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Brioche tressée

Une autre recette du beau livre de Ferrandi, avec cette brioche qui a une mie légère. Le goût est un peu moins prononcé que mes autres brioches mais elle est excellente.

brioche

Ingrédients pour 600 g de pâte

  • 250 g de farine (de gruau)
  • 125 g d’œufs entiers (2 gros)
  • 25 g de lait entier (un peu plus pour compenser si les œufs ne font pas le poids requis)
  • 25 g de sucre
  • 5 g de sel fin
  • 8 g de levure de boulanger fraîche
  • 50 g de crème fraiche
  • 120 g de beurre ramolli

Dorure

  • 25 g d’œuf,
  • 20g de jaune
  • 25 g de lait entier
  • qs sucre en grains
    Ces quantités de lait et d’œufs sont largement surévaluées pour une seule brioche, je fais juste une dorure au lait.
brioche
Tressée et prête à lever

Pour les recettes du type brioche, ce livre recommande un pétrissage sans le beurre, celui-ci est ajouté à la fin.

Mélanger les ingrédients, sauf le beurre, dans la cuve du robot.
Pétrir 5 minutes à vitesse lente puis 15 minutes à vitesse moyenne, la pâte obtenue est élastique et se décolle des parois.

Incorporer le beurre en plusieurs fois et pétrir 5 minutes jusqu’à ce que la pâte se détache des parois.
Filmer et laisser reposer 1/2 h (pointage) à température ambiante.

Dégazer la pâte et laisser 2 h au froid (ou plus, la pâte peut se faire la veille).
Au sortir du frigo, la pâte peut être façonnée en brioche à tête, Nanterre ou tressée.
Il y a assez de pâte pour 2 moules ou une belle brioche tressée.

Rouler la pâte en boudin et faire 3 parts que l’on va  tresser.

Dorer au pinceau, ajouter le sucre grains et faire lever 1 heure en étuve (four éteint avec un verre d’eau), la pâte doit doubler de volume.

Enfourner à 170°C pendant 25 minutes et faire refroidir sur une grille.

brioche tressee
Miam !

Ce monde disparu

Dennis Lehane, Ce monde disparu, traduit par Isabelle Maillet – Rivages 2015

Dernier volet de la trilogie Coughlin, ce roman se déroule pendant le 2e guerre mondiale. Joe Coughlin a laissé la direction des affaires à son ami Dion Bartollo, il a gardé un rôle de consigliere et se consacre à l’éducation de son fils Tomas.

Le début du roman démarre assez lentement avec Joe qui vit paisiblement sa semi-retraite alors que la guerre complique les affaires, qu’une taupe semble s’être introduite dans la famille, que Dion n’est plus tout à fait à la hauteur et qu’une guerre de territoire se déclenche.

Une rumeur de contrat sur Joe ne l’inquiète pas vraiment mais il va tout de même mener sa petite enquête. Le dernier tiers du roman part sur les chapeaux de roues, avec un fond de règlements de comptes et d’intervention de la Commission, assemblée des parrains, où Joe passe un sale quart d’heure.

La fin du livre, surprenante, est digne des drames antiques et donne à ce roman une gravité remarquable.

 

De si jolis chevaux

Cormac McCarthy – De si jolis chevaux, traduit par Françoise Hirsch et Patricia Schaeffer – Actes Sud 1993

Voici un livre qui ne laisse pas indifférent, de la vraie littérature avec un histoire forte et un style étonnant. Des romans de McCarthy, je n’avais lu que La Route ; ce premier volume de la Trilogie des confins donne envie de se plonger dans son œuvre.

Le roman se déroule en 1949. Les ranchs ne sont plus rentables et deux jeunes texans passionnés de chevaux, John Grady Cole et Lacey Rawlins, décident d’aller au Mexique pour se consacrer aux chevaux. En cours de route, ils rencontrent Jimmy Brevins qui va perdre son cheval lors d’un orage et tenter de le reprendre au Mexicain qui l’a récupéré.

John Grady et Lacey continuent leur route et se font embaucher dans un ranch où ils se font remarquer en dressant les chevaux. John Grady va tomber amoureux de la fille du propriétaire mais leur histoire va s’interrompre quand les deux américains sont emmenés par la police pour complicité avec Brevins accusé de vol et meurtre. Après un séjour éprouvant dans l’enfer de la prison, Cole et Rawlins sont libérés. Rawlins rentre au Texas mais John Grady veut revoir une dernière fois  Alejandra et récupérer ses chevaux que les policiers ont gardés, et cette étape montrera la dureté du jeune homme.

Ce roman réussit à allier des descriptions de chevauchées et de paysages très bucoliques avec une histoire très dure, parfois violente. Il nous plonge dans un monde en voie de disparition et loin de l’image romantique du cowboy des westerns. Le résultat donne donne un roman âpre mais passionnant.

 

Liste d’extensions

L’audience de ce blog baisse fortement. Même si je n’ai rien fait de spécial pour le faire connaître, c’est toujours marrant de voir que mes petits billets peuvent intéresser et j’ai juste essayé de comprendre pourquoi une telle chute.

Il semble que les algorithmes de référencement privilégient les sites rapides et répondant aux impératifs de SEO (optimisation pour les moteurs de recherche). La vitesse du site est forcément pénalisée par la solution d’hébergement que j’ai choisie (Free), ce qui pénalise le référencement, et il faudrait aussi que je réponde aux exigences du SEO avec des extensions du type YOAST qui sont de véritables usines à gaz et que j’ai vite abandonnées ; de plus, elles modifient les url, ce qui complique les statistiques.

Gt metrix
Mesure GT Metrix, très moyenne !

La dernière mise à jour importante de ce blog date de son nouvel habillage qui me satisfait toujours. Il faudrait sans doute que je remette les mains dans le cambouis pour repenser les éléments qui ne sont pas compressés ou pas intégrés dans le cache. Mais j’ai choisi la simplicité et avoir trop d’extensions finit par ralentir encore plus le site, alors je me limite à une grosse douzaine.

En revanche, je continue à effectuer une maintenance minimale, notamment pour pallier des insuffisances techniques. J’ai ajouté une extension qui prévient de la présence de cookies pour être conforme avec la RGPD , j’ai allégé les mesures d’audiences et ajouté un protocole Open Graph pour éviter que Facebook n’affiche n’importe quelle image (et ça ne fonctionne qu’une fois sur deux).

Voici la liste des extensions actives à ce jour :

  • Anti-spam : bloque les robots mais pas les commentaires
  • Auto Image alt : complète automatiquement la champ « alt » des images qui favorise le réfencement, la meilleure solution est tout de même de remplir le champ de façon intelligente
  • Check and Enable GZIP compression : compression améliorant la vitesse
  • Cookie consent : message d’avertissement de présence de cookies, pour être conforme au RGPD
  • Daily Cleaner et optimizer lite : pemret le nettoyage régulier de la base de données
  • Insert RSS thumbnail : pour avoir les vignettes dans le flux RSS et Facebook
  • Juiz Social post Sharer : assez sobre et moins gourmand que Share This
  • OG OpenGraph : mise en place du protocole Open Graph
  • Print, PDF & Email by Printfriendly : au cas où l’on voudrait imprimer les billets, notament les recettes
  • Random post with thumbnails : affiche les liens vers les billets au hasard, utilisé sur la page d’accueil
  • TinyMCE Advanced : utilitaire pour la saisie des billets
  • Use Google Librairies : comme le suivant, c’est technique et çà me dépasse
  • Use jQuery jsDelivr : concerne Jquery
  • WordPress Database Backup : parce qu’il ne faut pas oublier de faire des sauvegardes régulières !
  • WP Missed Schedule : pour être sûr que les billets écrits à l’avance soient publiés au moment voulu
  • WP super cache au lieu de Hyper-cache : accélère l’affichage (parait-il) mais j’ai toujours des requêtes qui ne sont pas en cache
  • WP-Memory-Usage : ne sert à rien mais signale que je n’utilise pas trop de ressources du serveur

J’ai essayé Email subscribers& newsletters pour les envois d’alertes, je l’ai remplacé par Feedburner qui gère très bien cela.

La lenteur du site joue aussi pour son administration et devient vite insupportable. L’alternative sera de passer chez blogger mais la mise en page des thèmes proposés ne me satisfait pas totalement, alors j’attends encore un peu.

Un peu plus loin sur la droite

Fred Vargas – Un peu plus loin sur la droite – J’ai Lu 1996

Un vieux Vargas trouvé dans une boîte à livres et que je ne crois pas avoir déjà lu. Le personnage central n’est pas notre cher Adamsberg mais Louis Kehlweiler, un fonctionnaire de l’Intérieur mis sur la touche. Ce roman fait partie d’un cycle des « Evangélistes » et on y croise Marc le médiéviste et Mathias le préhistorien rencontrés dans différentes enquêtes d’Adamsberg.

Kehlweiler a tout un réseau de surveillance et c’est un bout d’os éjecté par un chien qui va déclencher cette histoire, l’emmener en Bretagne et lui faire découvrir qu’un meurtre peut en cacher un autre.

On retrouve bien la « patte » de Fred Vargas dans cette histoire, Louis a une vraie proximité intellectuelle avec Adamsberg et comme lui voit un indice dans le truc le plus banal. Ce roman bien construit se lit bien mais il parait un peu simpliste auprès des œuvres les plus récentes de Vargas.

 

Pâtisserie, le Ferrandi

Ecole Ferrandi – Pâtisserie – Flammarion 2017

Le Felder est rose, le livre de Conticini est rose aussi… Pourquoi faut-il que les bons livres de pâtisserie soient rose ? Ma bibliothèque culinaire devient la bibliothèque rose !

Et oui, j’ai une nouvelle référence dans ma bibliothèque, un gros pavé de 650 pages qui est sorti en fin d’année dernière et que le père Noël m’a opportunément offert !

Cette bible est écrite par les pâtissiers enseignants de la prestigieuse école Ferrandi. Elle explique les techniques en pas-à-pas illustrés et les applique sur de nombreuses recettes, avec quelques variantes en 3 niveaux de difficulté, les plus complexes étant des recettes de chefs passés par Ferrandi : Christophe Adam, Ophélie Barès, Christelle Brua, Yann Brys, Philippe Conticini, Yann Couvreur, Christophe Felder, Christine Ferber, Cédric Grolet, Pierre Hermé, Jean-Paul Hévin, Christophe Michalak, Philippe Urraca et autres.

C’est le premier livre de pâtisserie qui passe en revue les ingrédients, on voit bien le souci pédagogique et ces pages très utiles. Les recettes sont classées par thèmes et abordent tous les domaines : pâtes, crèmes, biscuits, meringues, macarons. Il propose aussi bien des gâteaux simples que des recettes de fête plus élaborées ; il aborde aussi les confitures, le chocolat ou les glaces.

Ce livre offre des recettes professionnelles, ce qui explique  la présence d’ingrédients  (sucre inverti ou glucose) qui ne font pas toujours partie de nos basiques, et les moules à cake de 10cm ne courent pas les rues mais mes premiers essais sont très satisfaisants, les proportions sont bien indiquées, les gestes sont précis et bien expliqués. Je découvre et teste des variantes de recettes qui sont toujours réussies.

Un tueur sous la pluie

chandlerRaymond Chandler – Un tueur sous la pluie, traduit par Henri Robillot – Gallimard Série noire 1972

Ce volume rassemble trois nouvelles (Un tueur sous la pluie suivi de Déniche la fille et Bay city blues) qui nous plongent dans une ambiance délicieusement désuète de polars des années 30.
A chaque fois, le héros est un privé sans illusion sur la nature humaine ; ces cousins de Philip Marlowe sont un peu moins pessimistes que les privés de Hammett mais je verrais bien Bogart ou Mitchum les incarner.

Chaque nouvelle a un scénario bien ficelé, un vrai film potentiel. L’histoire s’appuie sur les travers de la nature humaine mais sans excès et les filles ne sont pas systématiquement des garces.

 

Candide

J’ai lu Candide adolescent, comme tout le monde, une plongée dans la version musicale de Bernstein m’a donné envie de le relire. Ce conte est une farce cousue de fil blanc et de grosses ficelles, il ne faut pas s’attendre à du réalisme.

La maisonnée du baron de Thunder-Ten-Tronckh, noble westphalien, comprend le baron et sa grosse épouse ; leurs enfants Cunégonde et son frère ; Pangloss, le percepteur du fils ; Paquette, domestique et amante de Pangloss et enfin Candide, recueilli par le baron dont il est sans doute le neveu.
Amoureux de Cunégonde, Candide est chassé par le baron avec pour seul bagage la certitude enseignée par Pangloss que « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles » et cet optimisme béat résistera longtemps.

Candide est recruté par des Bulgares et devient soldat, puis il est recueilli par un anabaptiste, Jacques, et retrouve Pangloss qui lui annonce le massacre de Cunégonde et de sa famille. Jacques les emmène à Lisbonne mais meurt en route ; Candide et Pangloss débarquent le jour du tremblement de terre, deviennent les boucs émissaires de cette catastrophe et sont les sujets d’un bel autodafé ; Candide est sauvé in extremis et retrouve Cunégonde qui a échappé aux Bulgares mais se retrouve partagée entre un riche juif et l’inquisiteur que Candide va trucider allègrement avant de s’enfuir avec sa bien aimée et la Vieille vers l’Argentine.
Les péripéties continuent de plus belle car Cunégonde est enlevée par le gouverneur de Buenos Aires ; Candide tente alors sa chance avec son valet Cacambo au Paraguay voisin où il retrouve le frère de Cunégonde qu’il finit par passer au fil de l’épée avant de continuer sa fuite qui l’amène dans l’El Dorado, paradis terrestre qu’il abandonne chargé de richesses pour retrouver sa Cunégonde.

Il revient en Europe accompagné de Martin, pessimiste en diable, qui est le pendant absolu de Pangloss ; débarque à Bordeaux ; passe par Paris où il se fait gruger avant d’arriver à Venise où il doit retrouver Cunégonde. Pour finir, il débarque à Istanbul, retrouve le frère de Cunégonde et Pangloss esclaves sur une galère et rachète Cunégonde qui est aussi devenue esclave, et bien laide. Tout ce petit monde vit aux dépends de Candide qui s’est fait dépouiller allègrement et qui découvre la sagesse en voyant son voisin prospérer en travaillant et il arrive à la conclusion très morale qu’il faut cultiver son jardin, autrement dit que l’on a rien sans peine et qu’il faut bosser !

Quelle série de coups de Trafalgar, de personnages comptés pour mort qui reviennent tout gaillards, et tout çà pour arriver à cette conclusion assez décevante. Candide qui a foi dans la philosophie de Pangloss est un benêt qui se décile à la toute fin du conte. Le passage à Paris est un épisode assez amer et critique sur les mœurs qui y règnent ; malgré tout, ce récit picaresque est drôle dans ses excès et se laisse bien relire.

Voltaire – Candide – Livre de poche

Chien galeux

Don Delillo – Chien galeux, traduit par Marianne Véron – Actes Sud 1993

J’avais vu dans un article que Don Delillo est un des grands écrivains américains contemporains, comme Russel Banks, Cormac Mc Carthy. Ce livre patientait depuis longtemps dans mes étagères, mais je ne suis pas enthousiaste.

L’histoire tourne autour d’un film porno tourné dans le bunker d’Hitler qui affole un petit monde de collectionneurs. Delillo mêle dans cette histoire un antiquaire, un sénateur, un patron de barbouzes, un industriel du porno, des mafieux et une journaliste d’une revue gauchiste qui a frayé avec des terroristes.

C’est assez mal ficelé et sans grande logique ; ce roman aborde trop de thèmes à la fois, et qui trop embrasse… Il en ressort une critique pas trop méchante de la politique, de ses rapports avec les opérations occultes, une évocation très superficielle des mouvements radicaux… C’est décousu et assez convenu, cela n’a rien du « thriller politique « annoncé par la 4e de couv. .

 

Le grand marin

Catherine Poulain – Le grand Marin – Points Seuil 2017

Ce roman nous entraîne à la suite de Lili, petite française qui fuit Manosque pour se réfugier sur l’île de Kodiak en Alaska, avec l’envie d’aller encore plus loin.

Elle trouve à embarquer sur le Rebel, malgré son statut de clandestin, et participe à la pêche à la morue. Cette pêche se fait avec des palangres, longues lignes avec hameçons, et le roman nous plonge dans la vie infernale des pêcheurs qui travaillent jour et nuit pour finir la campagne sans rien toucher. Cette vie est exaltante pour Lili et certains de ses compagnons mais m’a parue d’une violence extrême, liée au rythme de travail, à l’effort physique, aux blessures, à la tension qui se dégage.
Lilli est complètement subjuguée par ce milieu et rêve d’aller pêcher le crabe en mer de Bering. C’est la promesse d’une campagne apocalyptique dans la mer glacée qui résonne avec le côté autodestructeur du personnage.

Sur le bateau, elle côtoie Jude, le « grand marin », et l’escale tourne en histoire d’amour. Jude va partir pêcher à Hawaii mais Lili, malgré tout, préfère garder son indépendance et revient sur Kodiak.
A l’issue d’une autre campagne où elle se blesse, Lili végète à terre et se mêle à la faune d’anciens marins et de vrais paumés qui hantent le port. Cette plongée assez glauque dans un monde d’ivrognes, de clochards et de drogués sans espoir plombe bien le roman.

J’ai énormément apprécié le début de ce roman, soutenu par un style sec, rapide, qui colle bien avec l’histoire. Le roman commence à tirer en longueur avec l’idylle, pas très romantique, et la dernière partie est beaucoup moins prenante.

 

Cookies Ferrandi

Et une nouvelle recette de cookies, un peu différents des précédentes, qui donne une recette croustillante mais assez légère, dont la garniture peut sans doute être modifiée (j’essaierai bien avec des raisins au lieu du chocolat noir).

Cette recette est un nouvel essai du livre Ferrandi ; je les ai sans doute faits moins gros  que la recommandation (à mon goût !) et j’ai pu façonner une 40e de pièces.

cookies - chocolat - Ferrandi

Il nous faut :

  • 160 g de beurre pommade
  • 160 g de sucre casonade
  • 50 g d’œuf (1)
  • 1 gousse de vanille
  • 250 g de farine
  • 3 g de levure chimique
  • 40 g d’éclats de chocolat noir (carrés ou pistoles hachées)
  • 120 g d’éclats de chocolat blanc
  • 25 g d’amandes effilées

cookies - chocolat - Ferrandi

Malaxer le beurre et le sucre (à la maryse, comme la recette originale, ou au robot, comme moi), ajouter l’œuf et la vanille et travailler le mélange.

Ajouter la farine et la levure tamisées puis les chocolats et les amandes.

Faire un boudin de 3 à 5 cm de large, filmer et réserver 1/2 heure au frigo.

cookies - chocolat - FerrandiCouper des tranches de 1 cm (grand maxi), les répartir sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

Et faire cuire 12 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

Laisser refroidir sur une grille avant de déguster.

cookies - chocolat - Ferrandi
Miam !

[Edit] La version aux raisins fonctionne bien ! remplacer le chocolat noir par les raisins secs (on peut augmenter la quantité de 50 à 70 g) et éventuellement diminuer le sucre de 15 à 20 g selon les raisins. Faire gonfler les raisins avant de les intégrer dans la préparation (j’ai pris l’option 1 grosse CS de rhum), le reste est identique.

Tant que nous sommes vivants

tant que nous sommes vivantsAnne-Laure Bondoux – Tant que nous sommes vivants – Gallimard 2016

Bo et Hama travaillent dans la même usine, l’un de jour, l’autre de nuit. Ils  sont tombés amoureux au premier coup d’œil et ce roman commence par une belle histoire d’amour fou dans un monde triste et engourdi.

Cet amour fusionnel connait sa première épreuve quand l’usine explose et que Hama perd ses mains. La rumeur charge Bo de la responsabilité des malheurs de la communauté, ses projets sont rejetés et le couple fuit cette ville devenue hostile. La suite est plus onirique, flirte avec le conte philosophique et donne une belle leçon de vie sans avoir la lourdeur des feel-good books.

Hama donne naissance à Tsell et la famille est recueillie par une drôle de tribu qui va les héberger et leur faire prendre conscience de leurs peurs et de leurs désirs profonds. Bo s’épanouit à la forge mais il accepte de repartir avec Hama.
La famille trouve son refuge, Tsell grandit et tout bascule quand arrivent des soldats. Tsell découvre un autre monde, la guerre et surtout tombe amoureuse de Vigg alors que le couple de ses parents éclate. A son tour, elle fait le chemin inverse avec Vigg et trouve elle aussi sa voie.

Ce roman est une belle surprise : un joli style, une histoire forte sans être pesante avec des personnages attachants, même les seconds rôles.

 

Underground Railway

2226393196 - Colson - Underground railwayColson Whitehead – Underground Railroad, traduit par Serge Chauvin – Albin Michel 2017

Le roman d’esclavage est un genre bien connu : Racines, Jubilee ou La chanson de Salomon nous font vivre ce système d’un autre âge. Ce roman est différent et original car il est basé sur l’odyssée de Cora, esclave qui fuit sa plantation de Georgie.

La plantation de coton où travaille Cora n’est pas un havre de paix mais la situation empire avec le changement de propriétaire. Après avoir hésité, elle accepte de suivre Caesar dans sa fuite où il rejoint le réseau du chemin de fer clandestin. Ce réseau devient un vrai chemin de fer souterrain ; cette invention qui tire vers le fantastique permet de resserrer l’histoire sur Cora.

Elle arrive en Caroline du Sud où la société libérale qui accepte les Noirs cherche en fait à les éliminer ; l’étape suivante est la Caroline du Nord d’où les Noirs sont bannis et où Ridgeway l’impitoyable chasseurs d’esclaves la capture. Le parcours passe ensuite par le Tennessee puis l’Indiana avant d’ouvrir vers l’Ouest.

Chaque étape permet d’évoquer la vie des esclaves, de questionner sur l’acceptation des Noirs, le racisme et résonne curieusement avec la période actuelle, ce qui donne la force et l’intérêt de ce roman.

 

L’enfant perdue

Ferrante - Amie prodigieuseElena Ferrante – L’amie prodigieuse 4, l’enfant perdue, traduit par Elsa Damien – Gallimard 2018

Et voilà, fin du 4e et dernier tome de cette série. Je le referme avec la satisfaction d’avoir découvert un univers romanesque de grande qualité et un auteur à suivre.

Nous avions quitté Elena en pleine crise amoureuse avec Nino, avec un volume moins dense mais rempli de ses hésitations. Elle va au bout, malgré la difficulté du divorce, et s’installe à Naples alors que Nino, toujours marié, assume sa double vie. Son installation à Naples la rapproche de Lila qui la met pourtant en garde contre son amant ; leur amitié se renforce encore quand elles tombent toutes deux enceintes en même temps et qu’Elena revient dans son quartier après avoir chassé Nino. Tout semble réussir à Lila, les affaires marchent bien ; toujours opposée au Solara, elle devient un modèle dans le quartier et sa fille Tina est inséparable d’Imma, la fille d’Elena. Au pied du mur, Elena ressort un manuscrit qui est publié et lui redonne confiance. Sa carrière d’auteur reprend avec plus de force et elle se met à écrire sur Naples et sur les Solara ; mais cette période idyllique va se terminer avec la disparition de Tina.

Ce livre est plus âpre que les précédents et la dernière partie montre la dérive de Lila après la disparition de sa fille. Elle devient le fantôme d’elle même, perd son influence, se fâche avec son entourage. Elena est encore présente pour elle mais leur relation est plus tendue, moins fusionnelle. Et tandis que Lila s’enlise, Elena s’épanouit dans son succès professionnel qu’elle mène de front avec sa vie de mère, pas toujours facile. Pendant ce temps, les Solara et de nombreux amis disparaissent, la drogue et la violence s’imposent, la cavale de Pasquale s’achève. Elena quitte Naples au bout de quelques années et sa relation avec Lila va s’épuiser.

Cette quadrilogie est une superbe fresque de l’Italie contemporaine où chacun déroule son destin sur un fond historique toujours présent mais jamais pesant. La vie de ce quartier nous permet de suivre les personnages depuis leur enfance jusqu’à leur épanouissement ou leur fin tragique. Les caractères se dessinent sur le long terme : Elena, jeune femme moderne qui se coule dans un rôle traditionnel d’épouse avant de de libérer et de vivre sa carrière tout en ayant une relation pas très simple avec ses filles ; Nino, le bellâtre inconsistant et opportuniste ; Adele, la bourgeoise de gauche accrochée à ses considérations de classe ; Pietro, l’intellectuel écrasé par le modèle famillial ; Pasquale, héritier d’une révolte qu’il cherche à transcender… et bien sûr Lila, qui reste énigmatique : est-elle un ange ou un démon et au final qu’en est-il de leur amitié ?

 

Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu

MAi 68 - rotman

Patrick Rotman – Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu, entretien avec Laurence Devillairs – Le Seuil 2008
Patrick Rotman, Charlotte Rotman – Les années 68 – Le Seuil 2008

Et c’est parti pour la célébration de 68 ! on va nous sortir tous les anciens combattants qui ont 50 ans de plus (Cohn-Bendit trouve que ces célébrations accusent son âge) et qui ont eu de belles carrières, bien implantés dans les médias ou la politique. On ne parlera sans doute pas des OS de Renault.

Mis au fait c’est quoi 68 ? je l’ai vécu en culotte courtes, je n’en ai donc aucun souvenir si ce n’est des vacances supplémentaires et une rumeur de désordre. Ce petit livre de Patrick Rotman écrit il y a 10ans, retrace le contexte et les évènements de ce mois de mai qui s’est prolongé jusqu’en juin. L’opuscule se lit bien, est intéressant et redonne le contexte intellectuel et politique. Le beau livre sur les années 68 insiste un peu plus sur le contexte international, détaille les évènements et surtout offre un vaste choix d’illustrations qui nous replongent dans  ces années : actualité, mode, culture, pop…

Mai 68,ce ne sont pas 10 semaines, mais 10 années qui ont changé la société française.

La triple crise universitaire, sociale et politique est à situer dans un temps qui commence avec la fin de la guerre d’Algérie et se termine avec les crises des années 70, liées au 1er choc pétrolier. Mai 68 n’est pas que français ; la contestation était générale, liée au réveil du tiers-monde, à la guerre du Viet-Nam mais aussi à la « revendication hédoniste d’un droit de vivre selon son plaisir et non selon la morale dictée par les bonnes mœurs. »

En France, le prologue se déroule à Nanterre où Cohn-Bendit fout le bordel mais c’est à la Sorbonne que les évènements débutent le 3 mai où le trublion et ses camarades passent en conseil de discipline. Les policiers ramassent les étudiants venus manifester dans la cour de la Sorbonne, une contre-manif d’Occident est attendue et tend l’ambiance. Les choses dégénèrent avec les premières brutalités policières qui suscitent un mouvement étudiant qui devient barricades le 10 mai, avec le soutien de la population.
Le 13 mai, les syndicats s’y mettent et on aura 7 millions de grévistes. La CGT suit le mouvement par peur d’être débordée par la CFDT et les gauchistes (PSU).

Le pouvoir réagit mal, De Gaulle, en opposition avec ses ministres, veut mater le désordre et l’interdiction de séjour de Cohn-Bendit, le 22 mai, relance le mouvement étudiant. De Gaulle parle le 24 mai, sans succès, et la modération cesse de part et d’autre, mais Les occupations des locaux et les excès des étudiants vont leur faire perdre le soutien de la population.

Pompidou est convaincu que la négociation est la seule fois possible pour sortir de la crise, il donne rendez-vous aux syndicats et au patronat rue de Grenelle. Le patronat cède rapidement sur une augmentation du SMIC de 33 %, la CFDT obtient la représentation des syndicats dans les entreprises et la CGT qui bloquait les accords cède par crainte du succès de la manifestation de Charletty. Malgré tout, les accords de Grenelle ne suffiront pas pour faire reprendre le travail, Renault ne reprend que le 17 juin et Citroën le 24.

Le 29 mai, De Gaulle fait son escapade à Baden Baden (fatigue  coup de bluff ?), cède à Pompidou qui exige la dissolution et les élections de juin seront un raz-de-marée gaulliste mais la rupture est consommée entre De Gaulle et Pompidou qui ne sera pas renommé 1er ministre.

Mai 68 n’est pas un révolution ratée mais une réforme réussie

La suite c’est la réforme de l’Université d’Edgar Faure, l’héritage d’un gauchisme politique, l’émancipation des femmes et la transformation des rapports parents-enfants, la contre-culture. Rorman analyse de façon assez détaillée les differentes mouvances gauchistes, des tentations communistes sans stalinisme à la fascination maoïste, et leur devenir.