important : ne pas se fariner les mains, ne pas fariner le plan de travail, ni le rouleau).
  8. Découper les biscuits à l’aide d’un emporte-pièce 5  à 6 cm de diamètre, les déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.
  9. Piquer à la fourchette ou décorer les biscuits et enfourner à 180°C de 10 à 15 minutes. Il faut que les biscuits prennent une jolie teinte dorée, sans foncer ni sur les bords, ni sur le dessus.

Salina

Laurent Gaudé – Salina, les trois exils – Actes Sud 2018.

Si vous avez aimé La mort du roi Tsongor, vous allez retrouver cette ambiance de conte épique vaguement philosophique. Ce livre se lit bien, servi par la très belle écriture de Laurent Gaudé, des personnages intéressants et un peu de poésie apportée par le fantastique mais il manque un petit peu de sel pour que je trouve ce livre admirable.

Le fils de Salina doit raconter la vie de sa mère pour que les portes du cimetière marin s’ouvrent. C’est une jolie idée et le fils raconte avec émotion cette mère déposée dans le village des Djimba, qui a épousé le frère de celui qu’elle aimait, qui est chassée de son village et se réfugie dans la haine et la vengeance avant de connaître la rédemption.

Gaudé nous a habitué à plus de subtilité ; le parcours de Salina a quelque chose d’un peu simpliste, des émotions trop frustres pour que ce roman, adapté d’un pièce, soit bouleversant.

Evasion

Benjamin Whitmer – Evasion, traduit par Jacques Mailhos – Gallmeister 2018.

Les premiers chapitres de ce roman sont une plongée dans un bain de violence d’une rare intensité, poussée au niveau de Ellroy mais sans la vulgarité, ce qui la rend encore plus forte. Accrochez-vous et vous allez découvrir un superbe roman d’une noirceur infinie mais subtil et très puissant. Le roman se déroule en 1968 mais reste tout à fait actuel ; il dresse le portrait d’une Amérique ravagée, raciste, haineuse, pauvre, déclassée ; exactement celle qui a voté Trump.

Noël 1968, une douzaine de détenus s’évadent de la prison de Old Lonesome, au fin fond du Colorado, alors même que sévit une tempête de blizzard. Une chasse à l’homme impitoyable se met en place, menée par le directeur Jugg, véritable dictateur de la prison et de la ville. Les gardiens ou les journalistes qui participent à cette traque sont marqués par la guerre, en Europe, Corée ou Viet-Nam ; quelques-uns y ont laissé des neurones, la plupart sont conditionnés par ce qu’ils ont vécu sur le champ de bataille. Le roman n’évoque pas seulement la chasse à l’homme mais s’attarde aussi sur l’histoire des protagonistes, vue avec différentes focales, et parvient dresser des portraits sensibles de ces brutes.

Quelques personnages sortent du lot : Mopar Horn, évadé obnubilé par Molly
dont il a tué le mari ; sa cousine Dayton qui part à sa recherche et se révèle une sacrée bonne femme qu’il ne faut pas embêter ; Jim Cavey, gardien atypique, pisteur hors pair qui est englué dans ses conflits internes et Charles Coleman, le garagiste noir qui ne hurle pas avec les loups.

Tous les habitants de la ville sont concernés par l’évasion et ce roman décrit une société désespérée, à bout de souffle, un microcosme englué dans la pauvreté et la misère.