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Piège nuptial

BD adaptée d’un roman de Douglas Kennedy, j’ai eu un peu de mal au début avec le dessin mais il se révèle efficace et bien adapté au récit.

Journaliste américain entre 2 jobs, Nick parcourt l’Australie profonde. Il prend en stop Angie qui vient d’un bled qui n’est sur aucune carte. Ce qu’il pensait une aventure sans conséquences va se transformer en cauchemar.

Drogué, enlevé, Nick se retrouve à Wollanup, marié à Angie et à la merci d’un clan de dégénérés qui vit en autarcie. Complètement piégé, le Yankee essaye de se faire bien voir, fait des efforts pour s’intégrer mais se heurte à la folie du tyran familial. Il craque, devient presque fou et la fuite semble impossible…

L’ambiance est glauque à souhait, les personnages sont très réalistes dans leur folie ou leur isolement et l’ambiance de ce milieu clos fait indéniablement penser à celles des sectes. Une belle réussite.

Christian de Metter  – Piège nuptial – Casterman 2012

Macarons aux noisettes

Une autre façon d’utiliser des blancs d’œufs ! j’ai fait plusieurs essais avant d’arriver  à un résultat satisfaisant, pas trop dur mais assez cuit pour ne pas être caoutchouteux.

Cette recette est un mix largement inspiré des macarons de Betty Bossi et de Bredele.fr.

  • 100 g de blancs d’œufs (3)
  • 120 g de sucre
  • 200 g de noisettes en poudre (torréfiées, c’est encore meilleur)
  • qs de noisettes décortiquées

Les proportions sont simples et peuvent facilement être adaptées si vous n’avez que 2 blancs (ou 4 !)

Monter les œufs en neige et incorporer le sucre en 3 fois ;
Ajouter les noisettes en mélangeant délicatement avec une spatule.

Mettre l’appareil dans une poche à douille (douille +/- 1cm);
Pocher des portions de la taille d’une noix sur une plaque recouverte de papier sulfurisé ;
Ajouter une noisette sur chacun, cela décore et renforce le goût du biscuit ;
et enfourner dans four préchauffé à 180° C pour 12 minutes, les macarons doivent être légèrement dorés (on peut laisser crouter les macarons avant d’enfourner).

Variante : utiliser des noisettes hachées au lieu de la poudre et vous aurez des brutti ma buoni.

et miam !

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Le tour du monde du roi Zibeline

Rufin nous emmène au XVIIIe siècle et nous fait découvrir un aventurier philosophe. Sa version romancée de la vie d’Auguste Benjowski, basée sur les Mémoires de ce personnage historique, est plus flatteuse que la fiche wikipedia du bonhomme (voir Maurice Beniowski).

Auguste Benjowski, fils de nobles hongrois, a reçu les leçons d’un précepteur français qui lui a inculqué les principes de la philosophie des Lumières. Très jeune, il part servir l’Empire (hussard, bien sûr), avant de rejoindre la Pologne. Il refuse la domination russe et combat vaillamment avant d’être fait prisonnier.

Après une tentative d’évasion, il est exilé au bout de la Sibérie, au Kamtachtka. Là il s’attire les bonnes grâces du gouverneur et de sa fille, mais dirige une rébellion d’exilés qui s’enfuient en volant un navire. Les mois suivants lui font explorer le Pacifique Nord, premier navigateur à tracer cette route : Alaska, Aléoutiennes, Japon, Formose, Canton avant d’arriver à Macao.

Il rejoint la France, propose d’établir une colonie à Formose mais on préfère l’envoyer conquérir Madagascar. Malgré les réticences et les embuches des autorités de l’ile Bourbon, il parvient à s’établir, rassemble les différents peuples de l’île et met en place des institutions cohérentes avec ses principes philosophiques. Il repart chercher du renfort en Angleterre puis en Amérique, avant de revenir bien des années plus tard à Madagascar.

Ce roman nous présente un destin et une aventure assez extraordinaires. Rufin fait raconter ce récit à Benjamin Franklin par Auguste et son épouse Anaphasie et nous plonge dans le  XVIIIe siècle de la Guerre de 7 ans, des grands explorateurs (Cook, Kerguelen), nous emmène à la cour de France ou nous fait découvrir des terres quasiment sauvages. Tout pour plaire et pourtant, je ne trouve pas ce livre totalement enthousiasmant, le récit d’Auguste est trop descriptif, trop distancié. Heureusement, Anaphasie prend largement sa part dans le récit, et apporte cette part de romanesque, de sensibilité et d’humanité. C’est voulu par l’auteur mais la différence entre les deux styles déséquilibre le récit.

Jean-Christophe Rufin – Le tour du monde du roi Zibeline – Gallimard 2017

Les bottes suédoises

On retrouve dans ce roman Fredrik Welin, le personnage des Chaussures italiennes, victime de l’incendie de sa maison. Il est secoué par ce désastre qui lui fait prendre conscience de sa vieillesse et ravive de nombreux souvenirs.

Le bonhomme est peut être un peu moins misanthrope mais toujours mal embouché, et ses relations avec les autres sont compliquées : il ne supporte pas les soupçons de la police, envoie balader le voisin serviable mais volontiers envahissant et se prend de bec avec sa fille Louise qui est venue dès qu’elle a appris l’incendie. Il faut dire qu’elle est aussi compliquée que son père, refusant de dévoiler quoi que ce soit de sa vie. Même la relation qu’il tente avec Lisa, la journaliste qui est venue enquêter sur l’incendie et qui ne le laisse pas indifférent, est compliquée et maladroite, sous-tendue par son désir de la mettre dans son lit.

Fredrik va évoluer quand Louise l’appelle a l’aide. Il devient moins autocentré, s’ouvre aux autres et dévoile des sentiments. Ses rapports avec Louise s’apaisent enfin et sa relation avec Lisa devient sereine. Cette transformation s’appuie aussi sur un sentiment de crainte de la mort qui s’approche, de volonté de transmission. L’intérêt de ce roman ne réside pas dans son histoire, pas très bien ficelée,  mais dans cette évolution.

Henning Mankell – Les bottes suédoises – Seuil 2016

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Le tour d’écrou

Ce petit roman me permet d’apprécier le style de James que j’avais découvert dans Portrait de Femme : des descriptions minutieuses, une étude très fine des comportements et des caractères.

Un oncle distant confie à une jeune femme la charge de l’éducation de sa jeune nièce Flora. Le frère ainé, 10 ans, va se joindre à eux après avoir été renvoyé du collège sans que l’on en connaisse la raison. Les deux enfants sont sages, la vie est facile pour l’institutrice jusqu’à ce qu’elle voit les domestiques qui l’ont précédés et qui sont morts.

La gouvernante, Mme Grose, lui dresse un portrait sinistre des anciens serviteurs, Peter Quint et Mis Jessel, qui ont eu une aventure et ont choqué par leur comportement. Quint s’entendait bien avec Miles, le jeune garçon, et nous sommes peu à peu persuadés que son fantôme cherche à prendre le contrôle de Miles tandis que Miss Flessel s’occupe de de Flora. A la fin, Miss Grose part avec Flora chercher de l’aide auprès de l’oncle alors que la narratrice reste avec Miles pour le soustraire à l’influence de Quint.

Ce roman se présente comme un histoire de fantômes mais je ne sais pas ce qu’il en est en définitive, et c’est du grand art. Le dernier chapitre est diabolique car je ne sais pas si la narratrice a eu des apparitions ou des hallucinations ; si elle protège les enfants ou les enferme dans son délire, à vous de lire et de me dire.

Henry James – Le tour d’écrou, traduit par Monique Nemer – Stock 1994

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Le cas Malaussène

Pennac nous ramène Benjamin Malaussène ; et après tout ce temps, c’est toujours un plaisir de retrouver ce héros atypique et sa tribu.

Benjamin passe ses vacances dans le Vercors tout en surveillant Alceste, un des poulains des éditions du Talion qui se sont reconvertis dans les vévés, auteurs de vérité vraie. Il a vieilli notre personnage, ses enfants sont grands et l’ont tous abandonné pour passer leurs vacances aux 4 coins du monde au service d’ONG, et il est touchant dans sollicitude envers ces jeunes adultes.

Le roman s’intéresse aussi à Lapiéta, homme d’affaires à la Tapie, qui doit toucher un joli pactole de fin de mission. Lapiéta est enlevé et bien sûr Benjamin va se trouver mêlé de façon involontaire à cette histoire…

J’avoue que j’étais un peu sceptique, je craignais une resucée insipide mais Pennac sait toujours nous enchanter. Les personnages sont toujours aussi truculents, atypiques, bien campés et le style est fluide. Ce volume est la première partie et j’attends la suite avec impatience… D’ici là, je crois que je vais reprendre les Malaussène car ses petits rappels m’ont donné envie de me replonger dans la série.

Daniel Pennac – Le cas Malaussène, ils m’ont menti – Gallimard 2017

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