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L’Amérique indienne

America #9 – L’Amérique indienne – 2019.

Un numéro de America sur les indiens ne pouvait que intéresser et le dossier est à la hauteur de mes attentes.
David Treuer évoque l’héritage de Wounded Knee, point final à une longue phase de souffrances et de dépossessions, […] considéré comme la fin du mode de vie indien, mais aussi comme la fin d’un certain mode de vie américain ;  Jim Fergus nous livre sa rencontre avec Grand-Mère Margaret qui illustre la difficulté d’intégration des indiens et la rivalité encore présente entre peuples et Joseph Boyden pose la question de qui a le droit de se définir comme autochtone au travers d’un beau plaidoyer pour la tolérance.

Les indiens ont survécu et sont davantage que des fantômes, davantage que les vestiges d’un peuple qui fut autrefois un peuple heureux. Nous avons survécu, de plus en plus investis dans le substrat américain et de plus en plus influencés par lui-de même que, de notre côté, nous faisons de notre mieux pour l’influencer. David Treuer

Ce numéro offre une interview de Bret Easton Ellis et je n’aime pas plus le bonhomme que son œuvre (j’ai détesté American Psycho). J’ai beaucoup apprécie l’article sur la chute de marque Trump : « Les consommateurs n’associent plus son nom au luxe et à l’élégance, ni à l’esprit de l’entrepreneur conquérant qui a su dompter le Far-West. Aujourd’hui, on associe son nom au racisme, au sectarisme et à la haine. »

Plaidoyer pour le vin naturel

Eric Morin – Plaidoyer pour le vin naturel –  Nouriturfu 2019

Avocat, Eric Morin a beaucoup plaidé pour la défense de viticulteurs  « naturels » confrontés aux réglementations tatillonnes, notamment celles des appellations.

Avec pas mal d’humour et de dérision, cet opuscule offre une belle plaidoirie et relate 5 affaires qui mettent aussi en valeur l’étroitesse d’esprit de l’INAO.

Quelques rappels juridiques sur le vin et son étiquetage pointent aussi les lacunes de ce domaine ; par exemple un vin naturel n’est pas défini légalement et donc n’existe pas. En tant que consommateur, j’aimerais bien qu’il y ait un pourcentage de sulfites plutôt qu’une simple mention de leur présence. Ce pourcentage en dit beaucoup sur la culture de la vigne et l’élevage du vin, ce serait un premier pas en attendant d’identifier les différents intrants d’un vin « chimique. »

Ce petit livre est une initiation agréable aux problématiques du vin naturel, il ne rentre pas du tout dans la technique du bio, de la biodynamie, etc. mais rend sympathiques ces viticulteurs qui osent une approche différente.

 

L’été des quatre rois

Camille Pascal – L’été des quatre rois – Plon 2018.

Ce gros roman historique nous plonge dans les détails de la chute de Charles X et de son remplacement par Louis-Philippe. Le roman dépasse le cadre des Trois Glorieuses (27, 28 et 19 juillet 1830) et se poursuit jusqu’à l’exil de Charles X.

Tout commence par la publication d’ordonnances de Charles X, poussé par son ministre Polignac, qui rétablissent une monarchie absolue. Le but est affaiblir l’opposition libérale mais la bourgeoisie et le peuple ne se laissent pas faire.

L’opposition est menée par différents protagonistes, libéraux, révolutionnaires, ou simplement monarchistes favorables à un changement. Il y le banquier Lafitte qui défend les intérêts de la finance, Thiers qui s’agite avec son journal, La Fayette qui se rêve en Washington…. En quelques jours, on va passer d’une révolte populaire à une tentative de Révolution et de rétablissement de la République soutenu par la Commune de Paris ; mais les forces financières et conservatrices vont reprendre les rênes et promouvoir un régime « libéral » mais royaliste.

Alors que la Cour est à Saint Cloud, Paris s’enflamme. Le maréchal Marmont est chargé de défendre Paris mais cet ancien bonapartiste se fait déborder par l’insurrection. L’entourage de Charles X est pitoyable, à commencer par son benêt de fils, le duc d’Angoulême. Charles X et son entourage s’enfuient à Rambouillet ; le roi finit par abdiquer en faveur de son petit-fils, duc de Bordeaux, alors même que le duc d’Orléans est sollicité pour être Lieutenant général du Royaume puis roi.

Le style est un peu « ancien régime » mais ce livre est passionnant. Les évènements sont relatés dans le détail au travers des actions des différents personnages, ce qui donne un rendu très vivant et agréable à lire. Le souvenir de la Révolution ou de l’Empire sont encore très présents, les différents protagonistes ont vécu ces périodes et se positionnent en fonction de leur passé.  Les portraits sont loin d’être flatteurs et Thiers, La Fayette ou la famille royale en prennent pour leur grade.

 

Pannacotta

La pannacotta, c’est simplissime! je comprends pourquoi la plupart des restaurants en proposent, il n’y a quasiment rien à faire, si ce n’est trouver la bonne proportion…
Car la pannacota peut être soyeuse et excellente ou une espèce  de colle proche du mastic.

J’ai trouvé une celle qui me donne satisfaction dans le Fou de pâtisserie  de l’été 2018, avec une recette de Laura Zavan. Elle est excellente toute simple à la vanille, un zeste infusé lui donne du caractère et elle harmonise très bien avec des coulis, de compotes ou des fruits frais. On trouve plein de variantes : Felder met 150 g de sucre au lieu de 100, Mercotte moins de gélatine, testez et adaptez !

pannacotta
Pannacotta

Pannacotta

D’après Laura Zavan, Fou de pâtisserie #30, juillet-août 2018

Ingrédients

  • 1l crème fleurette
  • 100 g sucre blond
  • 1 gousse vanille
  • 8 g feuilles de gélatine (4)
  •  zeste 1 citron

Instructions

  1. Faire tremper la gélatine 10 minutes dans l’eau très froide
  2. Faire chauffer la crème avec le sucre, la gousse de vanille fendue et le zeste de citron
  3. Mélanger jusqu’aux premiers signes d’ébullition
  4. Retirer du feu, ôter la vanille et le zeste de citron
  5. Faire dissoudre la gélatine au fouet, laisser tiédir 5 min en mélangeant de temps en temps ou  éviter la formation de peau
  6. Verser dans des petits pots
  7. Laisser refroidir à température ambiante, couvrir d’un film alimentaire et laisser prendre au frais au moins 3 h
  8. Décorer avec la garniture de votre choix, fruits frais, coulis de fruits rouge, gelée d’agrume, amarena…

Variante

Remplacer la crème par un mélange lait (entier de préférence) et crème. On trouve pas mal de recette avec 1/3 lait, j’ai été jusqu’à 1/2 lait, 1/2 crème.

Dans cette variante, il faut 10g de gélatine par litre.

Notes

  • 8 g de gélatine par litre va très bien pour un service en pots, on peut mettre 10 g par litre si on veut démouler les pannacottas
  • aromatiser 4 CS marsala, rhum, fleur d’oranger

Panacotta sans gélatine

Pour les allergiques à la gélatine, on trouve aussi des recettes à l’agar-agar : 2 CS rases par litre de crème, il est recommander d’ajouter 1 CS de maïzena pour apporter onctuosité que ne donne pas ces algues et surtout de bien faire bouillir pour les activer.

J’ai préféré tester une recette plus traditionnelle repérée par Mercotte sur le blog Du miel et du sel. Le résultat est agréable, les proportions simples et faciles à adapter.

Ingrédients

  • 30 cl crème fleurette
  • 3 blancs d’œufs
  • 30 g de sucre
  • 1 gousse de vanille

Instructions

  1. Préchauffez le four à 110° chaleur tournante.
  2. Portez juste à ébullition la crème, ajoutez les graines de vanille et laissez infuser 10min.
  3. Dans un cul de poule, fouettez légèrement sans les monter les blancs d’œufs avec le sucre et versez-y progressivement la crème à la vanille.
  4. Versez ensuite ce mélange dans les verrines ou les ramequins choisis en les remplissant au 3/4
  5. Faites cuire au bain-marie environ 40min, les crèmes doivent rester tremblotantes.
  6. Laissez refroidir à température puis réservez au réfrigérateur.

 

City on fire

Garth Rish Hallberg – City on fire, traduit par Elisabeth Pellaert – Plon 2016.

Ce titre m’a été chaudement recommandé par des amis, il est donc remonté en position prioritaire dans ma liste « à lire » et je me suis tapé ses presque 1000 pages.

Ce livre est un phénomène car son auteur a touché 2 millions de dollars d’à-valoir. Phénomène financier et non littéraire car il a les défauts d’une certaine littérature qui ne sait pas couper les passages inutiles, littérature commise au kilomètre par des romanciers nombrilistes qui se regardent écrire et qui se complaisent dans le vide.

Ce roman commence le 31 décembre 1976 et se poursuit jusqu’en juillet 1979 avec le grand black out de New York. On y croise un bande de punks avec un simili gourou qui attire des ados un peu paumés sous prétexte de post humanisme ; une famille de bourgeois qui explose ; un peintre qui se drogue ; un journaliste revenu de tout ; un flic handicapé qui doit prendre sa retraite… rien que du réjouissant. Et le tout se déroule dans un New York sordide, ruiné, envahi par les drogués et les laissés pour compte.

Je n’ai pas du tout accroché, il y a pourtant une histoire de complot et un « Frère Démon » qui auraient pu sauver ce livre : les rockers et punks sont effrayants et leur verbiage rébarbatif ; les fanzines évoqués sont d’un ennui mortel ; les affres du golden boy ne sont que larmes de crocodile…. Il faut atteindre les pages évoquant la panne de courant pour que ce roman soit crédible, la cinquantaine pourrait faire une excellente nouvelle  autour de l’évocation du bordel ambiant et la description de la violence.

Zadig #1

L‘équipe du 1 et de America lance une nouvelle revue dédiée à la France. Cette nouvelle publication, moins littéraire que sa grande sœur, cherche à comprendre la France et ce premier numéro est tout à fait intéressant.

Fottorino nous explique le titre : « Zadig pour dire non au renoncement. Parce que le héros voyageur de Voltaire, malgré les épreuves qu’il traverse, trace son chemin avec obstination, sans abandonner sa quête de bonheur, sans jamais baisser les bras. […] Cette résilience, il la puise dans sa curiosité pour l’autre, dans son besoin d’écoute pour mieux comprendre. »

Ce premier volume remplit bien sa mission et alimente notre curiosité pour l’autre au travers de récits et de témoignages : la pêche au Guilvinec, une déambulation à Vierzon ou Le Creusot, Boyd qui raconte sa vie en Dordogne ou Kérangal qui évoque Le Havre.

Le volume offre aussi des interviews, celle de Rosanvalon est intéressante mais il faut absolument lire celle de Mona Ozouf que j’ai trouvé passionnante. Cette grande historienne a un parcours personnel très riche et ses propos sont tout à fait éclairants.

La France est d’abord une nation « idée ». Ce n’est pas un hasard si sa devise est Liberté, Egalité, Fraternité. Des concepts pas une figure.

L’égalité est une fiction. Mais c’est une fiction féconde qui a fait bouger le monde, l’ingrédient nécessaire du progrès.

La formidable dissemblance de notre temps avec 1789, c’est l’espérance. Les Gilets jaunes, c’est une révolte sans rêves. Une révolte sans récit, tout au moins sans récit de l’avenir…

Profil perdu

Hugues Pagan – Profil Perdu -Rivages 2017.

Ce roman commence comme un policier bien classique des années 60, avec un style émaillé d’argot pour faire bien polar. Mais une fois rentré dedans, j’ai apprécié les personnages, l’intrigue et surtout l’évolution du personnage central.

Meunier, inspecteur des stups, est tué le soir du réveillon  de 1979. L’enquête va être menée par Schneider, un ancien militaire encore hanté par ses souvenirs d’Algérie. L’équipe de Schneider est solide, lui-même fait la part des choses dans ses relations avec Monsieur Tom, puissance locale et ancienne relation d’Algérie. Ils arrêtent un suspect qui avoue bien vite, on ajoute une rivalité policière, un vol d’or et des trafics pour une histoire rondement menée et pleine de rebondissements.

Ce roman serait intéressant mais assez banal s’il n’y avait la rencontre entre Schneider et Cherokee. Le vieux briscard tombe follement amoureux de la jeune femme mais sans la mièvrerie des romances ; le polar devient un décor pour une histoire d’amour inconditionnelle et magnifique.

Là où les chiens aboient par la queue

Estelle-Sarah Bulle – Là où les chiens aboient par la queue – Liana Levi 2018.

Voilà enfin un livre qui sort du lot, bien écrit, une histoire et des personnages attachants, sans les grosses ficelles des livres sortis des ateliers d’écriture.

Ce roman nous emmène à Morne-Galant, en Guadeloupe, à la découverte de la famille Ezéchiel. Hilaire, le père, a épousé Eulalie Lebecq, famille blanche, mais délaisse plus ou moins ses enfants à la mort de son épouse. L’ainée, Antoine de son « nom de brousse », va fuir à Pointe-à-Pitre et devenir un chef de famille informel et très indépendant ; c’est le personnage principal de ce roman. Lucinde puis Petit-Frère la rejoindront, chacun avec un personnalité différente, mais moins forte.

L’évolution de la Guadeloupe dans les années 50-60, l’invasion du béton, les luttes politiques servent de fond à l’histoire de la fratrie. Le roman marque un tournant quand Lucinde puis Petit-Frère partent en métropole et raconte l’installation pas toujours facile de ces immigrés français.

Ce roman est vraiment une réussite, un superbe style avec de belles inventions et des descriptions poétiques sur un thème original.

Moelleux au chocolat

Il existe des tonnes de recettes de gâteaux au chocolat, j’ai trouvé là une recette facile, simple et qui me plait beaucoup. A mi chemin entre le moelleux et le fondant, une croûte légère, ce gâteau est devenu une de mes valeurs sures.

Et pourtant, il y avait 4 recettes différentes dans le n°31 de Fou de pâtisserie, je les ai bien entendu tous testés mais ils étaient trop gras, sans texture ou raplapla, j’adopte celui-ci, il mérite bien son titre de « moelleux extraordinaire. »

Moelleux extraordinaire

D'après Sophie Dudemaine, recette du livre Chocolat facile et gourmand, parue dans PFD #31

Type de plat Dessert
Cuisine Pâtisserie
Mots-clés Chocolat
Préparation 15 minutes
Cuisson 25 minutes
Temps total 40 minutes
Portions 8

Ingrédients

  • 250 g chocolat noir pâtissier
  • 250 g beurre 1/2 sel
  • 200 g sucre en poudre
  • 4 oeufs
  • 70 g farine

Instructions

  1. Faire fondre le chocolat et le beurre. Mélanger et laisser tiédir.

  2. Fouetter les œufs et le sucre pendant 2 minutes à vitesse maximale.

    Puis incorporer la farine et le chocolat fondu. Continuer de fouetter pendant 1 minute.

  3. Verser dans moule de 22 cm beurré, fariné et chemisé (moule à manqué ou charnières).

    Enfourner dans le four préchauffé à 180°C pour 25 minutes.

    Laisser refroidir avant de démouler.

Notes

Encore plus délicieux en ajoutant 2 CS de café soluble dans la préparation (recette suédoise)

Le prince de Cochinchine

Jean-François Parot – Le prince de Cochinchine – Lattès 2017.

Le dernier Nicolas Le Floch, mais le premier que je lit. Je connais cette série par les adaptions télévisuelles qui en ont été faites, plutôt bien foutues, mais ce livre ne me donne pas du tout envie de prolonger l’aventure.

Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, est un super flic du XVIIIe siècle. Il a à résoudre un meurtre réalisé avec son arme, alors qu’une ambassade de Conchinchine est à Paris. L’intrigue est passablement compliquée avec de nombreuses diversions. Son fidèle adjoint montre des signes de rébellion envers l’aristocratie qu’il a bien du mal à admettre tout en en reconnaissant le bien fondé.

J’ai traîné pour finir ce livre, c’est mauvais signe. Je suis resté assez indifférent au charme que beaucoup trouvent à cette série.

La corniche Kennedy

Maylis de Kérangal – La corniche Kennedy  – Folio 2010

Décidement, les romans de Maylis de Kerangal me laissent une drôle d’impression. J’aime plutôt bien mais elle en fait peut-être un peu trop au niveau du style, avec l’accumulation de mots savants qui côtoient des expressions triviales.

Ce petit roman se lit bien, chronique de l’été d’une bande d’ados qui trainent dans une zone potentiellement dangereuse de la côte marseillaise. Le commissaire Opéra les surveille, légèrement fasciné, tout en se consacrant à des surveillances de trafic plus mafieux. Jusqu’au moment où les autorités politiques lui demandent de sévir d’appliquer le fameux « tolérance zéro »…

Ce récit du temps qui passe, des petits riens, des amours adolescentes est un roman mineur mais agréable à lire.

Patients

Grand Corps Malade – Patients – Don Quichotte 2012.

Ce livre est le récit du passage de l’auteur en centre de rééducation après un grave accident qui le laisse tétraplégique. Il décrit le quotidien des patients et des soignants, les évolutions des uns et le désespoir d’autres mais ne tombe pas dans le pathos ce qui en fait un ouvrage intéressant et agréable à lire.

L’évolution positive de son propre cas permet sans doute un peu d’optimisme, il est atterrant de constater que la plupart des pensionnaires de ces centres sont des jeunes gens, et que les causes principales sont des accidents de piscine ou de voiture.

Cent ans

Herbjørg Wasmo – Cent ans, traduit par Luce Hinsch – Gaïa 2011.

Comme Le livre de Dina, ce roman nous emmène dans le Nordland norvégien. Il évoque les femmes de la famille de la narratrice sur quatre générations au travers d’histoires se déroulant principalement du milieu du XIXe au milieu du XXe. Le roman n’est pas linéaire, le mélange des récits ne facilite pas toujours la compréhension, mais nous sommes captivés par ces destins.

Sara Suzanne, l’aïeule née en 1842, épouse Johannes Krog. Ils s’installent à Havnnes où ils gèrent un comptoir qui tient tout autant de la ferme que du port de pêche et du lieu d’échanges. Sara Suzanne sert de modèle à un peintre pasteur, aventure qui donne une incise moyennement convaincante. Elida, sa cadette, est mariée à Fredrik et le couple doit abandonner son domaine de Rosenhaug pour que le mari puisse de faire soigner à Oslo. Enfin, Hjørdis, cadette d’Elida, rencontre Hans avant la 2nde Guerre mondiale ; ils s’installeront à Øksnes après guerre et auront une fille nommée Herbjørg. Le rapport de la narratrice à son père est assez lourd, on suspecte des violences mais elle ne s’attarde pas dessus.

Le roman se déroule dans différentes îles et les Lofoten, dans une Norvège qui reste très traditionnelle. Les familles ont une flopée d’enfants, la pêche reste l’activité principale, et la modernité arrive petit à petit. Des portraits de femmes intéressants mais le roman reste un peu confus.

 

Une colonne de feu

Ken Follett – Une colonne de feu, traduit par Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas – Robert Laffont 2017.

Après Les piliers de la Terre, qui racontait l’édification de l’abbaye de Kingsbridge au XIIe siècle, et Un monde sans fin, centré sur l’abbaye au XIVe, ce roman se déroule à la fin du XVIe et n’est plus centré sur Kingsbridge. Les personnages principaux viennent de la ville et de ses environs mais l’histoire se déroule dans toute l’Europe, sur fond de guerre de religion.

L’histoire commence en 1558 sous le règne de Marie Tudor et se termine en 1620 sous le règne de Jacques Ier après avoir couvert celui d’Elisabeth. Une des intrigues est bien entendu liée à un amour contrarié, mais la lutte des Catholiques et des Protestants offre largement de quoi alimenter le suspens, avec la lutte perpétuelle entre la tyrannie et la tolérance.

Le personnage principal est Ned Willard, fils de commerçants de Kingsbrigde ruinés par une décision inique en faveur de l’abbaye et la prise de Calais par les Français. Il se met au service d’Elisabeth, pas encore reine, et deviendra l’un de ses espions.

La période est politiquement compliquée : Phillipe II d’Espagne est marié à Marie Tudor ; Marie Stuart, reine d’Ecosse est mariée au roi de France et nièce des Guise ; les Espagnols se battent en Flandre et aux Pays-Bas, terres du roi d’Espagne,  contre la poussée de la Réforme…
La période française est bien développée avec la recherche d’influence de Guise, les mouvements de balancier entre tolérance et intolérance envers le culte protestant, avec la Saint Barthélémy en point d’orgue.

J’avais beaucoup aimé les précédents, celui-ci m’a semblé encore plus passionnant, Ken Follett a su se renouveler et a une approche pédagogique de l’Histoire qui rend le roman encore plus intéressant.

Shortbreads à la noisette

Le shortbread est la quintessence du sablé, tout simple et diablement bon, plein de beurre et pas trop sucré. La recette de Bergamotte (Sucrissime) est excellente et super facile.

J’ai trouvé un moyen de rendre cette recette encore plus savoureuse en utilisant du muscovado qui parfume mais surtout en y intégrant de la farine de noisettes. Le muscovado, sucre de canne non raffiné, se trouve aisément dans les épiceries bio mais la farine de noisettes est beaucoup plus rare. Cette farine est obtenue avec les fruits qui ont été pressés pour extraire l’huile de noisettes, et ensuite broyés. Donc, il faut un moulin qui fasse huilerie, j’ai un dealer qui m’en ramène de Charentes !

La farine de noisettes est très goûtue, il suffit de remplacer 10% de la farine par cette poudre magique, je pousse facilement à 15%. Ça marche pour les sablés, les cakes, toute la pâtisserie !

Shortbreads noisettes

D’après la recette Sucrissime

Pour une 40e de sablés (selon taille)

Ingrédients

  • 100 g sucre
  • 200 g beurre
  • 270 g farine
  • 30 g farine de noisettes

Instructions

  1. Pétrir les ingrédients jusqu’à ce que la pâte s’amalgame.
  2. Étaler sur une épaisseur de 0,5 à 0,7 cm. Ces sablés supportent un peu d’épaisseur, le shortbread fait 1 bon cm
  3. Découper à l’emporte-pièce et déposer sur une feuille de papier sulfurisé ou un Silpat. Je choisis des emporte-pièces de 4 ou 5 cm car j’aime les petits sablés (on eut en reprendre puisqu’ils sont petits !)
  4. Cuire 30 minutes à 150°C dans le four préchauffé
  5. Manipuler avec précaution à la sortie du four, comme tous les sablés

Ces sablés seront plus colorés que les shortbreads traditionnels.
Régalez vous !