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Les furtifs

Alain Damasio – Les furtifs – La Volte 2019.

J’ai lu quelques bons livres cette année, celui-ci restera sans doute dans le top. J’ai beaucoup aimé les précédents Damasio, La horde du contrevent et La zone du dehors, celui-ci les surpasse et méritera plusieurs lectures tant il est foisonnant.

Le fil conducteur est l’histoire de Sara et Lorca Varèse dont la fille Tishka a disparu. La mère a tenté de faire son deuil alors que le père veut garder un espoir, cette différence les a amené à se séparer et Lorac a rejoint l’armée pour devenir un chasseur de « furtifs », créatures quasi-invisibles et qui se transforment en céramique si elles sont capturées.

Lorca intègre une meute conduite par Hernan Agüero sous la direction de l’amiral Arshawin. Il y rejoint Saskia qui lui enseigne une autre perception et une autre approche de la chasse et qui convaincra les autorités à modifier leurs conceptions.

L’histoire se déroule en 2040 dans des villes privatisées où les citoyens sont catégorisés selon leur forfait qui leur donne accès à des prestations, des rues ou des quartiers, selon leur niveau. Le forfait est lié au port d’une bague qui transmet toutes les données personnelles et sert d’interface à une intelligente artificielle envahissante. Il y a quelques rétifs à ce nouveau monde pire que celui de 1984, Sarah en fait partie en étant « proferrante » qui dispense un enseignement gratuit, hors des systèmes d’éducation privatisés et se trouvera partie prennante des tentatives de libération d’immeubles ou de territoire.

Je pourrai donner d’autres pistes de lecture pour ce livre qui est tout à la fois une formidable histoire d’amour, un livre d’aventure, un thriller  avec des courses poursuites extraordinaires, un livre fiction-fantastique, un livre (très) politique, avec parfois un exposé de théories un peu ardu… Tout au long des 700 pages, il a différentes façon de prendre ce livre qui renouvelle sans cesse son intérêt et qui se combinent de façon très astucieuse.

Et en plus d’être très bien conçu et de faire réfléchir, ce livre est très bien écrit, magnifiquement écrit. Damasio joue sur la typographie, avec les mots, crée par moment son propre langage qui ouvre encore une autre dimension dans cette aventure.

 

Un livre en papier – ce truc à interface manuelle qui ne plante pas, ne te parle pas,n’a pas besoin d’énergie pour fonctionner et ne te demande pas si tu veux le mettre à jour.

Désorientale

Négar Djavani – Désorientale – Liana Levi Piccolo 2018.

Je suis sous le charme de ce livre. Il a un style tout à fait original, le récit est tout sauf linéaire et l’histoire est formidable.

Kimiâ Sadr raconte son enfance en Iran, fille intellectuels opposants au Shah et aux mollahs avec de nombreux détails pittoresques qui nous plongent dans son récit et ont le mérite de nous rappeler que l’Iran n’est pas qu’un pays de terroristes obscurantistes.

Si la « face A » consacrée à l’Iran est passionnante, la « Face B » est tout autant intéressante et plus personnelle. Elle raconte le parcours de Kimiâ, les difficultés de l’exil, du déracinement avec beaucoup de sensibilité.

La ferme des animaux

George Orwell – La ferme des animaux, traduit par Jean Quéval – Folio 2002.

Après 1984, je découvre La ferme de animaux que je n’avais jamais lu.

Cette fable est beaucoup plus accessible mais tout aussi effrayante. Elle décortique la mise en place d’une dictature et la confiscation d’une belle idée révolutionnaire par un petit groupe.

L’histoire se passe dans une ferme et les cochons mènent la danse, redéfinissant les règles à leur avantage, accusant de trahison les opposants… C’est une transposition de l’évolution des différentes révolutions populaires, notamment communistes, du XXe siècle. La description d’Orwell est effrayante en ce que cette évolution vers la dictature semble être universelle.

Les amazones ont disparu

enfin c’est ce qu’on croit, et le président brésilien serait bien content que son Amazone disparaisse aussi, laissant la place à des champs de monoculture glycophosatés pour le plus grand profit des multinationales de la chimie et du transgénique.

Il y a une autre amazone que je verrais disparaître sans regrets, cette grosse multinationale qui ne respecte pas ses salariés, et à peine ses clients, et participe à un gaspillage phénoménal (comme tout le commerce sur internet).

Je dois avouer que le marketing d’Amazon est bien fait, quoique un peu anxiogène et tripatouillant l’algorithme de conseil et qui oblige à passer par son site en proposant des exclusivité d’autoédition ou en cannibalisant les revendeurs associés (otages).
Je ne mets plus en favori les blogs (de cuisine notamment) qui mettent systématiquement un lien vers amazon alors que des alternatives locales existent. Et bien sûr ces sites n’acceptent pas les commentaires renvoyant vers un autre service (j’ai essayé à plusieurs reprises) !
Outre les grosses chaines locales (Decitre, le Furet), on peut aussi acheter par internet chez un libraire indépendant à proximité de chez soi : les libraires.fr ou place des libraires.fr

Un reportage instructif pour ceux qui trouvent toujours Amazon formidable :

Number cake aux fruits rouges

Les number cakes sont à la mode et je comprends car cela fait de superbes gâteaux d’anniversaire. On peut faire un découpe dans une plaque de biscuit, j’ai choisi l’option moule avec différentes formes qui créent des lettres ou des chiffres.

C’est un grand moule, pour une douzaine de parts, il faut doubler les proportions habituelles si vous partez sur une génoise. Pour ajuster, il ne faut pas hésiter à calculer à partir de votre recette habituelle en jouant avec la surface et et volume nécessaires.

Mon premier essai était un gâteau chocolat inspiré par l’entremet ganache. La principale différence tient à une seule découpe dans l’épaisseur car la forme est plus difficilement manipulable qu’un simple rond. Le glaçage a été décoré avec des motifs (feuilles et cœurs) découpés dans de la pâte d’amandes colorée, ainsi qu’avec le prénom (petits emporte-pièces en forme de lettres).

La seconde réalisation était une surprise, j’avais juste la commande d’un gâteau pour pas mal de monde avec mon fraisier comme idée. Je peux faire un fraisier pour une 20e de personnes sans problème grâce à mon cadre extensible mais j’ai décidé de faire plus fun.

Je savais qu’il fallait des fruits rouges, j’avais envie de faire un number cake pour marquer l’évènement. Il y avait 2 chiffres à réaliser du coup je ne pouvais pas immobiliser le moule pour faire prendre une crème façon fraisier. De nombreux number cakes sont à étages mais la découpe n’est pas évidente, je décide de faire simple et un seul étage, mais bien garni, je pars donc sur un biscuit avec un peu de crème et garni de fruits comme une tartelette.

J’ai hésité entre une pâte sablée ou un biscuit, j’ai d’abord pensé à une ganache montée pour m’arrêter sur deux recettes du Ferrandi, le biscuit Joconde et la crème diplomate.

Le biscuit Joconde était donné pour une plaque de pâtisserie, j’en ai fait un par gâteau, en revanche j’ai doublé la crème pour avoir suffisamment de moelleux.

J’ai commencé la crème pâtissière 2 jours avant, elles se gardent au frigo pour le jour J.

Crème diplomate

Source Ferrandi.

Crème pâtissière allégée de crème montée, l'autre variante de la crème pâtissière est la crème mousseline, avec ajout de beurre.

Type de plat Dessert
Cuisine Française
Mots-clés Crème
Préparation 20 minutes
Cuisson 2 minutes
Temps total 22 minutes
Portions 500 g

Ingrédients

Crème pâtissière

  • 250 g lait entier
  • 50 g sucre
  • 50 g oeuf (1 moyen)
  • 15 g poudre à crème (Maïzena)
  • 10 g farine
  • 1 gousse vanille
  • 25 g beurre

Crème fouettée

  • 125 g crème liquide 35% MG

Instructions

Crème pâtissière

  1. Dans une casserole, faire chauffer le lait avec la moitié du sucre et la vanille fendue

  2. Dans une jatte, blanchir les oeufs avec le reste du sucre

  3. Ajouter la maïzena et la farine

  4. A ébullition, mémnger une partie du lait aux oeufs, pour détendre le mélange et le faire monter en température

  5. Reverser le tout dans la casserole, mélanger énergiquement et faire chauffer en remuant. Faire bouillir 2 à 3 minutes en fouettant.

  6. Hors du feu, incorporer le beurre en morceaux en fin de cuisson

  7. Verser dans un plat et fikmer au contact pour que la crème refroidisse sans faire de peau.

Crème diplomate

  1. Détendre à la spatule la crème refroidie

  2. Monter la crème liquide bien froide

  3. Incorporer la crème montée à la pâtissière en 3 fois à l'aide d'un fouet, mélanger délicatement pour l'homogénéiser

Notes

Il est possible d'ajouter 3 g de gélatine /250 g de lait

Une dose de crème par biscuit

La veille je prépare les biscuits Joconde

Biscuit Joconde

Source Ferrandi

Type de plat Dessert
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Biscuit
Préparation 30 minutes
Cuisson 10 minutes
Portions 350 g

Ingrédients

  • 75 g poudre d'amandes
  • 75 g sucre glace
  • 20 g farine
  • 100 g oeufs 2 moyens
  • 15 g beurre fondu
  • 70 g blancs d'oeufs
  • 10 g sucre semoule

Instructions

  1. Mélanger dans le bol du robot le sucre glace, la poudre d'amandes et la farine

  2. Incorporer les oeufs (battus) en 3 fois, faire tourner à vitesse moyen 5 minutes pour obtenir un mélange homogène et onctueux

  3. Débarrasser la préparation dans un récipient, ajouter le beurre fondu et mélanger

  4. Dans la cuve propre du robot, monter les blancs en neige, avec le sucre pour les serrer

  5. Incorporer délicatement les 2 préparations avec une maryse

  6. Verser sur une plaque silicone et étaler avec un spatule coudée

  7. Enfourner 8 à 10 minutes à 230°C

  8. A la sortie du four, retourner et décoller le biscuit de la plaque de silicone

Notes

Se garde bien filmé au réfrigérateur (48h) ou au congélateur (2 semaines)

Le matin, je finalise la crème diplomate, je poche et je réserve au froid pour qu’elle prenne bien (l’été il fait chaud, j’ai mis la gélatine).

et au dernier moment, je dresse les fruits : fraises, myrtilles, mures et framboises. Le biscuit est parfait car il a de la mâche, mais j’ai ajouté un peu de croquant et de couleur avec des pistaches concassées et des meringues, je termine par des feuilles en pâte d’amandes (emporte-pièces pour pâte à sucre).

Bon anniversaire !

Le résultat était flatteur, et bon !

 

L’évangile selon Yong Sheng

Dai Sijie – L’évangile selon Yong Sheng – Gallimard 2019.

Ce roman a fait l’unanimité du Masque et la Plume, c’est suffisamment rare pour donner envie de le lire. Le récit, fortement inspiré de la vie du grand-père de l’auteur, nous entraine en Chine méridionale, dans la province de Putian.

Le père de Yong Sheng réalise des sifflets de colombe ; notre héros s’initiera avec lui à cet art traditionnel chinois et y gagne un titre de fils de charpentier, clin d’œil un peu appuyé qui se prolonge tout au long du roman.

Le roman fourmille d’anecdotes et de magnifiques descriptions. Plusieurs épisodes de la vie de Yong Shen scandent le roman. Il y a d’abord dans l’enfance la fascination pour les rites chrétiens de Mary, la fille du pasteur Gu, qui l’héberge pour qu’il puisse aller à l’école. Adulte, il travaille pour le pasteur et s’occupe de ses colombes, puis veut devenir pasteur à son tour et part étudier. Alors qu’il apprend que sa femme l’a trompé avec le pasteur, il entreprend une recherche vengeresse qui va croiser le parcours de la Longue Marche pour retrouver Mary.

Il rentre chez lui et transforme sa maison en temple, devient pasteur, s’occupe de sa fille et crée un orphelinat ; mais son parcours est interrompu par la Révolution. Devenu ennemi du peuple, il est condamné à des travaux pénibles et sera dénoncé par sa fille lors de la révolution culturelle. L’épilogue nous apprend que Yong Shen a retrouvé un statut après la mort de Mao, qu’il a repris la fabrication de sifflets et s’est occupé de son petit-fils.

Ce roman est beau et terrible, la vie sous la Révolution culturelle fait penser au Dit de Tianyi. J’ai trouvé la comparaison christique un peu lourde et je ne suis pas persuadé par la fin mais l’histoire de l’aguilaire, les colombes, la vie traditionnelle ou plus moderne sont magnifiquement racontées et je recommande ce livre, qui m’a enchanté par son style, son rythme et ses descriptions.

 

Jean Bénac à la barre du Conseil de Guerre

Basile Ader – Jean Bénac à la barre du Conseil de guerre – 2018.

Procès qui s’est tenu devant le Conseil de Guerre de la 10e Division d’Infanterie du 5e Corps d’Armée, le 26 octobre 1914, à Clermont sur Argonne.

Cette petite pièce de théâtre est inspirée d’un procès réel, relaté dans une lettre par le jeune avocat à son père. Le sergent Jean Bénac, avocat encore stagiaire dans le civil, est convoqué pour la défense de 5 accusés qui risquent la peine de mort pour rébellion et désertion. Il y aurait eu plus de condamnés à mort en 1914 qu’en 1917, malgré les mutineries.

Le premier est un breton accusé d’avoir molesté son supérieur et refusé de mettre un pantalon taché de sang (le film Le Pantalon d’Yves Boisset raconte le même type d’histoire) ; suivent deux compères accusés de désertion pour avoir perdu leur  bataillon ;  un polonais (allemand) soupçonné d’espionnage et de pillage et un soldat épuisé qui a falsifié un billet de sortie.

Le ministère public veut des exemples, ne fait pas dans la dentelle et demande la mort systématiquement ; le jeune avocat se bat comme un beau diable pour démonter la faiblesse des dossiers, les enquêtes inexistantes, plaider selon les valeurs universelles, et sauve la plupart des têtes.

Ce texte court écrit par et pour des robins donne la part belle aux avocats mais n’est pas inintéressant. Il est surprenant de voir que le texte de cette pièce est publié sans dépôt légal ni mention d’éditeur ou de copyright, quoique édité par l’Ordre des Avocats de Paris…

Scones

Deux recettes de cette spécialité britannique dans ce billet. La première a été proposée par Elvira Masson dans l’émission On va déguster (dimanche matin 11h sur France Inter) et la seconde est une recette testée il y a un moment, extraite du livre Cookies, Muffins and co de Pascale Weeks.

Je ne suis pas accro au scones mais je dois avouer que c’est idéal pour un goûter ou un petit déjeuner, et moins gras que des viennoiseries.

Scones (Elvira Masson)

Type de plat Dessert
Cuisine Pâtisserie
Préparation 15 minutes
Cuisson 20 minutes
Temps total 35 minutes
Portions 12 scones

Ingrédients

  • 500 g de farine
  • 50 g de sucre
  • 125 g de beurre demi-sel
  • 30 cl de lait demi-écrémé
  • 2 CS grosses cuillères à soupe de levure chimique 3 sachets
  • Dorure: 1 œuf battu + 1 cuillère à soupe de lait + 1 pincée de sel

Instructions

  1. Préchauffer le four à 200°.
  2. Dans un saladier, tamiser la farine et la levure puis versez le sucre. Ajouter le beurre en petits morceaux et travailler le mélange entre les doigts jusqu’à ce qu'il soit sableux). Verser le lait et mélanger à l’aide d’une fourchette pour obtenir une pâte souple.
  3. Déposer la pâte sur une planche farinée et abaisser sur 3 cm d’épaisseur. Découper des ronds avec un emporte-pièces de 5 à 7cm de diamètre, idéalement cannelé afin d’obtenir la forme du scone traditionnel.  Disposer les scones sur une feuille de papier cuisson sur la plaque du four et badigeonner le dessus des scones de dorure.

  4. Enfourner 15 à 20 mn à 200° (chaleur statique jusqu’à ce que les scones soient gonflés et dorés).

  5. Déguster tièdes accompagnés de Clotted cream et de confiture de fraises

Scones (Pascale Weeks)

Type de plat Dessert, Petits gâteaux
Cuisine Pâtisserie
Préparation 15 minutes
Cuisson 12 minutes
Portions 12 scones

Ingrédients

  • 225 g de farine à levure incorporée
  • 1 CC levure chimique
  • 25 g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 5 g de beurre mou
  • 5 cl de lait
  • 1 oeuf battu avec 1 cc de lait pour dorer

Instructions

  1. Préchauffer four à 200°
  2. Dans un saladier, mélanger la farine, la levure, le sel, le sucre

  3. Ajouter le beurre mou et mélanger du bout des doigts pour l'incorporer, la pâte doit ressembler à une chapelure grossière
  4. Ajouter l’œuf battu et la moitié du lait, remuer jusqu’à obtention d'une boule, la pâte doit être souple sans être collante. Si elle est trop sèche, ajouter progressivement le restant du lait

  5. Etaler cette pâte sur une surface farinée, abaisser à 1,5 cm
  6. A l'aide d'un emporte-pièces, découper des cercles de 5cm de diamètre

  7. Reformer un boule avec le reste et recommencer jusqu’à épuisement de la pâte
  8. Retourner les cercles et mettre sur une plaque de cuisson
  9. Dorer avec l’œuf battu
  10. Enfourner et laisser cuire 12 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient gonflés et blonds
  11. Les scones se dégustent tièdes, coupés en 2 dans l'épaisseur, avec de la confiture de fraises et de la crème fraiche

My absolute darling

Gabriel Tallent – My absolute darling, traduit par Laura Derajinski – Gallmeister 2018.

Attention, ce livre ne vous laissera pas indifférent ! Pour moi, cela a été un choc, du genre coup de poing à l’estomac, mais c’est un livre que je recommande.

L’histoire est terrible, la vie d’une adolescente sous la coupe de Martin, père envahissant, pervers narcissique et incestueux. Ce Martin, vaguement écolo qui se prépare à la fin du monde, dresse sa fille Julia à la survie et au maniement des armes. Ce roman est aussi un roman dans la grande tradition américaine du « nature writtting » et nous offre des descriptions époustouflantes, avec des noms de végétaux qui m’étaient inconnus.

Le portrait de Julia, surnommée Croquette par son père et qui veut qu’on l’appelle Turtle, est impressionnant. Toujours avec une ou plusieurs armes, elle est élevée dans une nature qui ne lui pas hostile, évite ses congénères et ne cherche pas à s’intégrer dans le système scolaire.

Deux événements bouleversent le déroulement des choses : la mort du grand-père qui perturbe tant Martin qu’il abandonne Turtle, et la rencontre avec Jacob, lycéen ouvert, joyeux et d’un monde tellement différent de celui de Turtle.
Le retour de Martin accompagné de Cayenne, une gamine recueillie (?) sur la route va pousser Turtle a se rebeller et à sortir de l’emprise de ce père abusif, ce qui est l’occasion d’une scène d’une grande violence mais menée de main de maître.

1984

George Orwell – 1984, traduit par  Amélie Audiberti (en 1950) – Folio 1981.

Back to classic ! J’ai eu envie de relire 1984 en écoutant Le masque et la plume consacré à sa nouvelle traduction. La nouvelle traduction de Josée Kamoun semble encore plus terrifiante mais n’a pas fait l’unanimité, j’ai repris ma vieille édition Folio.

J’ai bien sûr lu ce livre adolescent et je m’aperçois que mes souvenirs l’agrègent au Meilleur des mondes, cette relecture est donc opportune.

Le narrateur, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité où il réécrit l’histoire pour faire disparaître des traces des personnages en disgrâce ou pour faire coller les prévisions du Big Brother à la réalité. Et je lis ce roman au moment du 30e anniversaire des manifestations de la Place Tien An Men, alors que la presse raconte en détail que le pouvoir chinois a fait disparaître toute mention de ces évènements et de ses protagonistes.

La guerre c’est la paix
La liberté c’est l’esclavage
L’ignorance c’est la force

Dans une société sous surveillance constante, Smith est un cadre du pari intérieur qui se rebelle. Il commence par douter de la propagande officielle de l’Angsoc, a une liaison interdite puis se joint à un groupe de résistants avant d’être piégé et rééduqué.

Une société hiérarchisée n’est possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.

L’histoire écrite après la 2e guerre mondiale ressemble diablement à ce que l’on sait des dictatures communistes, russes ou chinoises. Smith découvre le livre, interdit par le régime, qui explique les mécanismes de cette dictature; malheureusement ce qu’il découvre nous semble évident tellement nous l’avons vu et entendu dans les actualités des dernières décennies.

Mais au-delà de la critique de régimes dictatoriaux, ce livre parle aussi de notre société actuelle. L’omniprésence des « télécrans » qui permettent de surveiller les faits et gestes de chacun ne fait que décrire notre assujettissement volontaire aux Gafam.

Avec le développement de la télévision et le perfectionnement technique qui rendit possible, sur le même instrument, la réception et la transmission simultanée, ce fut la fin de la vie privée.

Le livre est un peu daté dans le style, la partie « théorique » est carrément indigeste, mais ce livre est à lire et à relire, il parle vraiment de notre monde actuel.

Moumine le troll

Tove Jansson – Moumime le Troll, traduit par Kersti et Pierre Chaplet – Fernand Nathan 1968.

A Stockholm, toutes les boutiques de souvenirs sont remplies de goodies et de t-shirts à l’effigie des Pippi Langstrom (Fifi Brindacier) et des Moumine car ces histoires ont été écrites en suédois par une finlandaise. Curieusement, il n’y a aucune référence à Nils Olgerson, je n’ai pas les bonnes références….

Ne connaissant pas les Moumine, j’ai découvert cet univers charmant avec ce Moumine le Troll. Les Moumines sont de gentils trolls qui vivent dans la vallée des Moumines, au bord du golfe de Finlande. La maisonnée comprend papa Moumine, Maman Moumine et leur rejeton mais aussi tout un tas d’hôtes : Renaclérican, Snorque et Mademoiselle Snorque (qui plait bien à Moumine), Snif…

Le livre est un recueil de petites histoires où Moumine et ses amis partent à l’aventure ; Moumine a trouvé un chapeau de magicien qui leur donne bien des surprises. C’est mignon et féérique.

Berlin, 1933

Daniel Schneidermann – Berlin, 1933 – La presse internationale face à Hitler – Seuil 2018.

L’origine de ce livre est liée à l’élection de Trump et à aveuglement des médias qui n’ont pas cru aux chances d’un rigolo inculte. Le parallèle avec 1933 est vite fait, même s’il est tendancieux.

Ce livre s’appuie sur de  nombreux témoignages et récits mais garde un côté très personnel car Schneidermann nous raconte aussi le déroulé de son enquête et de ses interrogations.

Bien sûr, ce qui est arrivé est incompréhensible. En fait les journalistes un peu agressifs ont été virés d’Allemagne très tôt, et les autres ont fait profil bas, voire ont dédramatisé,  pour rester en place. Certains ont envoyé des récits qu’il fallait décrypter entre les lignes, pas toujours évident quand on ne sait pas quoi chercher.

Mais comme pour Trump, la presse internationale est en état de sidération devant l’avancée du nazisme et elle est persuadée que le programme ne pourra pas être appliqué. D’autre part, l’anticommunisme fait voir d’un bon œil tout ce qui s’y oppose ; dans un climat fort d’antisémitisme, les patrons de presse juifs craignent d’être accusés de « faire la guerre des juifs » ce qui les encourage à la modération et les évènements en Allemagne sont souvent masqués par une actualité internationale tout aussi riche (par ex. Nuremberg est éclipsé par l’Erythrée).

Et pourtant, le livre montre bien que l’on savait tout de ce régime criminel depuis le début: dès 33, les premiers internés en camp de concentration étaient renvoyés à leur famille dans des petites urnes sans explication ; la déportation de masse est connue dès l’Anschluss et les exterminations de masse dès 1942.

Je n’ai pas dit qu’il mentait. J’ai dit que je le croyais pas. Mon cœur et mon esprit sont faits de telle manière que je ne peux accepter cela. Frankfurter, futur juge à la Cour suprême cité par Karski dans Shoah

Malgré tout, quelques voix se sont élevées, Dorothy Thompson, la presse communiste ou Georges Duhamel qui publie dans le Figaro un texte intitulé « Que voulez-vous faire des juifs. »

Le sang des Mirabelles

Camille de Peretti – Le sang des Mirabelles – Calmann Levy 2019.

Ce roman historique prend rapidement la forme d’un conte, ce qui le rend d’autant plus intéressant  lire.

Eléonore, fille du Lion, se marie au Seigneur Ours et sa sœur Adélaïde va rester avec elle alors que le père part en croisade. La jeune épousée tombe amoureuse du troubadour mais restera avec son seigneur pendant que sa sœur s’ennuie sous la férule de Cathaud, la sœur de l’Ours. Adélaïde va découvrir et se passionner pour la médecine avec l’aide d’un vieil apothicaire juif. Le destin des deux sœurs évolue rapidement quand le chapelain, amoureux éconduit, accuse Adélaïde de sorcellerie et qu’après la mort subite de l’Ours, Éléonore est spoliée de ses droits par le fils de Cathaud.

La forme de ce roman est très originale. L’utilisation de noms d’animaux (Salamandre, Abeille, Dragon, Loup, Rossignol…) comme nom des personnages sort le roman d’un cadre purement médiéval pour en faire une histoire universelle.

 

Vanillekipferl

Voici une alternative aux Kipferl de Christophe Felder, cette recette avec de l’œuf donne une texture un peu différente, les deux sont top !

Cette recette est parue l’an dernier dans Fou de pâtisserie (#32 Nov-dec 2018). Recette autrichienne à l’origine, elle est devenue new-yorkaise.

VanilleKipferl

FDP#32

Type de plat Petits gâteaux
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Bredele
Préparation 15 minutes
Cuisson 10 minutes
Repos 30 minutes
Temps total 25 minutes
Portions 50 pièces

Ingrédients

  • 250 g farine
  • 200 g beurre froid
  • 70 g sucre glace
  • 100 g poudre d'amandes
  • 2 jaunes d'oeufs gros
  • 1 CS lait froid
  • 1 sachet sucre vanillé 8 g
  • 1 pincée sel petite

Enrobage

  • 60 g sucre glace
  • 2 sachet sucre vanillé 16 g

Instructions

  1. Commencer par mélanger le sucre de l'enrobage pour que la vanille imprègne bien le sucre glace.

  2. Tamiser la farine dans un saladier. Couper le beurre froid en cubes et le mélanger à la main avec la farine (ou tout doucement au batteur).
  3. Ajouter le sucre glace, le sel, le lait, la poudre d'amandes et les jaunes.
  4. Mélanger l'ensemble jusqu'à obtenir une pâte homogène.
  5. Laisser reposer 30 minutes.
  6. Façonner la pâte en boudins de 5 cm et couper des tranches de 0,5 cm d'épaisseur.
  7. Déposer les tranches sur une plaque recouverte de papier cuisson et former des croissants.
  8. Laisser cuire 8 à 10 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés.
  9. Sortir la plaque du four, saupoudrer les biscuits encore chauds (laisser refroidir 1 minute) avec le mélange sucre glace-sucre vanillé tamisé.
  10. Bien enrober les kipferle, les rouler dans le sucre.

Notes

A tester à la noisette

Stockholm

Quelques souvenirs de cette ville très agréable, idéale pour un grand week-end.

Gamla Stan, la vieille ville
Une ville au bord de l’eau
Gamla Stan
Gamla stan
Gamla stan, place centrale
Rue de Gamla stan, avec vue sur Södermalm
Gamla stan
Gamla stan
Le Palais Royal, XVIIIe
La chapelle du palais, style baroque mais luthérienne
Stockholm s’ouvre sur un archipel de 30 000 iles,
Petite ile tranquille
et jolis propriétés à moins d’une heure en bateau de la ville
Le suédois facile
Très facile
Mobilier urbain orignal, plus joli qu’un simple plot de béton
Le musée nordique
Des oies partout
Le Vasa, qui a coulé lors de son inauguration
Soleil de 23h