Candide

J’ai lu Candide adolescent, comme tout le monde, une plongée dans la version musicale de Bernstein m’a donné envie de le relire. Ce conte est une farce cousue de fil blanc et de grosses ficelles, il ne faut pas s’attendre à du réalisme.

La maisonnée du baron de Thunder-Ten-Tronckh, noble westphalien, comprend le baron et sa grosse épouse ; leurs enfants Cunégonde et son frère ; Pangloss, le percepteur du fils ; Paquette, domestique et amante de Pangloss et enfin Candide, recueilli par le baron dont il est sans doute le neveu.
Amoureux de Cunégonde, Candide est chassé par le baron avec pour seul bagage la certitude enseignée par Pangloss que « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles » et cet optimisme béat résistera longtemps.

Candide est recruté par des Bulgares et devient soldat, puis il est recueilli par un anabaptiste, Jacques, et retrouve Pangloss qui lui annonce le massacre de Cunégonde et de sa famille. Jacques les emmène à Lisbonne mais meurt en route ; Candide et Pangloss débarquent le jour du tremblement de terre, deviennent les boucs émissaires de cette catastrophe et sont les sujets d’un bel autodafé ; Candide est sauvé in extremis et retrouve Cunégonde qui a échappé aux Bulgares mais se retrouve partagée entre un riche juif et l’inquisiteur que Candide va trucider allègrement avant de s’enfuir avec sa bien aimée et la Vieille vers l’Argentine.
Les péripéties continuent de plus belle car Cunégonde est enlevée par le gouverneur de Buenos Aires ; Candide tente alors sa chance avec son valet Cacambo au Paraguay voisin où il retrouve le frère de Cunégonde qu’il finit par passer au fil de l’épée avant de continuer sa fuite qui l’amène dans l’El Dorado, paradis terrestre qu’il abandonne chargé de richesses pour retrouver sa Cunégonde.

Il revient en Europe accompagné de Martin, pessimiste en diable, qui est le pendant absolu de Pangloss ; débarque à Bordeaux ; passe par Paris où il se fait gruger avant d’arriver à Venise où il doit retrouver Cunégonde. Pour finir, il débarque à Istanbul, retrouve le frère de Cunégonde et Pangloss esclaves sur une galère et rachète Cunégonde qui est aussi devenue esclave, et bien laide. Tout ce petit monde vit aux dépends de Candide qui s’est fait dépouiller allègrement et qui découvre la sagesse en voyant son voisin prospérer en travaillant et il arrive à la conclusion très morale qu’il faut cultiver son jardin, autrement dit que l’on a rien sans peine et qu’il faut bosser !

Quelle série de coups de Trafalgar, de personnages comptés pour mort qui reviennent tout gaillards, et tout çà pour arriver à cette conclusion assez décevante. Candide qui a foi dans la philosophie de Pangloss est un benêt qui se décile à la toute fin du conte. Le passage à Paris est un épisode assez amer et critique sur les mœurs qui y règnent ; malgré tout, ce récit picaresque est drôle dans ses excès et se laisse bien relire.

Voltaire – Candide – Livre de poche

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